GWENDOLINE, Rock en Seine, 26 Août 2022.

Gwendoline

Gwendoline crédit Fabrice et l’Oreille Classée

Après leur prestation réussie lors du festival

Gwendoline, c’est ce duo Rennais de jeunes trentenaires composé de Mickaël Olivette et de Pierre Barrett. Ils sont accompagnés sur scène par Maëlan Carquet à la Guitare et Romain Rival au Clavier.

Leur album « Après c’est Gobelet » est ressorti en Janvier 2022 après une publication confidentielle en 2017.
Pour les 2 musiciens, ce qui ressemblait au début à de simples discussions entre potes, à une blague, s’est transformé en un album au nom évocateur. On y trouve 10 chansons avec un son cold wave et les titres expressifs « Au festival », « Chevalier Ricard », « Chèques vacances », « Audi RTT » ou « la Fin du monde ». Des hymnes qui s’adressent à une génération en quête de sens et souvent désabusée.

Désabusé ? non c’est plus un dés amusement « Rire de ses propres malheurs » comme ils ont su le dire.
Les Gwendoline ont su trouver leur public en se révélant en concert, d’abord aux Trans musicales de Rennes puis cet été dans de nombreux festivals. Ils terminent leur tournée par le Festival Rock en Seine, ou ils ont eu la chance d’ouvrir la journée de concerts de ce Vendredi 26 Août.
16h30 un horaire inhabituel pour jouer un album au titre en référence à la fermeture des bars.

Ils s’en sont sorti haut la main, très contents de leur prestation : « C’était cool, incroyable les gens étaient là » comme ils ont pu l’exprimer à chaud sur les ondes de France Inter.
C’est un peu après, une fois que la pression (s’il y en avait une !) est retombée que nous avons pu les interviewer.

L’interview

Litzic : Ca vous a fait quel effet d’être disque du mois dans Rock and Folk ?

Mickaël : Ah Oui j’ai vu ça, j’étais là en mode OK, j’étais étonné, agréablement surpris.
Pierre : Oui ça faisait plaisir.

: Fier de vous  on peut l’imaginer?

Pierre : Oui, même si ce projet-là c’était pas trop l’idée, c’est bien de te dire que notre musique doit parler à des gens, que notre loose et notre truc qui nous paraissait si minable qu’on avait que sur CD et bien finalement ça parle à des gens.
Mickaël : Ce qui est compliqué c’est le parallèle de ne pas avoir d’ambition à la base et d’avoir fait ça dans un total tunnel. On avait pas pour objectif de faire des concerts ou de promo ou de CD ou de machin, du coup forcément quand ça arrive tu es un peu surpris.

: Un projet confidentiel qui est sorti sans que vous maîtrisiez le succès. J’entendais votre interview sur France inter qui disait que cela faisait 3 ans que vous galeriez un petit peu à droite à gauche.

Pierre : En fait ça c’était avant. On s’est rencontré il y a 10 ans à Rennes, pour la musique. On voulait devenir musicien, ce sera notre vie, etc. Donc on faisait des groupes dans les 2 projets avec l’idée de bouffer dans tous les râteliers et de faire des tremplins. Tout pour y arriver et en fait, ça n’a jamais pris. On s’est dit notre vision de la musique elle est biaisée. Enfin on a arrêté pour plein de raisons, on a fait un peu chacun notre vie. Et ce projet-là c’était plutôt la pierre angulaire d’autre chose, c’était juste on se fait plaisir, on fait quelque chose pour nous .

C’est un DUO et ça sera toujours un Duo dans la composition

L : C’était pendant le confinement ?

Pierre : C’était avant le confinement, été 2017, c’était après les élections au mois d’Août.

: Ça s’est concrétisé quand même par un album qui s’appelle « Après c’est Gobelet »

Mickaël : Oui on a commencé par l’album en 2017, après on a lâché, non pas lâché mais on a laissé passer.
Pierre : On a passé 2 semaines ensemble, ça fait « plaiz » de se retrouver, vas y on fait du son !. Ca a fini par donner un album mais au départ il n’y avait pas cette idée-là.

L : Donc vous l’avez fait en totale autoproduction ?

Pierre : Oui et on la juste mis sur Bandcamp à la base, avec notre graphiste .

L : Avec un financement accompagné ?

Pierre : Non Non Rien ! il était juste sur Bandcamp, où c’est gratuit de mettre sa musique et il y avait nos potes qui écoutaient ça. Il y avait un peu d’écoute et tu sentais que dans les réseaux de copains ça tournait.

L : Vous êtes 2 là, sur scène vous étiez 4. Le groupe c’est 4 ou c’est 2 ?

Pierre : C’est 2 et après en live on est 4, ça peut bouger si ça se trouve dans un an on sera 6 ou 2.

