[ NOUVELLE ] MATEO LAVINA, Jusqu’au dernier battement

Nous vous proposons un portrait en trois étapes de Matéo Lavina, auteur et musicien.

Avant de vous proposer un portrait plus développé de Matéo Lavina, ainsi qu’une interview qui reviendra un peu plus en profondeur sur son parcours, nous vous invitons à prendre connaissance avec l’univers de l’auteur (par ailleurs musicien) puisqu’il nous autorise aimablement à publier ce texte, inédit, répondant au nom de Jusqu’au dernier battement.

Jusqu’au dernier battement

56650 ! Compter ! 56655 ! Continuer de compter. Comptabiliser, enregistrer chaque battement de coeur comme un sismographe. Répéter l’équation — 56688 — autant de fois qu’il le faudra, puis le moment venu, inverser. Et lancer le compte à rebours.
Voir les souvenirs se désagréger. Se repasser, comme une vieille cassette à la bande magnétique éreintée par le visionnage obsessionnel, les vestiges d’une vie, de la mienne ou de celle du type que j’ai pu être.

56752, la porte métallique du couloir claque, brisant le silence morne. Des copeaux de peintures écaillés se décharnent du mur sous la puissance des vibrations. Aux bruits des pas saccadés, j’entends la venue du maton accompagnant le prêtre boiteux.
Une dernière serrure nous sépare, 56801. Le cliquetis de la clé se fraie un chemin dans le creux de mon oreille. La porte en fer forgé cède, apparaît alors deux phares décatis, d’un monde décadent. 56953. Deux entités qui ne se rendent pas compte que leurs temps est révolu, s’accrochant tant bien que mal à leurs attributs : la balance et le grand livre.

57000, fin du troisième mouvement, début du finale, les cors entonnent le thème soutenu par les cordes en sourdines.
— Mon fils, comment te sens-tu ?
— Comme un homme se délectant de ses dernières heures.
— Tiens donc, ce n’est pas ce que j’entends.
— Ah bon ? Et qu’entendez-vous mon père ?
— Je passerai outre ce ton sarcastique, mais j’entends bel et bien une âme troublée. Ne souhaites-tu pas te confesser pour éclaircir cette dernière ? Afin de te présenter devant Dieu, serein — pur comme au premier jour — le moment venu ?
— À quoi bon mon père. Je suis en parfaite harmonie avec moi-même. Il serait idiot de penser que j’ai agi par pulsion. J’ai longuement réfléchi avant d’en arriver là. Il m’aura fallu dix-huit ans. Dix-huit années d’observation, de questionnement avant de comprendre quelle était la source du problème. Et le plus drôle c’est qu’en cinq minutes c’était réglé.
— Il n’est pas trop tard pour revenir en bonne grâce. Dieu est miséricordieux, tu peux encore changer ça, en te confessant et en priant mon fils.

Ce discours ! Je n’avais cessé de l’entendre tout au long de ces dix-huit années de vie. Prenant différentes formes dans la bouche d’un enseignant, d’un journaliste, d’un religieux ou encore d’un géniteur rigoriste. Mais le fond reste le même : ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, ce qui est moral et ce qui ne l’est pas.

Inconscients, nous les avons poussés à la baise, les obligeant à forniquer, jusqu’à ce que le « juste » et la « morale » soit inextricable.

« Accusé ! Levez-vous ! », je m’exécutai avec force comme un comédien de boulevard.
« Veuillez décliner votre identité ! »
« Moineau ! »
« Pardon ? »
« Moineau ! Monsieur le juge, comme l’oiseau ! »
« Cessez donc vos bêtises, où vous croyez-vous ? »
« Sous les projecteurs, monsieur le juge ! »

Son visage se gonflait, laissant apparaître une veine frontale qui ne cessait de se dilater à mesure de mes réponses.
Les caméras des journalistes aspiraient tout sur leurs passages, balayant le tribunal d’un coup d’épaule de cameraman.

