Playlist : Rest in gale, Distortion ride et du bon entre les deux !

Nouvelle playlist avec en tête d’affiche Rest in gale.

Comme chaque vendredi, découvrez notre sélection de coups de coeur. On la commence par Rest in gale, on la termine avec Distorsion ride, avec, entre ses deux extrémités, la confirmation du talent de Myyora, celle de JC and the judas, et avec de belles découvertes comme Kill me baby ! (avec un premier clip pour un premier single pour un premier EP qui arrive bientôt), Venus VNR, Undervoid, Bicep, Srenard et une reprise que nous n’aurions pas osé, celle d’un morceau culte vu par l’inspiration de Hifiklub & Roddy Bottum.

rest in gale tombolaREST IN GALE – Bateau Ivre

Dis donc, n’y aurait-il pas, dans Bateau ivre, comme un petit goût de The Clash ? On aime la superposition des voix, celle, posée, grave, vaguement rocailleuse, du chant lead, celles plus enlevées en backing. Le tout repose sur un rock tendance (ou inspiration) punk/pub rock plutôt efficace.

Ce Bateau ivre a du chien, si vous voulez notre avis, une personnalité qui tranche avec ce qu’on entend d’ordinaire ces jours-ci. La présence de cuivre n’étant pas pour nous déplaire, du reste comme toute l’ambiance de ce titre qui nous a littéralement pris au bide (et là où sièges les ressentis). Bref, Rest in gale nous titille le cortex, nous fait un bien fou parce que complètement à part dans le paysage musical actuel.

Pour le reste, le groupe est français (eh ouais), trimballe une histoire pas banal : départ pour l’Angleterre, pour y vivre de façon durable, et y jouer (ce qui se fera, mais dans la rue), le duo originel rentrera finalement en France en ayant chopé « de mignons petits sarcoptes » (responsable de la Gale) ». De retour en France, le duo ressent une forte envie de monter un groupe. Cette « troupe » le conduira à gagner le tremplin Rolling stones France. Eh ouais. Mais est-ce si étonnant à l’écoute de Bateau ivre ? Eh non, c’est amplement mérité.

Leur album Tombola sortira fin novembre et on vous le décortiquera, soyez en sûrs.

Kill Me Baby ! – Better Place

Premier single, premier clip, Better Place annonce le premier EP de Kill me baby !, simplement nommé Kill me baby ! Et le moins que nous puissions dire, c’est que le groupe nous fait grave plaisir en entamant ce morceau par cette ligne de basse, accompagnée par la batterie, nous promettant un bon morceau d’inspiration rock avec ce soupçon post punk qui fait des ravages.

Et effectivement, le groupe nous embarque directement dans son univers rock, légèrement rétro mais avec cette pointe de modernité absolument imparable. Tout est ici au diapason, des couleurs du clip vidéo à la production. Le thème autour duquel se tisse le titre est dansant, dégage cette impression des plus plaisante que le groupe possède déjà un sérieux bagage (mélodique) derrière lui. Efficace, dansant, simple aussi, Better place à tout pour séduire, et ça tombe bien parce qu’il le réussit à la perfection (à nous séduire).

Il ne nous reste dès lors qu’à attendre le 14 octobre, date de la sortie de leur EP, pour en découvrir davantage.

VENUS VNR – Pop p*rn

Derrière un aspect un peu rigolo (enfin de loin ce côté rigolo), Pop p*rn évoque le véritable problème de l’addiction au sexe et au porno sur internet. Il suffit d’écouter les paroles pour comprendre la gravité de ce mal. Car si regarder du porno ne fait de mal à personne, en devenir addict provoque un malaise véritable, visant à rendre celui qui l’est presque impuissant dans la réalité. Ce n’est pas nous qui le disons, ni même Venus VNR, mais de sérieux articles parus un peu partout.

La surenchère d’images devient virale et l’homme ou la femme véritablement droguée ne trouve plus d’intérêt dans la réalité. Pire, il ou elle recherche de plus en plus l’interdit ou les pratiques extrêmes. En mettant cette réalité en musique avec Pop p*rn, sur une musique plutôt tendance et dansante, le groupe pourrait bien éveiller certaines consciences. C’est malin, bien fait, et c’est en plus d’utilité publique. Alors lâchez Youporn et venez sur Litzic, par exemple.

