[INTERVIEW] CALLIOPÉE VERDET, son univers fantasy en détail.

Deuxième partie de l’interview consacrée à Calliopée Verdet.

Nous vous dévoilons une deuxième partie d’interview consacrée à notre auteure du mois, Calliopée Verdet. Nous revenons un peu plus en détail sur ce qui fait le sel de son univers fantasy, relativement ancré dans un univers réaliste. Elle revient sur la magie, sur les différents éléments de sa série, et un peu sur les personnages.

Suite de l’interview

L : Quels ont été les points de départ de L’arbre de Cendre ?

Calliopée Verdet : Il y en a eu deux.

Le premier a été la notion d’amitié et cette histoire s’est un peu écrite en hommage à une amitié très forte dont j’ai eu la chance de faire l’expérience pendant mes années de fac. J’avais donc envie de mettre en valeur cette notion d’amitié à travers la relation qu’entretiennent Cassandre et Sophia.

Le deuxième était le lieu, la côte d’Opale sur laquelle j’ai grandi. J’y suis très attachée et la mer me manque beaucoup depuis que je suis partie. L’inclure dans ce livre était un moyen de retrouver mes racines en pleine période Covid alors que je ne pouvais pas rentrer en France.

L : Cassandre est une femme se rêvant magicienne mais qui se révèle finalement en être réellement une. Crois-tu en la magie ?

Calliopée Verdet : Je partage l’avis de Mathéo (ndl : frère de l’héroïne) sur ce point ! Je pense que la magie est en réalité une série de phénomènes que notre cerveau ne peut pour le moment pas appréhender. Quelque part, il y a beaucoup de magie dans le monde, elle est juste devenue banale parce que nous avons réussi à l’expliquer. Voir la magie et y croire c’est un peu retrouver son âme d’enfant et réaliser à quel point l’existence même de notre monde est magique.

L : Cassandre te ressemble-t-elle ? Il y a pas mal de petites choses qui me laissent à le croire, notamment certaines de ses réflexions personnelles.

Calliopée Verdet : Beaucoup ! J’ai moi aussi eu un gros chien, récupéré un tas d’animaux blessés, y compris un goéland qui a effectivement vécu dans ma baignoire, et je crois qu’on partage aussi le même sens moral un peu radical. Je n’ai pas encore pris le thé avec un cerf, mais c’est un de mes rêves !

L : Il y a des références à Harry Potter. Vois-tu des similitudes entre les deux personnages ?

Calliopée Verdet : Tous les deux sont prêts à tout pour ceux qu’ils aiment et ils n’ont pas peur du sacrifice.

“Parce que notre monde est lui-même au bord du précipice…”

L : Est ce que l’univers de J.K Rowling a changé ta façon d’écrire des histoires de magie d’après toi ?

Calliopée Verdet : Non, mais ses livres ont changé la manière dont je crée mes personnages secondaires. La force de ses histoires, pour moi, tient du fait qu’il y a énormément de personnages secondaires haut en couleur avec des personnalités très distinctes et très fortes, et je trouve que cela apporte une richesse inégalable à cette série.

L : Tu revisites, un peu comme elle, un univers mythologique en détournant certaines créatures de ce que nous imaginions d’elle (je pense aux incubes notamment). Plutôt jouissif non, de détourner les codes ?

Calliopée Verdet : Oui, je m’amuse beaucoup à réinventer ou à réinterpréter des mythes dans ces livres. Par contre, pour les incubes, l’originalité ne vient pas de moi ! Il s’agit d’un clin d’œil à un épisode de Supernatural dans lequel les succubes sont devenus des suceurs de lipides qui ont ouvert un spa spécialisé dans la minceur !

L : Frêne n’est-il pas un peu un prince charmant, celui dont toutes les petites filles rêvent ?

Calliopée Verdet : Tout à fait ! Bon, on ne le présentait pas forcément aux parents, mais il a beaucoup de qualités. Je voulais créer un personnage masculin en apparence fort mais qui se retrouve aussi très vulnérable. Il a également une vision très datée, limite clichée, de ce qu’est un prince charmant, (il veut quand même offrir un château à Cassandre au début du livre). Sa conception de la masculinité et de son rôle de dieu vont être mis à mal par sa protégée qui, d’une, ne veut pas être protégée et de deux, refuse purement et simplement de dépendre de lui pour quoi que ce soit. Donc c’est un prince charmant pour une héroïne qui n’a jamais compris le concept du prince charmant.

