BENJAMIN FOGEL, Swans et le dépassement de soi.

Chronique de l’essai de Benjamain Fogel paru chez Playlist Society

Reçu dans la boite mail : « Les éditions Playlist Society ont le plaisir de vous annoncer la sortie en librairie, le 22 mars, du premier essai en français sur l’un des groupes phare de l’histoire du rock américain : Swans Et Le Dépassement De Soi de Benjamin Fogel. »

swans et le dépassement de soi de Benljamin FogelSwans ? C’est qui Swans ?

En quatre de couv’ apparaît le nom de Sonic Youth qui, associé aux fameux Swans, ont donné un nouveau tournant au courant No Wave. Si le nom de Sonic Youth est bien connus de tous les amoureux du rock, celui de Swans l’est nettement moins. Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre sur votre site de clip préféré et de constater que le nombre de vues du groupe ne dépasse que rarement les 200 000 (contre le million pour les Sonic Youth de Thurston Moore).

Alors, c’est qui Swans ?

Et bien tout d’abord, ils sont Michael Gira, leur démentiel leader. Démentiel car tyrannique, chiant, belliqueux mais pour lui, la musique s’est sérieusement sérieux : on ne déconne pas avec ça !

Si ces qualités humaines laissent à désirer (les relations amicales ne sont pas son fort), il est plus disert sur son art. Pour lui, la musique, c’est avant tout éviter de se compromettre, assumer ses choix, ne jamais revenir en arrière. C’est également avancer coûte que coûte, se battre pour faire vivre son art, le maîtriser de bout en bout, se nourrir de ce que les autres artistes peuvent apporter pour mieux nourrir sa propre vision.

Les Swans, c’est également Jarboe. Cette femme permit à Gira, et plus largement aux Swans, de progresser vers la musique qui est aujourd’hui la leur, grâce à ses connaissances musicales (Gira est autodidacte) et à sa présence vocale.

Nous apprenons dans cet essai que la musique des Swans est exigeante, oppressante, puissante, hors norme et hors mouvements, même si le punk, le hard-core et le post-rock sont des lieux pouvant héberger cette musique faite de répétitions obsédantes.

Marginal

Pourtant, le groupe est toujours resté en marge, rejetant le principe même d’étiquette à accoler à leur musique. N’attirant jamais les foules lors de leur concerts, éprouvants, car joués à un volume sonore dévastateur, Swans reste confiné aux lieux de petites capacités.

Benjamin Fogel, l’auteur, est un fan inconditionnel du groupe depuis des années. Aïe ! Les bouquins de fans sont souvent peu objectifs et un ramassis de lieux communs, ou pire, une succession de « je t’aime mon groupe préféré, tu es un dieu et jamais tu ne te plantes ! »

Mais dans le cas de Fogel, nous sommes loin de ce cas de figure. S’il aime le groupe, il est capable d’argumenter pourquoi, de dire où cela peut pêcher, quels sont les spécificités des albums sans jamais tomber dans le consensuel ou le pur léchage de cul. Ça ne rend son essai que plus intéressant.

Résultat : l’auteur ne donne qu’une envie, celle de découvrir le groupe. Et là, bam ! Grosse claque dans la tronche ! Grosse claque parce que nous découvrons un groupe unique en son genre, âpre, et effectivement oppressant, flippant, qui se démarque de tout ce qui est connu (mais nous évoquant malgré tout les canadiens de Godspeed you ! Black Emperor ou les américain de Melvins).

Ainsi, avec son essai, Benjamin Fogel permet à Swans d’exister dans nos vies. Car ce groupe, mésestimé, possède une aura formidable qu’il aurait été dommage de ne pas connaître. Swans Et Le Dépassement De Soi s’avère passionnant et se lit d’une traite. Et franchement, ça fait grave plaisir !

NDLR : cette chronique a été publiée en 2016 sur le défunt webzine Burn Your Life.

Relire le portrait subjectif de Benjamin Fogel

Relire quelques lignes de Le silence selon Manon

Relire la chronique de Le silence selon Manon

Relire la première partie de l’interview, la deuxième et la troisième.

Visiter Playlist society (dont Benjamin Fogel est le co-fondateur)

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