L’affaire était unique en son genre et insensée à ce qu’ils disaient. Cela allait à l’encontre de la morale de notre pays s’exclamaient certains. Du pain béni pour les politiques. Le tribunal ouvrit grand ses portes à la demande de ces derniers.
« Le caractère subversif de l’affaire doit être jugé devant le peuple pour que l’honneur de la République soit intact » avait déclaré un de ces tribuns écervelés.
À cet instant le dernier rempart protégeant la pensée s’effondra — nous venions de dissoudre le temps.

Les heures, les mois, les années ne devinrent plus que des notions anecdotiques empoussiérées, fissurées, puis vidées de leurs sens.

Le regard dur du juge, marqué par une calvitie avancée, continuait de m’asséner de question. (Show must go on !).
L’avocat de la partie civile s’élançait à grands gestes dans l’arène, faisant appel aux témoins qui pensaient me connaître. Les jurés semblaient fascinés par la virtuosité creuse de l’avocat. J’observais ce beau monde depuis mon box et caressais le bois verni qui m’encerclait. Une faible odeur de bois ciré me ramena des millions de battements de coeur en arrière.

La-Ré-Do#-Mi-Sol-Sib-La, chante le hautbois.
Le regard charmant et les lèvres charnues de Magali, assise dans l’escalier ciré du bâtiment qui nous avait vus grandir. Caressant de ses mains fragiles, sa longue chevelure. Chaque doigt se frayant un chemin dans cette cascade bouclée, couleur or.
Les cordes entrent en arpège.

La voici maintenant à la barre, décrivant celui qu’elle pensait que j’étais. Je la regardais avec attention, me souvenant de chaque grain de beauté embrassé, de chaque recoin d’intimité qu’elle m’offrit. La première fois, poussé par l’ennui et la promiscuité. Nos corps allant à la rencontre l’un de l’autre. Notre timidité juvénile nous obligea à sceller cet acte dans la douleur, laissant de côté les préliminaires, la violence fut notre complice.
Je me souviens de son sourire gêné lorsque nous eûmes fini. Après chaque vacillement de nos corps, ce même éclat apparaissait, agissant comme un baume à l’âme. Je continuais d’observer chaque parcelle de son corps qui m’était offerte, faisant éclore un souvenir. Sa longue chevelure attachée en chignon, laissait apparaître sa nuque, mais au fur et à mesure que je l’entendais parler, le souvenir que j’avais d’elle s’éloignait. À la fin de son interrogatoire, il me sembla que c’était quelqu’un d’autre, une Magali que je n’avais pas connue.
La mélodie légère s’étiole, et meurt.

Le prêtre s’en est enfin allé avec sa prose, faisant le chemin inverse. Le cliquetis des clés, la gueule déterrée du maton, l’écho des pas saccadé de ce vieux couple. Puis la grande gueule du couloir se referma avec fracas réveillant le silence mortuaire. Une pluie fine de peinture blanche tomba à nouveau sur la couverture grise de mon lit, le soleil inondait ma cellule.
Bientôt, je n’aurai plus à compter. Le temps se passera de mes services.
Il ne me reste plus que douze heures, agrémentées d’un dernier repas — comme Jésus.
Il ne me reste plus que 71538 battements de coeur avant que celui-ci ne s’arrête.

Alors j’imprègne ma peau des derniers rayons de soleil, gorge mes yeux du bleu du ciel et emplie mes poumons de carburant temporel. Je me laisse aller aux petits riens.
Modulation. 71426 !

« Prisonnier 71426, que plaidez-vous ? »
« Non coupable ! »
Le grondement de la masse tonna dans la salle.
« Silence ! » martela le juge.
« Pour tous ces chefs d’accusation, vous plaidez non coupable ? »
« Oui ! Monsieur le juge. »
C’est une honte clama un lambin, le juge s’impatienta, sa veine frontale était au bord de l’éclatement. Le bruit des flashs des appareils photo battait la cadence.
L’avocat de la partie civile s’empressa de saisir au rebond le mécontentement de la foule, pour me porter un énième coup sous le regard ébahit des jurés. Amusé par cette situation grotesque, je fixai le juge.