“…ils entretiennent des conservations dans mon esprit quand je cuisine, quand je marche, ou quand je fais le ménage. “

L : Tes héros vivent dans un monde au bord du précipice. Pourquoi était-il important d’en parler dans L’arbre de cendre ?

Calliopée Verdet : Parce que notre monde est lui-même au bord du précipice et que beaucoup d’entre nous doivent faire face à des angoisses que nos parents et nos grands-parents n’ont pas connues pour la plupart. En parler est non seulement une manière de confronter et de gérer la peur d’un futur qui semble incertain, mais c’est aussi un moyen d’éveiller les consciences et de dire à ceux, qui se battent tous les jours pour faire avancer les choses, qu’ils ne sont pas seuls à essayer de rendre le monde meilleur.

L : La nature est omniprésente, faune comme flore. Es-tu une citoyenne responsable et comment cela se traduit-il dans ton quotidien ?

Calliopée Verdet : Ça se traduit un peu dans tout ce que je fais. Par l’achat de vêtements d’occasion plutôt que neuf, par le presque véganisme (les seuls produits animaux que je consomme ce sont les oeufs des poules de mon voisin élevées en plein air et le miel qu’il produit lui-même), par le passage à la voiture électrique, le ramassage des déchets avec mon fils dans les parcs, la culture bio de mes propres légumes (quand j’arrive à m’entendre avec les écureuils un peu trop gourmands de mon jardin), et plein d’autres choses.

L : Tu vis aux États-Unis. Quelles sont, à ce propos, les différences fondamentales à ce point de vue avec la France ?

Calliopée Verdet : Vaste question ! Déjà, je pense que ça dépend beaucoup des régions américaines. La conscience écologique en Californie, qui est un État victime de feux de forêt chaque année par exemple, est très différente de la conscience écologique dans les États du Sud, où je vis. D’un côté, la Californie fait énormément d’efforts, car elle est confrontée aux conséquences directes du réchauffement climatique (l’état prévoit par exemple d’interdire la vente de voitures à essence neuves d’ici à 5 ans) et de l’autre côté, il y a un déni profond de la réalité climatique et ça complique forcément beaucoup les choses. Ici, il faut que j’insiste pour que les caissier(e)s ne me donnent pas de sacs en plastique quand je fais les courses et les gens me regardent comme si j’étais complètement allumée.

L : Comment t’y prends-tu pour rédiger tes dialogues ? Ils sont criants de vérité, même lorsqu’ils abordent des points très techniques. Te relis-tu à haute voix ? Quelqu’un te donne-t-il la réplique ?

Calliopée Verdet : Aucune idée ! Mes personnages vivent constamment dans ma tête, je rêve d’eux la nuit, ils entretiennent des conservations dans mon esprit quand je cuisine, quand je marche, ou quand je fais le ménage. Bref, ils sont tout le temps avec moi, vivant leur vie en parallèle de la mienne. Résultat, leurs dialogues me viennent assez naturellement.

L : Sur quels projets travailles-tu en ce moment ?

Calliopée Verdet : Une deuxième série fantastique feelgood (Le violon du diable) qui est sur le point de paraître et qui tourne autour d’un violon à la langue bien pendue et d’une violoniste qui refuse carrément de croire à la magie. Bon, sans surprise, elle devra bien faire avec le surnaturel au final, vu que je ne lui ai pas laissé le choix !

Et puis une dystopie fantastique qui mélange une ambiance dark academia et des dialogues plutôt feelgood. Ce livre se passe dans le futur, dans une société dans laquelle l’utilisation des plantes a été interdite alors que les laboratoires pharmaceutiques ne sont plus capables de produire des médicaments efficaces pour aider la population. C’est une petite fille de huit ans dotée d’un don hors du commun qui viendra cette fois secourir l’humanité. Et cela s’appellera, si rien ne change, La dernière herboriste.

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Relire le portrait de notre auteure du mois de mars

Relire l’extrait de L’arbre de cendre et sa chronique

Relire la première partie de l’interview 

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