Gwendoline crédit Fabrice et l’Oreille Classée

Après ce n’est pas que notre vie, c’est aussi l’imagination de vie de gens qu’on peut croiser dans un bar.

L : C’est vous l’essence du groupe vraiment ?

Pierre : Oui on a tout fait tous les 2.

L : Vous vous considérez comme un groupe maintenant, vous avez passé le pas de vous le demander ?

Mickaël : Oui un groupe à 2
Pierre : C’est un DUO et ça sera toujours un Duo dans la composition. Je pars de l’idée que c’est une conversation, qu’on a tous les 2. Elle n’est pas achevée, on va essayer de faire un autre album.

L : Une conversation, tu parles des paroles ?

Pierre : Des paroles, de la musique, des influences, de l’interprétation

L : C’est un peu désabusé votre vie ?

Pierre : C’était désabusé, il y a 4 à 5 ans.

L : Et ça va mieux maintenant ? le Covid est passé par là, tout va bien Youpi !

Pierre : Non rien ne va bien, mais on essaye de rire d’autres choses.
Mickaël : Après ce n’est pas que notre vie, c’est aussi l’imagination de vie de gens qu’on peut croiser dans un bar. Ça peut être juste une imagination globale d’un personnage, ça peut être notre vie, ça peut être la vie de personnes qu’on connait autour de nous.

Je connais Brest depuis pas très longtemps, 4 à 5 ans et on s’est senti tous les deux happés, on a ressenti quelque chose de fort.

: C’est votre côté breton, c’est très dans les bars rennais, la Rue de la Soif!

Pierre : Oui un peu la rue de la Soif, oui on allait pas mal dans les bars.
Mickaël : Plus les bars de quartier.
Pierre : Cet album il a été fait beaucoup au bar, on est tous les deux un peu pudique, du coup il y avait ce truc, on s’est retrouvé après avoir passé beaucoup de temps sans être ensemble et on avait des choses à se dire. C’est peut-être plus facile en buvant des verres, de se le dire. Non pas, ce que je pense de toi, mais des choses sur le cœur et on en a fait de la musique. Il y a eu une espèce d’étincelle comme ça.

: Vous habitez toujours sur Rennes en ce moment ?

Mickaël : Moi j’habite chez mes parents actuellement à côté de Rennes, je suis le seul à être pas loin de Rennes.
Pierre : Moi je suis à Nantes et je serai peut-être à Brest dans un mois. Dans l’idée on veut tous les deux aller à Brest.

L : J’ai vu le T-shirt de Mickaël pendant le concert « Mourir à Brest » c’est une ambition que je ne vous souhaite pas.

Mickaël : Après ça veut pas dire que c’est demain .
Pierre : Christophe l’a fait.

L : Vous êtes attiré par Brest ?  trop de soleil sur Rennes ?

Pierre : Il y a peut-être plus de soleil à Brest quand même finalement.
Mickaël : En fait à Brest il fait beau plusieurs fois par jour.
Pierre : La ville nous a beaucoup parlé pour plein de raisons. Je connais Brest depuis pas très longtemps, 4 à 5 ans et on s’est senti tous les deux happés, on a ressenti quelque chose de fort.

Gwendoline crédit Fabrice et l’Oreille Classée

Je ne sais pas si on a du succès par rapport à la situation du 1er album

: On peut penser que vous allez vous imprégner des couleurs et de l’émotion brestoise et sortir quelque chose dans cette idée. Un peu mélancolique toujours ?

Mickaël : Oui je pense

: Vous travaillez déjà sur le 2nd album ?

Pierre : Oui on a fait des maquettes qu’on a commencées pendant le COVID. On en était pas très content parce qu’on était dans quelque chose de dépressif, de sombre mais il n’y avait pas comme sur le premier album d’ironie de cynisme un peu marrant. Du coup on s’est dit, plutôt que de faire des sessions de temps en temps, on devrait se retrouver pendant un mois, ou une période donnée dans des conditions qui permettent de le faire et on fait tout à ce moment-là.

L : Et vous avez les moyens de faire ça, vous avez une maison de disques ?

Mickaël : Non, l’idée est de louer une maison avec les fonds qu’on aura, on fera comme on pourra, on ramène tout ce qu’on a.

L : Vous avez le matériel ?

Pierre : Le matos c’est rudimentaire, le 1er album il est enregistré avec une carte son un ordi, les guitares ne sont pas enregistrées sur des amplis. Ce sont des simulations d’ampli sur un logiciel.

: C’est du bon bricolage puisque ça marche en tous les cas. Il y a une notion de succès maintenant ?

Mickaël : C’est ça qui est un peu « chiant », Non mais ça n’aide pas pour se mettre dans un état d’esprit pour refaire un album.

L : Le succès n’aide pas ?