(S’ils ne se taisent pas tous, je fais évacuer la salle. Mais si j’évacue la salle, tout le monde me tombera dessus, les politiques, les journalistes et l’opinion publique. Mon Dieu ! Pas l’opinion publique ! Et ce petit con qui me fixe du regard comme si nous étions dans une cour d’école. Qu’est-ce que je fous ici ? Merde ! À six mois de la retraite, les pieds en éventail accompagnés de cocktail avec ma femme. Je me souviens encore de la voix de ce petit directeur de cabinet ministériel « Nous aimerions que vous soyez en charge du dossier… » , quelques courbettes et un peu de pression et le tour est joué. Me voici au-devant de la scène, face aux journalistes affolés comme des mouches et la cohue qui tempeste au moindre mot prononcé par ce petit con. Certes, c’est un criminel arrogant, mais y’en a eu d’autres. Pourquoi tout ce mic-mac avec la télé ? Je n’excuse pas son geste, ni le légitime, mais qui n’a jamais pensé — à son âge — à faire ce qu’il a fait. Les boeufs, voilà qu’ils continuent de gueuler. Les salauds ! Les salauds !)

Tic-tac-tic-tac, son visage bout comme une cocotte-minute.
— Taisez-vous ! La séance est levée jusqu’à nouvel ordre !

D’un geste franc et puissant, il abat son maillet sur le socle, sidérant l’audience. On aurait dit un prophète.
À cette pensée, je l’imagine vêtu d’une toge miteuse et de lanières de cuir lui servant de sandalette. J’éclate de rire.

Les escortes, les portiques se succèdent, je passe de mains en mains comme un témoin au relais, sous le grondement de la foule.
Les flashs m’éblouissent — noir — le cliquetis des menottes, le claquement de la portière et le vrombissement du moteur, les voix se font sourdes, et je sens le châssis engloutir l’asphalte. Je repense au procès, au juge à la veine dilatée, à Magali qui n’est plus Magali, à son chignon, aux journalistes hypnotisés, aux photographes stroboscopiques, au dessinateur à la main tremblante incapable d’achever son dessin. Puis j’étale chaque image, l’une à la suite de l’autre, et je ne vois plus qu’une comédie de boulevard où tout le monde s’affole et s’agite.
Une pièce à la frontière de la sitcom, où la foule — semblable à un banc de piranhas guidé par l’odeur de sang — déferle sur sa proie.
Quelle belle machine que l’opinion publique confectionnée avec soin par ce cher Edward Bernays, à cet écho je me dis que mon acte fait sens. J’ai fait le choix de n’appartenir qu’à moi-même pour devenir le fruit de mes entrailles, cordon ombilical connais pas, l’affiliation je l’ai…
(Ma pensée éclate, la voiture s’est arrêtée).

Le tintement métallique rebondit en tout sens. Pam-Pam, l’attaque des timbales. La porte s’ouvre, l’odeur infecte de la javel mêlée au pourrissement des âmes s’engouffre dans mes narines et brûle ma gorge. J’ouvre les yeux, les jambes croisées en tailleur, des écailles de peinture sur la couette.

— Oh Moineau je te parle ! Tiens ! Ton dernier repas.

Je relève la tête soutenue par ma main droite, le regard vague, et lui expulse un « merci » fade qui vient s’écraser contre la porte. Le maton s’est tiré.
J’étire mon corps pour ramasser le plateau, je ne me souvenais même pas d’avoir demandé un osso buco accompagné de polenta pour dernier repas.

Lorsque le procès reprit et que le juge retrouva son teint hâve, le silence régnait dans le tribunal. Contre toute attente, il avait décidé d’interdire à la foule d’entrer, seuls restaient les jurés-avocats-greffiers-journalistes-cameramans-dessinateurs, chacun s’affairant à sa besogne. On se serait cru sur un plateau de cinéma au moment du « moteur ». Tout se déroula dans le calme. Je ne revis plus jamais la veine frontale du juge. Quelle tristesse.

Puis vint l’instant où les jurés donnèrent leur verdict.
« Finis de rigoler Moineau ! Finis tes sarcasmes et ton air arrogant. », voilà ce que je lisais dans leurs yeux.

