[42] Encore des émotions folles, de Mazingo à Benoît Prisset

Nouvelle sélection musicale du vendredi 29/10

Une nouvelle playlist qui déclenche encore des émotions folles. Et qui nous surprennent, ces émotions, parce que provenant des fois de genres musicaux que nous boudons d’ordinaire. On se fait donc un malin plaisir à vous faire découvrir tout cela, sans plus tarder !

[42] Encore des émotions folles, de Mazingo à Benoît PrissetMAZINGO

Un blues, en français dans le texte, qui fonctionne du tonnerre avec ce petit truc « africain » coincé quelque part dans les gènes (ou dans cette rythmique de guitare, suppléé par ce petit jeu de percussions bien senti). Nous restons dans un domaine acoustique, très bien arrangé, qui nous donne à découvrir une musique à la fois intense et « onirique ». Il convient de noter que ce titre est une première incursion du groupe dans notre langue, pour un résultat des plus convaincants !

Et à noter aussi que ce clip a été réalisé en stop motion, méthode DIY, en 4 jours seulement, là aussi pour un résultat totalement dans l’idée du morceau. Une très belle découverte !

ALA.NI

Pour le featuring avec l’Iguane ? Pour Ala.Ni aussi, pour cette capacité à créer l’émotion par le jeu de la voix, de l’acoustique, de la pureté. Et puis c’est évident que la voix d’Iggy Pop entre en absolu parfait contrepoint, par son aspect rauque, avec la grâce aérienne de la chanteuse. Les contrastes douceur/rugosité, crooner et diva, rock et world music, tout fonctionne à merveille pour un duo aussi inattendu que réussit. Si Iggy Pop est une légende, Ala.Ni a tout pour le devenir, surtout si elle continue à nous mettre le cœur sans dessus-dessous avec des morceaux de cette trempe !

GHOST WOMAN

Ghost woman ne cesse de nous abreuver de musiques absolument parfaites. Ce n’est pas Do you qui viendra contredire la chose. Qu’ajouter à cela ? Le rock teinté de psychédélisme (avec cette voix semblant provenir de loin), nous ravit au plus haut point. Parfait on vous dit !

THE WOODEN WOLF

Une délicatesse folk pop rock nous rappelant Sparklehorse, une fragilité dans la voix, une douceur qui pleut de partout, et une lumière vive, celle que transcende la musique, qui amoindrit la peine pour la faire muer en joie. Wooden Wolf nous régale avec Laurène Laurène, magnifique folk song qui nous met les larmes aux yeux tellement elle est belle. L’album Songs of the Night Op. 7 paraîtra le 10 décembre chez #14 records.

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PICTISH TRAIL

Un titre qui tabasse bien sur ces parties instrumentales, avec grosse basse, beat soutenu à la batterie. Sur les parties chantées, on est plus sur des aspects psychédéliques (même si l’assise électro/disco reste bien présente). Natural successor nous fait un vrai bel effet, entre danse et fascination légèrement envapée pour cette musique qui tourne et qui tourne, et qui tourne…

FLEUR BLEU.E

Sun est un titre qui porte bien son nom puisqu’il se déroule sous le soleil. Mais contrairement à cette idée de chaleur, de farniente, de laisser aller, Fleur Bleu.e traite de la dépression, de la recherche de l’âme sœur et de binarité. Les touches de très légère mélancolie résidant dans le chant mettent en exergue ces aspects, tandis que le côté « dream » pop nous enveloppe et nous permet de dériver, un peu comme si nous étions en prise avec un traitement contre la dépression.
Quoi qu’il en soit, le morceau reste aérien, jamais plombant, et nous démontre que Fleur Bleu.e possède quand même une touche que les autres n’ont pas. Nous avions déjà parlé de Stolt 89, il nous tarde à présent de découvrir leur album prévu pour 2022.

LOMAN.

Nous avons déjà parlé de cet artiste électro et pop il y a quelque temps avec la sortie de son premier EP. Il revient avec un nouveau single, toujours dans cette même veine, toujours avec une sensibilité qui lui est propre. En effet, Silent voice, malgré des instrumentations pouvant ressembler à une majorité d’artiste électro-pop se différencie par un choix de production plus tranché, même si paradoxalement diffus dans une sorte de brouillard sonore généré par des effets proches de cuivres.

La voix fait également la différence, véhiculant une émotion à fleur de corde, sans tomber dans l’excès. Une sobriété mise en valeur par des arrangements inventifs et des programmations rythmiques plus qu’intéressantes. En un mot comme en mille, Loman confirme tout le bien que nous pensions déjà de lui.

GENIAL AU JAPON

Ne pas se tromper, le groupe Genial au Japon n’est pas japonais. Il n’est pas plus asiatique. Il est bordelais et il propose une musique qui mêle électronique et pop d’une façon onirique (en tout cas sur ce single, Jack). On pense à beaucoup de groupes, dont Mùm ou The Chemical Brothers. Autant dire que la barre est haute, très haute, mais qu’avec classe le duo la franchit d’une façon absolument cool, presque détachée, ce qui fait un grand bien ! Ce single annonce la sortie d’un EP pour 2022, dont nous vous reparlerons à coup sûr !

