[CHRONIQUE] DERYA YILDIRIM & GRUP SIMSEK Kar yagar

derya yildirim & grup simsek chronique kar yagarDerya Yildirim & Grup Simek, Kar yagar (disponible depuis fin mai chez catapult Records / Les Disques Bongo Joe / l’Autre Distribution)

Se laisser happer, ouvrir grand ses oreilles, laisser l’onde se propager en nous, sans a priori, sans retenue, en savourant ce voyage en terres psychédéliques et orientales. Le groupe Turque Derya Yildirim & Grup Simsek nous propulse, avec Kar Yagar, aux frontières d’une pop-rock fortement teintée d’influences Floydiennes et de folklore turc.

Retour en 70.

Dès les premières mesures de Uc Kiz Bir Ana, premier titre de Kar Yagar, Derya Yildirim & grup Simsek nous sommes propulsés à la lisière des années 70. Une production hyper soignée, et moderne, nous rappelle que nous sommes en 2019, et non en présence de ces années mythiques qui ne cessent de se réinventer. Si ce n’est ce chant en Turque, nous pourrions très bien nous croire en plein trip psychédélique aux environs de l’Île de Wight ou de Woodstock.

Les claviers, les guitares, les instruments plus traditionnels, comme le Bağlama (luth Turc), les flûtes, la basse, tout sonne d’époque, jusque dans ce groove auquel il est impossible de résister. L’apport des instruments traditionnels renforce cet esprit propre à l’ère psychédélique, nous rappelant l’usage du sitar introduit par les Beatles. Pourtant Derya Yildirim & grup Simsek ne pose pas. Ils définissent un son qui leur est propre, qui leur est très personnel puisque hérité de leur culture.

Folklore et groove.

Les racines du groupe ne font aucun doute. Elles sont profondément ancrées dans la culture anatolienne, dans son folklore et les images qu’elles nourrissent. Si certains titres sont des créations que le groupe a travaillées dans son studio, d’autres sont des chansons traditionnelles réarrangées. Si, comme nous ne sommes pas Turques, elles nous sont inconnues, elles ne dénotent pas avec les originales dont il est impossible de les différencier. Nous découvrons ainsi un ensemble homogène qui tient incontestablement la route.

Cette homogénéité n’est pas ici synonyme d’uniformité. Les titres sont variés, tant dans les tempos que dans leur interprétation. L’acoustique prend le relais sur l’électrique, un passage totalement épuré survient même quelque temps avant la fin du disque avec le très « Ummaguma » Hekimoglu, duo voix/percu pénétrant.

La voix est un atout majeur de ce disque. L’émotion qu’elle dégage est palpable, traduit en notes ce que la barrière de la langue ne peut traduire. Une fois encore, un groupe nous montre que peu importe la langue, la musique ne possède aucune frontière. Elle peut déclencher des frissons, faire naître des images d’où qu’elle provienne, sans mentir, sans jouer la comédie.

Plaisir sans frontières

Avec Kar Yagar, Derya Yildirim & grup Simsek nous démontre une fois encore que la musique est un terrain de jeu universel. Peu importe qui nous sommes, d’où nous venons, nous ressentons les mêmes sentiments. Les émotions se véhiculent comme le sang circule dans nos veines. Et quand nous osons les mélanges, les résultats peuvent en être magnifiques et porteurs d’une humanité commune.
Ce disque en est la preuve tangible, que tout nous unis autour d’un même feu sacré, ancestral, celui de la transmission. Kar Yagar nous fait danser autant qu’il nous émeut, preuve s’il en est qu’il est une belle réussite.

Suivre Derya Yildirim & grup Simsek sur FB

On aime aussi d’autres métissages comme celui de Maya Kamaty

Ajoutez un commentaire