— Prisonnier 71426, surnommé « Moineau » êtes condamné à mort par injection létale, votre sentence sera appliquée au pénitencier de … » Bla-bla-bla, la petite ritournelle de fin de procès se mit en route. S’ensuivit l’odeur de javel mêlée au pourrissement des âmes et la peinture écaillée pleuvant sur cette couette grise. Le maton, le prêtre boiteux, les souvenirs, les battements de coeurs. C’est vrai ! Les battements de coeur.
Plus que 53228 battements, enfin, 53225 maintenant.

Je plante ma fourchette dans un morceau de viande que je baigne dans la sauce, laissant s’échapper une nuée de fumée que j’aspire d’un trait. La viande se détache par filament et fond dans la bouche, les vapeurs de tomates et de champignons — qui s’en dégagent — enivrent mon palais, et le tout disparaît dans l’obscurité de mon œsophage. Lento cantabile, sol mineur.
Je m’attaque ensuite à la polenta, un peu trop granuleuse et qui se sépare en bloc. Y a pas meilleure polenta que celle de la vielle, elle en faisait toujours pour l’autre, chaque premier dimanche du mois. Putain voilà maintenant que je sens perler une larme au coin de l’oeil droit. Je la chasse d’un battement de cil et la sens s’étirer le long de ma joue. Elle s’effondre sur le sol glacial de la cellule — qui l’avale. Putain d’corps qui vous trahit.
D’un revers de mains, j’efface toute trace de souvenir et pose le plateau par terre. Seule une légère brise vient raviver cette plaie.
Putain d’corps qui vous trahit.

Mais les voilà qui affluent dans ma tête, tambourinant à mes tempes. Le glissando descendant des cordes s’accentue. Les visages, les voix se chevauchent, chaque souvenir souhaite se faire entendre. Mes oreilles bourdonnent et mon corps tremble, les images traversent mon esprit à la vitesse de la lumière, je revois tout et je les entends ! Ils approchent, puis le flux d’images s’apaise. Le voici semblable à un fleuve serein. Devant moi se dressent leurs deux gueules monstrueuses. Ils ne partiront pas.

« Qu’est-ce que vous venez foutre ici ? Partez ! Laissez-moi tranquille ! Non, c’est faux et vous le savez très bien. Vous m’avez forcé la main. Vous m’avez plongé dans ce monde de merde pour que je rattrape vos conneries, que je sois plus conscient que vous. Mais vous avez enfanté un fossoyeur de plus ! Ne t’approches pas ! Me touche pas ! Dégage ! Pourquoi ? Pourquoi j’ai fait ça ? Non je ne suis pas fou, ce n’est pas parce que ma raison dépasse votre entendement que je suis fou. Vous vous contentez de vos faiblesses, ouvrez les yeux ! Arrête de pleurer ! Arrête !
Quoi ! Ne me regardez pas comme ça ! Avec ces yeux qu’ont les petits êtres qui jamais ne s’éloignent de la raison, comme ces gamins qui refusent de pisser sans la main de leur mère. Maintenant allez-vous en ! Vous avez votre réponse. Noyez-vous dans la nuit… et toi étouffes-toi avec tes pleurs ! J’en ai assez, laissez-moi dormir… partez. »

Noir. Je reviens à moi-même, la cellule baigne dans la pénombre. Le cor s’est tu, les cordes en bourdon tapissent l’espace. Des mouches virevoltent au-dessus du repas, pendant que d’autres se noient dans la sauce. Je regarde ces saloperies mourir, leurs battements d’ailes se faisant de plus en plus infimes, jusqu’au néant. Sur la polenta, deux mouches se frottent les pattes antérieures avant de planter leur trompe comme si de rien n’était. Ça nous fait un sacré point commun. Ainsi est notre monde : les gagnants s’empiffrent et les perdants crèvent. La morale est juste là pour justifier le sort des deux camps. D’un bon je me lève. Cueillis par le vertige, je vacille et me rattrape aux barreaux de la fenêtre. Des couleurs en tout sens parcourent ma cornée, j’inspire profondément. Ma vue s’éclaircit, laissant apparaître le parking de la prison. Les voitures s’en vont une à une, le soleil se casse et les lampadaires prennent la suite. La fin approche. 20632.
Du bruit dans le couloir, je tourne la tête, la porte s’ouvre.

