06-23, de Kwoon à Immaterial possesion (+bonus)

Nouvelle sélection du vendredi 10 février.

Cette sélection 06-23 met l’accent sur l’instrument, sur le minimalisme, sur l’émotion qui transparaît de peu de mots. En partie apaisée et optimiste, quelques éclairs fusent néanmoins pour nous montrer toute la vivacité de la scène indépendante/émergente. C’est tipar !

KWOON, Blackstar

5 minutes pour couper avec le monde extérieur. 5 minutes pour se retrouver face à soi. Enfin, 5 minutes pour laisser la musique et les images nous pénétrer. Alors que nous étions restés sur son magnifique dernier single en date, King of sea (également superbement mis en images), Kwoon revient avec BlackStar, véritable court-métrage d’animation onirique qui nous happe littéralement et nous pénètre jusqu’aux os.

Minimaliste, sa musique, rehaussée d’effets discrets comme des voix « téléphone » et des nappes aériennes, nous entraine dans une narration pleine de poésie. Nous restons littéralement scotchés à l’image, la musique la renforçant par sa puissance émotionnelle. Celle-ci trouve toute sa majesté dans ce crescendo lent et vaste et impose, une fois encore, la patte de Sandy Lavallart, patte à nulle autre pareille, aisément reconnaissable, qui le place parmi les meilleurs auteurs compositeurs de musique ambient/pop instrumentale/post-rock français.

Autant dire que nous avons un énorme coup de cœur pour cet artiste qui nous annonce, et c’est une magnifique nouvelle, un nouvel album pour la rentrée de septembre.

Sugar Wizard – Practicing Magic Away from Home

Ne pas se fier aux apparences. Malgré une entame de titre qui rappelle vaguement Queen, Practicing magic away from home s’en démarque ostensiblement en basculant du côté punk, voire presque stoner, au bout d’une grosse poignée de secondes. Pourtant, loin de nous décevoir (eh oui, on aime Queen nous), les Sugar Wizard nous enchante avec ce morceau pêchu, arrogant, fonceur, très bien équilibré et qui, sans révolutionner le genre, lui en donne tout de même quelques lettres de noblesses.

Mélodie accrocheuse, composition sérieuse mais jamais austère, le groupe déboule sans crier gare et nous dit qu’il faut sérieusement et furieusement se pencher sur son EP, le 1er, qui sortira en mars.Intitulé Drifting mind, il nous met d’ores et déjà l’eau à la bouche. On vous en reparle donc très bientôt !

MILOS ASIAN, Out in the cold

Folk acoustique, mélodie attachante, voix pénétrante, tout est fait pour nous attirer dans le piège plein de sensibilité de Milos Asian. Pas de gros effet, une production dépouillée, et le tour est joué tant un sursaut de spontanéité et de véracité ressort de cette composition qui prend bien vite ses aises et l’espace qui lui est disponible pour nous recouvrir de sa grâce.

Les instrumentations parviennent sans mal à faire ressortir l’émotion, tout comme le chant, à la fois intimiste et extraverti. Nous ne pouvons que nous laisser séduire et, comme pour Kwoon, nous isoler du monde extérieur pour pénétrer dans cet univers fort et plein de nuance. Son album Breathe In, Breathe Out est attendu pour le 10 mars.

AUREL, On est là.

Chanson d’amour, optimiste, ou quand un homme écrit à son moi du futur pour lui rappeler, le cas échéant, tout ce qu’il s’est promis à lui-même au moment où il était heureux. Optimiste, porté par un groove délicieux et un clip avec pas mal de tendresse dedans, Aurel évoque le bonheur simple d’être entouré de ceux qu’il aime, et que ce bonheur, sans deadline, doit être protégé et perpétué quoi qu’il advienne.

Si d’ordinaire les histoires d’amour finissent mal en général, celle d’Aurel semble à son zénith. Nous ne pouvons que souhaiter que le soleil reste au beau fixe. Quoi qu’il en soit, cette chanson met un peu de soleil dans nos cœurs, et c’est déjà énorme.

IMMATERIAL POSSESSION, To the fete.

Plongée dans un univers post sixties totalement réjouissant avec Immaterial Possession. En remisant aux oubliettes toutes les facilités d’usage, la formation nous offre une relecture moderne de ces années-là. On pourrait même presque y lire un peu de cette culture anatolienne qui transparaît par-ci par-là avec désinvolture. Et cool. Sans doute du fait de ces claviers, peut-être, surtout, pour ce groove à part qui nous évoque Altin Gun ou Derya Yildirim. Mais qu’importe, ce titre fonctionne à 100% et ne peut que nous ravir par son caractère foutrement malin. Comment ne pas succomber ? Impossible.

Relire la chronique de Fabrice sur le label Fire Records dont fait partie Immaterial Possession.

BONUS 1 : FINE LAME, live Session Renverse le soleil sur la table

Nous avions eu un coup de cœur pour ce groupe atypique, qui mêle à son rock des éléments jazz et poétique, qui déclame des textes imag