Undervoid – Un Regard A Suffi

Rock jusqu’au bout du médiator, Undervoid, avec Un regard a suffi apporte à ses grosses guitares des paroles mettant en relief la complexité des relations sentimentales et du désir qui va avec. Ce jeu de miroir, mis en exergue par le clip d’Un regard a suffi renforce le trouble exprimé par le propos du titre.

Musicalement, le groupe balance des riffs bien sentis, jamais dégoulinants, toujours dans la juste mesure, sur une ligne de chant efficace et une voix parfaitement expressive, c’est-à-dire qu’elle met l’accent là où il doit l’être, tout en sachant s’assagir et retrouver une sobriété bienvenue aux moments eux aussi adéquates. Cela donne un dynamisme réel au titre, une empreinte réaliste des tourments intérieurs, avec une touche de sincérité qui n’est pas négligeable non plus.

Le premier album d’Undervoid sort le 23/10 et se nomme Le noir se fait, et ce n’est pas impossible qu’on vous en reparle dans les prochains jours.

(au moment de la rédaction de cet article, le clip vidéo n’était pas encore disponible. On vous le mettra à jour dès que ce sera fait)

BICEP – Apricots

Ce morceau nous fait un drôle d’effet, déclenche une avalanche de sensations. Parce qu’il colle de près au côté viscéral de l’émotion, qu’il retransmet en partie via une électro agrémenté d’éléments plus organiques. Ceux-ci se retrouvent dans ce chant évoquant une langue sans nom, ancestrale, viscérale, presque animale. Dessus, par le jeu de la progression d’Apricots, des choeurs, tribaux pour ainsi dire, renforcent le côté « de chair et d’os » du morceau.

Les teintes mineures de la base électro renforcent une idée de tragédie, mais décuplent aussi la timide lueur d’espoir que nous sentons poindre sous la surface visible. Comme un iceberg qui cache tout sous la ligne de flottaison, Apricots nous réveille, nous sort de notre torpeur en nous rendant acteur de sa musique.

Le deuxième album du duo Londonien Bicep sortira le 22 janvier chez Ninja Tunes et s’intitule Isles. Et il promet de belles sensations.

JC and the Judas – Ghost Dog

Ambiance film noir, voix rappelant de loin David Bowie, rock classieux sur fond de vidéo au blanc et noir élégant, la sobriété est de rigueur sur Ghost Dog de JC and the Judas. Sobre, mais efficace, superbement réalisé, avec des arrangements qui permettent au morceau de se déployer progressivement, de s’étendre et de toucher à peu près toutes les zones sensibles de notre cerveau.

Il y a là comme un petit goût sépia, de ce qui faisait le sel des groupes rock de la fin des sixties/début seventies, à savoir cet art de composer des morceaux avec des paroles qui pèsent, entrecoupées d’un bon (excellent semble plus approprié comme terme) solo de guitare, de ceux qu’on ne fait plus aujourd’hui et que s’en est bien dommage.

Inspirations.

Ce titre mélange avec brio balade rock, inspirations blues légères, le tout évoquant un film noir, une histoire du genre polar qui pourrait avoir lieu dans les années cinquante. Il n’y a, dans la production, dans le jeu même des musiciens, comme dans la voix, aucun effet inutile, aucune sentiment se rapportant à l’idée d’en mettre plein les yeux (ou les oreilles). Pour le dire plus simplement, ça fonctionne à merveille.

Ghost dog évoque évidemment le film de Jarmush, avec Forest Whitaker (que nous vous conseillons fortement de voir un de ces quatre), ce qui s’entend avec ce petit arrangement évoquant le Japon en fin de titre et les paroles parlant du samouraï (le titre complet du film étant Ghost dog, la voie du samouraï). Mais ce titre va bien au-delà de ce simple hommage. Il nous transporte dans un ailleurs « fantasmable » à profusion.

