CELINE SAINT-CHARLE, Post apo & co (interview 2e partie)

Céline Saint-Charle post apoSuite des questions posées à Céline Saint-Charle.

Il apparaît clairement, comme vous pourrez vous en rendre compte, si tel n’est pas déjà le cas avec les pistes que nous avons semées ici et là, que notre autrice du mois est une férue du genre post apo (post apocalyptique quoi). Nous revenons sur ses façons de procéder quand elle écrit, sur sa bibliographie également. Bref, ne tardez pas à découvrir cette deuxième partie de l’interview !

Interview

Litzic : Peux-tu nous dresser la liste des livres que tu as écrits et en faire en une phrase ou deux le résumé ?

Céline Saint-Charle : Ça va être long ! ^^

Je vais commencer par mes quatre recueils de nouvelles, publiés en autoédition (car les recueils d’un seul auteur sont boudés par les éditeurs francophones) :
– Après tout, ça arrive tous les jours
– Pause cigarette
– Un repas prévu de longue date
– Nos obscurités
Les trois premiers sont généralistes, avec des nouvelles assez variées dans les thèmes et les genres. Le dernier est constitué de textes plus sombres (d’où le titre, la vie est bien faite, non ?)

Côté romans :

– Comme un moineau, chez BoD, est un roman noir racontant le destin d’une jeune de banlieue tombant sous la coupe d’un caïd de cité. Il n’est pas à mettre entre toutes les mains, en raison de certaines scènes assez dures.
– #SeulAuMonde, roman post-apo paru chez Livr’S éditions met en scène sept personnages confrontés à la disparition soudaine et inexpliquée de toute la population mondiale et qui tentent de relancer l’humanité.
– Une trilogie mi SF-mi fantastique intitulée Les Nouveaux Temps. Le premier tome, La Coupole, est tout d’abord paru chez Kitsunegari éditions. Hélas, la maison ayant fermé, je l’ai republié chez BoD, ainsi que les deux tomes suivants, Le Voyage et L’Enfant. Une intégrale de la trilogie est parue en fin d’année dernière. Il s’agit encore une fois d’un post-apo (oui, j’aime beaucoup) décrivant la vie sous une coupole protectrice après qu’un virus a décimé le monde.
– Praesidia, toujours du post-apo (surprise !), chez Livresque éditions. Cette fois, c’est une dystopie où une jeune informaticienne remet en question la vie confinée et solitaire qu’elle connaît depuis sa naissance. Il est sorti un mois avant le confinement de 2020, ce qui lui a donné un côté prophétique.
– La Divine Proportion, un thriller dystopique ou une dystopie policière, au choix, chez Livr’S éditions. Dans une France riante où la criminalité a presque disparu, une journaliste et un vieux flic grattent la surface et découvrent des secrets terrifiants.
– Où est le chat de madame Jeanne ? et Rendez-nous la maitresse ! inaugurent chez Livresque éditions une série jeunesse pour les 6-9 ans, où les deux jeunes héros, Myrtille et Barnabé, résolvent des enquêtes dans leur ville.
– Un titre encore secret à venir en septembre chez Livr’S éditions, oh, tiens, un post-apo, mais d’un genre très particulier.

J’ai également contribué à plusieurs anthologies ici et là.

“J’aime écrire des nouvelles entre deux chapitres de roman, cela me détend.”

L: Si l’écriture est pour toi associée à une ouverture de vanne, qu’en est-il du travail de relecture et de correction ? Uses-tu de la lecture à voix haute pour t’assurer de la musicalité de tes phrases ? As-tu recours à des béta lecteurs ? Comme tu ne fais pas de plan, tu dois sans doute avoir un gros travail après coup ?

Céline Saint-Charle : Forcément, après le premier jet commence le travail de fourmi qui consiste à réviser le manuscrit. D’abord une relecture et un passage au logiciel Antidote pour traquer les fautes de frappe, les fautes tout court, les répétitions, l’abus des verbes être et avoir… J’envoie alors à mes bêta lecteurs, qui me signalent les éventuelles incohérences, les difficultés de compréhension, le manque de clarté. Je relis et corrige en fonction de leurs retours.