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MAGON

Magon, c’est ce que le rock a de plus fantastique. On s’explique : une simplicité mélodique renforcée par un côté à la fois abrasif, dansant et énergique. Le titre, comme le 2é album de Magon, Hour after hour, ne souffre d’aucun défaut. Le son y est remarquablement travaillé, la base classique est rehaussée par une interprétation relativement tendue, ne s’offrant pas d’envolées lyriques pour rester centrée sur son sujet.

L’esthétique est parfaite, la réalisation (musique et vidéo) aux petits oignons. On adore autant les guitares que la basse, et on attend de pied ferme le nouvel album qui devrait arriver le 3 décembre (et signé chez Howlin’Banana records et, comme pour son précédent opus, chez December square).

NIGHTMARES ON WAX feat. OSHUN

Voici un titre qui nous ébranle fortement tant il nous paraît puissant. En effet, il éveille chez nous quelque chose de profondément enfouie, d’ancestrale, qui ne demandait qu’à sortir. Le duo New Yorkais nous propose un trip-hop qui puise loin dans l’histoire de ceux qui la composent, dans ce qui leur a été transmis depuis toujours.

Il explique : « Breathe In est une occasion pour nous de recentrer nos esprits, nos corps afin d’avoir les pieds sur terre au milieu du chaos. Qu’il s’agisse d’une journée ordinaire ou d’une urgence mondiale, nous aurons toujours besoin des outils qui nous ont été transmis. Il y a une raison pour laquelle nous sommes toujours ici, respirant et existant sur cette planète, et cette chanson nous le rappelle. »

Nous ne l’aurions pas mieux dit, et c’est exactement en cela que ce titre, relativement assez éloigné de nos standards fait mouche. Il dégage un sentiment universel, en plus d’être dansant. Quand sens et énergie viennent des origines, ça donne ce magnifique Breath in.

LAURE BRIARD

Não Me Diz Nada est un morceau qui a du charme. On y retrouve Laure Briard, dont nous avions fortement apprécié l’album Un peu plus d’amour s’il vous plait, s’exprimant ici en portugais, toujours pour délivrer une pop d’inspiration 60’s. On aime, dans la vidéo, cette référence à Pulp Fiction, ces tronches pas possibles (qu’ils sont beaux tous !) mais c’est véritablement ce mélange entre les aspects pop et la langue de la bossa nova qui fait mouche et nous embarque loin, très loin des codes rabâchés. Le morceau fonctionne donc parfaitement, et la voix de Laure Briard ne gâche en rien cette fête des sens.

Ce titre figure sur l’EP Euvoo déjà disponible chez midnight special records

KEVIN KADISH (feat BEN BURGESS)

Un titre très loin de ce que nous avons l’habitude de partager d’ordinaire. C’est vrai, l’autothune, ce cache-misère aujourd’hui déployé à toutes les sauces a tendance à pas mal nous irriter les tympans. Or, sur ce titre de Kevin Kadish (avec Ben Burgess), on est en plein dans ce trip. Alors pourquoi partager ce titre ? Pour l’intensité qui s’en dégage, pour cette ambiance, pour tout ce que le morceau véhicule d’émotions qui ne sont, elles, jamais trafiquées.

She don’t wanna be lonely possède une mélancolie à fleur de peau, un amour brûlant, bref, on partage, parce que tant qu’il y a des sentiments, un caractère sincère, on ne peut pas faire autrement.

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THE ARLEQUEEN

On retrouve dans Last Drag de The Arlequeen, un peu de la fougue de Muse, un peu des aspects pop des débuts de Radiohead. La pop proposée ici est pleine de romantisme, démontre de belles capacités vocales et surtout un art de la composition pop qui fonctionne à plein régime. Ce titre sera suivi par 11 autres, sur l’année à venir. Un beau projet à suivre avec attention donc !

DINO BRANDAO

Une curiosité, à mi-chemin de l’électro, du hip-hop, de la pop, du rock aussi, Decoration nous paraît d’abord frappadingue, mais dégageant déjà un charme inédit, celui de la folie qui semble s’être glissée dans le corps et la voix de cet artiste atypique. Nous, on a déjà un coup de cœur pour l’univers de ce titre qui nous donne bien envie de creuser la chose, d’autant plus que derrière ses airs foutraques, Dino Brandao est sarcastique et ne manque pas d’égratigner notre société obsédée par cette merveilleuse invention qu’est internet.

BENOÎT PRISSET

Metro nous accroche direct. Par son aspect syncopé, par sa ligne titubante, et par son spoken world poétique, et par son texte extrêmement lucide. La composition tient ses promesses avec ces différents climats (apaisé sur le refrain, presque math rock sur la fin du titre, plus rock sur le couplet). On navigue à vue dans ce titre, qui joue les surprises avec tact, avec un côté blasé, avec talent, tout simplement, autant dans la musique que dans le texte. Belle découverte

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