Srenard – Et la parole est perdue

Chanson pop/rock, avec un petit quelque chose de jazzy dans l’introduction, Srenard met les formes pour un titre au propos connus de tous (du genre : « si j’avais su comment réagir, j’aurais dit ça », que nous nous disons tous une fois rentrés chez nous). Question mise en forme, Srenard évite les pièges éculés, osent les ruptures rythmiques, les légères expérimentations qui font que ce morceau se démarque ostensiblement de la masse.

Ce titre plutôt original dans sa forme démontre une maîtrise du propos, un univers fort qu’il convient de découvrir. Son EP 3 titres intitulés 3 2020 est paru en juin dernier (auto-production)


MYYORA – Good times

Nous vous avions déjà parlé de Myyora dans une précédente sélection de vidéos/audios à ne pas louper. Nous la retrouvons, avec un nouveau titre, Good times, pour le même effet. Nous retrouvons sa voix pleine de nuances, à la fois puissante et caressante, toujours dans la justesse d’expression, c’est-à-dire ponctuant son propos d’impulsions soit fougueuses, soit dans le contrôle.

Musicalement, la chanteuse opte pour des sonorités modernes, tout en gardant bien ancré dans un coin de sa tête des références plus profondes. Le côté soul qui s’échappe de sa voix est additionnée à un piano et à des samples évoquant des cordes, le côté électro par des claviers et rythmiques lui donnant une assise plus actuelle. Le mariage s’effectue sur un morceau à la construction aventureuse, dans un tempo qui ose la non-linéarité, sans perdre en cohérence. Le tout délivre un Good times que nous redécouvrons à chaque écoute. Cette artiste surprenante n’a pas fini de nous épater et nous sentons qu’un bel avenir se propose à elle tant sa personnalité irradie dans ses chansons.

Hifiklub & Roddy Bottum – Eye of the Tiger

Y a des titres comme ça, qu’on pense impossible à reprendre (et auxquels on n’ose s’attaquer). Parce que ça n’apporterait rien au schmilblick croit-on. Pourtant, certains s’y essayent (qui a dit les fous et les inconscients?) , de Jeff Buckley avec le Hallelujah de Leonard Cohen, Cake avec le I will survive de Gloria Gaynor et on en oublie plein d’autres. Cette fois-ci, c’est Hifiklub & Roddy Bottum qui s’attaquent à un Everest, le Eye of the tiger de Survivor, évidemment rendu mythique par le non moins célèbre Rocky Balboa.

Alors, comment ça donne ? Eh bien, à dire vrai, le groupe (Hifiklub est un trio rock expérimental français), agrémenté de Roddy Bottum (clavier de Faith no more) la joue intime, avec une voix posée qui nous conte, sur une base électro rock pas très loin de l’ambient, ce que c’est que l’oeil du tigre. Nous aurions pu penser à un déluge de décibels, mais c’est tout le contraire. On pense par la même occasion au générique d’ouverture de la génialissime série The sopranos (Woke up this morning des Alabama 3) avec ce côté lancinant, presque blasé, autant du chant que de la musique. Mais cela apporte une nouvelle dimension à ce titre fortement imprégné dans la culture populaire, ce qui n’est pas rien, croyez-nous sur parole.

Distortion ride – Going down

Un peu de gros son pour finir cette sélection hebdomadaire. Mais gros son avec pas mal de finesse puisqu’il associe une certaine idée du hard rock, avec ces démonstrations guitaristiques et rythmiques, le tout saupoudré d’un blues bien poisseux. Forcément, on va penser, de près ou de loin, à un groupe comme Led Zep. Mais Distortion ride est bien français, de Toulouse, et fait plaisir à entendre.

Parce que ce gros son est assez nuancé et évoque des racines profondes ainsi qu’un amour inconditionnel de ce qui fait les origines du rock. Ça envoie bien comme il faut, dégage un groove qui vous prend au bassin et se termine à la pointe de votre headbang. Bref, c’est parfait pour achever cette playlist, puisque ce dernier morceau vous restera en tête pendant toute la journée. Alors, merci qui ?

Pour infos, leur album sortira début novembre. On aura l’occasion de vous en reparler, soyez en sûr !

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