En général, je laisse alors « dormir » le texte quelques semaines ou mois, pour y revenir avec un œil neuf plus critique. Et, comme il faut bien à un moment savoir dire stop, je m’arrête là. Les ultimes corrections éditoriales se font ensuite avec les correctrices de la maison d’édition. Je ne passe pas par la phrase lecture à voix haute, j’ai essayé, cela ne me convient pas du tout.

Même si je ne fais pas de plan, je prends quand même des notes en cours d’écriture, notamment sur mes personnages (leur date de naissance, leurs particularités, etc. pour pouvoir m’y référer en cas de besoin).

L : De la même façon, es-tu une bonne « vendeuse » de tes livres auprès des éditeurs ? Comment procèdes-tu pour cibler la maison d’édition qui te paraît la plus à même de porter ton roman vers le devant de la scène ?

Céline Saint-Charle : Pour Kitsunegari et Livr’S, j’ai juste envoyé mes manuscrits au comité de lecture et j’ai attendu la réponse. Plus ou moins patiemment (spoiler : je me retiens de me manger les ongles jusqu’à la chair mais je m’arrache les cheveux !). Pour Livresque, ça a été un peu différent, puisque j’ai d’abord rencontré l’éditeur, qui m’a demandé de lui envoyer un manuscrit. De fil en aiguille, l’idée d’une série de romans policiers pour enfants s’est imposée.

“Si on me supprimait les livres et l’écriture, je me fanerais.”

L : Tu écris des nouvelles, des romans. Quel « format » a ta préférence, et pour quelle raison ?

Céline Saint-Charle : Quelle horreur de demander à une mère quel enfant elle préfère !
J’aime tout autant les deux formats, ils sont complémentaires et m’apportent autant de satisfaction l’un que l’autre.
Écrire un format long, c’est travailler sur la durée, avoir le temps de poser une situation, un lieu, des personnages. C’est se faire plaisir à détailler, sans limite du nombre de caractères. C’est comme ça que j’ai commencé un roman pour me retrouver à la fin avec une trilogie !

La nouvelle impose un challenge complètement différent, où l’implicite règne en maître et où il faut une puissance d’évocation importante pour accrocher le lecteur. J’aime écrire des nouvelles entre deux chapitres de roman, cela me détend. J’adore aussi répondre à des appels à textes, qui m’obligent à faire travailler mon cerveau sur des sujets que je n’aurais pas choisis spontanément.

L : As-tu déjà ressenti non pas l’angoisse de la page blanche, mais plus exactement le sentiment de te trouver face à un défi d’écriture trop « ambitieux » pour toi ? Je veux dire par là, as-tu en tête le roman de ta vie mais que tu n’arrives pas à sortir ?

Céline Saint-Charle : J’adorerais écrire un jour un roman historique ! Mais comme je suis perfectionniste, pas question de livrer un truc bancal, bourré d’anachronismes et d’erreurs. Ce qui implique des recherches minutieuses et exhaustives avant d’écrire la moindre ligne. C’est complètement à l’opposé de ma façon d’écrire. Je doute de pouvoir le faire un jour. Cela restera sûrement une frustration.

” J’adorerais écrire un jour un roman historique !”

L : Que représente l’écriture pour toi : un moment d’évasion, un besoin vital, une nécessité d’expression qui ne peut pas être transcrite autrement (ou encore autre chose) ?

Céline Saint-Charle : J’ai des besoins vitaux et élémentaires : manger, boire, dormir, lire et écrire. Si on me supprimait les livres et l’écriture, je me fanerais. Sans doute pas aussi vite que si on m’affamait, évidemment, mais le résultat final serait identique : un vieux machin desséché oublié dans un coin. Je n’écris pas par choix ou par opportunisme commercial. J’écris parce que c’est comme ça que je vis, par et pour les mots.

L : Comment te sens-tu lorsque tu termines un livre ? Te sens-tu vide ou au contraire gonflée d’une énergie nouvelle qui te dit « au suivant » ?

Céline Saint-Charle : Les deux, mon capitaine ! J’ai un moment où je flotte dans une réalité parallèle, où je dis adieu à mes personnages (même les plus vilains). Je sais que je vais les regretter. Alors j’écris une nouvelle, histoire de me requinquer. Je ne reste pas longtemps avant de me lancer dans un nouveau projet, car les personnages du roman suivant tambourinent à la porte de ma cervelle en râlant « Allez, c’est notre tour ! Laisse-nous sortir ! »

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