— Moineau, ça va être l’heure. Le prêtre est là.
— Dis-lui d’aller se faire foutre.
— Tu veux crever sans avoir fait amende honorable ?
— T’es aussi con que tous ces moutons…

Son visage rougit et son poing droit finit dans mes côtes. Je tombe à terre et il continue de frapper. Chaque coup est souligné par un sforzando des cuivres. Narquois, je souris à ce con — énervé, il redouble d’efforts. Fortissimo ! D’un coup, quatre bras surgissent pour stopper ce fils de pute. Point d’arrêt ! Leurs lèvres bougent, mais rien, aucun son. Je tousse. Le goût du sang.
Ils me relèvent, m’assoient sur le lit, claquent des doigts, me parlent — mais je n’entends rien. Le médecin arrive, les matons reculent. Il agite sa lampe torche devant mes yeux, prend mon pouls et montre les doigts de sa main gauche. Sa bouche se met à bouger, je plisse les yeux, des sons me parviennent.

— Combien ai-je de doigts ?
— Trois.
Tout s’accélère, le médecin tapote ma cuisse et disparaît dans le couloir. Les matons approchent, me menottent et nous voici, remontant le couloir de la mort. Il doit faire nuit maintenant. J’écoute une dernière fois le bruit de mes pas sur le sol luisant. Pianissimo. Je repense à cette soirée où tout bascula et ce qui en découla : la presse, la télé, l’opinion publique, le procès, les écailles de peinture sur le lit, le prêtre, les matons…
Lorsqu’une grille s’ouvre, l’autre se referme, et ainsi de suite nous vaquons de portique en portique jusqu’au terminus. 3238. Tada ! Une pièce d’un blanc immaculé, un homme en blouse me regarde, las. Les matons m’allongent sur la table matelassée d’un bleu turquoise de mauvais goût. Ils me sanglent. J’aurais préféré la chaise, assis fièrement, le regard fixe, perçant cette vitre sans teint qui me sépare des autres. Je dois l’avouer qu’il y a une forme de romantisme dans la chaise qui me plaît assez. Malheureusement, ce sera la piquouse, comme un vieux malade à qui l’on apporte délivrance. Tout le monde s’applique comme des horlogers Suisses. Le bonhomme en blanc m’insère deux cathéters, au même moment un autre gars lui amène la mixture. 810.
Que le spectacle commence ! Fadaises protocolaires, termes juridiques, échanges creux. Dernière ligne droite. Je l’entends, ça y est, il est là — triomphant — le choeur final, emporté par le tourbillon des vents accélère, les timbales surenchérissent, les archets matraquent leur chevalet. Accelerando ! Crescendo ! KLEIMAX !
— Avez-vous quelque chose à dire avant que nous procédions à l’injection ?
— Oui, une dernière chose. Vous, qui êtes assis bien confortablement et qui entendez ces mots. Vous, qui vous apprêtez à tuer un meurtrier. Pouvez-vous me dire ce qui nous différencie ?

Ce texte, Jusqu’au dernier battement, est publié avec l’aimable autorisation de Matéo Lavina.
© Matéo Lavina– tous droits réservés, reproduction interdite.

Quelques repères (fournis par l’auteur lui-même):

“Année 90, banlieue parisienne. À 9 ans, il entre au conservatoire de sa ville en flûte traversière.Treize ans plus tard il sortira du Conservatoire de Paris diplômé dans cette même discipline. À peine sorti, il se dirige vers la composition musicale et crée le projet électro Zerkalâ en 2014. L’écriture s’y développe en parallèle au même moment. En 2015, il intègre la compagnie de théâtre Les Chiens Andalous de Marion Conejero, pour qui il composera la totalité des musiques de ses pièces (Roméo et Juliette, L’éveil du printemps, Mademoiselle Else…). Depuis, il oscille pleinement entre composition musicale et écriture.”

 

matéo lavina jusqu'au dernier battement

 

Un autre portrait ? Celui de Christophe Siébert.

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