Mickaël : Je ne sais pas si on a du succès par rapport à la situation du 1er album. C’est sûr, c’est très différent et à partir de là l’état d’esprit, pour raconter des choses, est différent.
Pierre : C’est là où il faut s’affranchir de tout ça et c’étaient les erreurs qu’on faisait quand on a commencé à faire des compos en se voyant 1 fois toutes les 2 semaines, pendant le Covid. On se posait des questions sur le public qui écoutera ça. Il faut s’en affranchir.

On sort un EP en Novembre et l’album ce sera pour la rentrée prochaine

L : je vous ai vu à Art Rock , aussi à Rock en Seine . Vous avez progressé en concert. On sent une certaine réserve, vous avez chacun votre personnalité, le public accroche et c’est ça que j’appelle le succès. Vous êtes passé d’une intimité avec une création d’album avec des festivals tout l’été. Ce succès peut-il orienter vos états d’âme vers quelque chose de plus positif ?

Pierre : C’est pas l’idée, pour moi le truc important dans ce projet c’est le cynisme, l’autodérision.

: C’est ce qui vous définit ?

Pierre :  Non c’est une facette de nous, moi je n’aurai pas de mal à faire de la pop joyeuse à côté sur un autre projet.
Mickaël : Tous les 2 c’est une conversation qu’on a ensemble et en général quand on discute ensemble c’est ça qui ressort de plus profond c’est donc ça qui importe.
Pour moi, c’est comme dans ta vie entourée d’ami (e s) très variées. Il y en a un, c’est le copain pour aller voir des matchs de foot, l’autre si un jour ça va mal pour un problème sentimental ou autres c’est plus cette personne que tu vas voir. Pour moi c’est ça, on s’est retrouvé sur un truc précis qui était la Loose et le fait de faire quelque chose de la déprime. Il y a un ton qu’on a avec Aloïs Lecerf qui est notre graphiste qui a fait la vidéo en live.

: On vous compare à fauve parfois, ça vous parle ?

Pierre : Pas du tout, mais je comprends.

L : En termes de parler chanter sans doute.

Mickaël : Oui, mais dans le fond ce n’est pas les mêmes sujets. Ce n’est pas la même manière d’aborder les sujets. Moi je me sens assez éloigné d’eux.

L : De qui tu te sens proches ?

Mickaël : Plus proche de groupe comme tête de cerf, Brume noire, le projet Mendelson de Pascal Bouaziz , des scènes un peu obscures de l’Est indé qui ne font pas trop de promotions non plus.

Gwendoline

Gwendoline crédit Fabrice et l’Oreille Classée

Non c’est musique à 100 % pour tous les 2 c’est un luxe

L : Vous avez joué avec un groupe que je connais bien à Lille, qui s’appelle BLY, c’était quoi comme soirée c’était bien ?

Pierre : C’était organisé par l’aéronef , dans leur club et c’était super bien, on a pu jouer aussi avec des anglais , une bonne soirée

L : C’était un groupe qui jouait il y a 10 ans vous avez regardé leur concert, ça vous a plu ?

Mickaël : Oui, mais je n’ai pas été accroché par la couleur générale.
Pierre : Moi j’aimais bien le propos mais la musique était un peu trop classique Rock, ringard, un peu datée, mais les types étaient très sympas. les gens du Nord, le public est trop bien. Ca donne envie de retourner dans le Nord.

L : Ce soir c’était votre dernier concert, vous l’avez annoncé. Comme vous le chantez sur votre disque, avec votre capital RTT et chèques vacances, est-ce que vous allez partir au soleil ou votre première ambition reste Brest.

Pierre : C’est une pause de 3 semaines, le dernier concert de l’été. Partir pour mieux revenir !
Mickaël : Moi c’est Brest

: Pas de vacances ?

Pierre : Si je pars 10 jours en Italie.

L : Et vous c’est la musique à 100% maintenant, ou vous êtes obligé de bosser ?

Pierre : Non c’est musique à 100 % pour tous les 2 c’est un luxe.

: On peut espérer vous retrouver en festival l’été prochain

Pierre : On sort un EP en Novembre et l’album ce sera pour la rentrée prochaine, mais on va probablement sortir 1 ou 2 sons avant l’été.

L : Sur Bandcamp ?

Pierre : Non en « vrai «   j’allais dire, mais aussi sur les autres sites, sur les plateformes. L’EP ne sortira pas en « physique ».

 

Nous quittons les Gwendoline qui se plient gentiment à une séance photo avant qu’ils ne rejoignent une zone de dédicace pour les fans venus acheter leur vinyle.
Merci à eux pour leur disponibilité et leur gentillesse.

Prochains concerts :

• 23 Sep Espace Michel Berger (EMB) Sannois, France
• 07 Oct SEW Morlaix, France
• 08 ct Le Hangar Ivry sur Seine, France
• 04 Nov Lo Bolegason Castres, France
• 26 Nov La Vapeur Dijon, France

Discographie

Propos recueillis par Pat et Fabrice et l’Oreille Classée

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