CÉLINE GUEGUEN, L’écriture en soi.

céline gueguen, l'écriture en soiDeuxième partie de l’interview consacrée à notre autrice du mois.

Nous vous dévoilons la deuxième partie et fin de l’interview consacrée à notre autrice du mois Céline Gueguen, une deuxième partie qui nous montre à quel point l’écriture peut avoir une importance première dans la vie d’un auteur. L’écriture en soi comme pour se sentir complète en somme. Découvrez vite cette seconde partie.

L’interview.

Litzic : Pour rebondir sur ta dernière réponse, ton recueil, dans sa partie policière en tout cas, évoque justement cette ambivalence humanité/inhumanité. Tu utilises souvent le cadre familial ou amical. On n’y retrouve pas de vision pourtant en vogue, celle du tueur en série. Pourquoi ? L’ordinaire est-il pour toi un meilleur territoire d’exploration ?

Céline Gueguen : À de rares exceptions près, écrire sur la figure du tueur en série ne m’intéresse pas vraiment. J’aime les séries qui en parlent, mais à part pour une histoire que j’ai dans la tête, je ne travaille pas sur ce type de personnages. Tant d’autres l’ont fait mieux que moi.

L’ordinaire inspire l’extraordinaire. Il y a ce que l’on voit, ce que l’on pense et ce qui est. Les gens ordinaires, les situations ordinaires peuvent cacher tant de secrets, autant s’en servir^^

L : Comment te viennent tes idées d’une manière générale ? Sont-ce des fulgurances ou bien des choses que tu lis ici ou là, notamment dans les rubriques Faits Divers ?

Céline Gueguen : Ce sont des choses qui me trottent dans la tête, parfois un moment avant de devenir réalité. Une autre source d’inspiration se trouve dans mes rêves. Si j’arrive à m’en souvenir, c’est qu’il y a un certain potentiel, enfin selon moi. J’aime beaucoup continuer mes rêves le matin au réveil. C’est un espace libre, un “ailleurs” dans la réalité.

L : Tu disais que créer un univers totalement imaginaire est pour toi un exercice assez complexe. D’où puises-tu tes inspirations ? Te verrais-tu écrire un roman totalement SF, genre sur une autre planète ?

Céline Gueguen : J’aime beaucoup les univers de la fantasy, avec comme point de référence Tolkien. Mais les mondes magiques de la jeunesse m’inspirent aussi. Il y a ces créatures, ces dons qui sont absolument extraordinaires et me font croire qu’il est possible de créer un “autre lieu” pour vivre, même dans l’imaginaire.

La SF, c’est bien plus compliqué. Il faut maîtriser certaines réalités scientifiques et mathématiques qui sont bien au-delà de mes simples capacités créatrices. Un mode fantastique doit avoir sa propre logique pour entraîner le lecteur avec soi. Mais les sciences pures, je ne sais pas les manipuler.

Je peux parfois être malheureuse si je ne peux pas écrire pendant plusieurs jours

L : Combien de temps cela te prend-il d’écrire une nouvelle en gros, hors ce temps mental de préparation ?

Céline Gueguen : On est sur un travail de 2-3h pour avoir un premier jet qui me convienne. Puis on passe à l’étape relecture, où j’enlève le superflu, ce qui alourdit l’histoire et en retarde l’achèvement. Je laisse reposer entre le 1er jet et la relecture/correction, soit en tout 3 ou 4 heures.

L : Tu dis noter tes idées ici ou là, sous le coup d’une inspiration. Mais comment se déroule l’écriture à proprement parler ? Écris-tu sur un cahier et retranscris-tu ensuite sur ton logiciel de traitement de texte ou écris-tu directement sur celui-ci ?

Céline Gueguen : J’essaie d’écrire d’abord les grandes lignes, les personnages principaux et secondaires et je prépare les premiers chapitres. Je peux travailler sur des cahiers spécifiques, où je fais les fiches personnages, les arcs des personnages et celui du roman. Parfois, je me passe du cahier et j’écris directement sur l’ordinateur.

L : Qu’est-ce que te procure l’écriture comme sensation ? Est-ce pour toi un besoin, une nécessité, ou juste un exercice que tu pratiques « quand tu as le temps ? »

Céline Gueguen : Même les jours où je ne peux pas écrire, mon roman et mes personnages sont toujours là, quelque part dans mon esprit. Je peux parfois être malheureuse si je ne peux pas écrire pendant plusieurs jours, que ce soit en français ou en anglais.

J’ai assez vite voulu être assez libre de travailler à mon rythme

L : Tu as déjà pas mal travaillé sur ton prochain livre. Peux-tu nous en dire quelques mots (ou plus que quelques mots) et si une publication prochaine est prévue ?

Céline Gueguen : Il s’appelle “le Miroir des Deux Mondes”. Normalement, une duologie, ou une trilogie, est prévue.

L’histoire, si on ne se fie qu’au résumé, peut paraître simple: Mickaël, 17 ans, est un lycéen sans histoire. Mais un accident de la route déclenche des phénomènes de plus en plus étranges chez lui. Jusqu’au jour où tout bascule et que Mickaël doit passer dans le Monde des Sorciers pour sauver les deux mondes.
La sortie est prévue, j’espère, pour la fin juin ou le début juillet.

L : Quel est ton rapport au monde de l’édition ? Démarches-tu beaucoup d’éditeurs par exemple ?

Céline Gueguen : J’ai assez vite voulu être assez libre de travailler à mon rythme, et faire ce que je choisissais au rythme où je le désirais. J’ai eu quelques contacts, qui n’étaient pas des maisons d’édition à compte d’auteur, mais plutôt des petites me et cela reste assez précaire et contraignant. Donc pour l’instant, je reste indépendante.

L : Travailles-tu seule ou te fais-tu seconder par des bêtas lecteurs par exemple ?

Céline Gueguen : J’envoie régulièrement les derniers chapitres à deux ou trois bêtas lecteurs, dont une qui est aussi correctrice. C’est un ensemble d’échanges très constructifs pour les uns et les autres.

Le mot “fin” signifie le début d’autre chose.

L : Si tu n’avais pas écrit, quelle forme d’art aurais-tu exercé, ou voulu exercer ?

Céline Gueguen : Je dessine aussi beaucoup (peinture, travail aux feutres…). Dans ces cas, mon inspiration m’emmène plutôt du côté du Japon traditionnel ou des chats.

L : Si tu ne devais en citer qu’un dans chaque catégorie :

Céline Gueguen : Un livre : Si c’est un homme, de Primo Lévi
Un film : Lawrence d’Arabie
un album musical : Violator de Depeche Mode ou Meteora de Linkin Park
une œuvre d’art ou un artiste ? Léonard da Vinci ou Botticelli

L Sur quoi travailles-tu actuellement ? As-tu des projets en cours ? Je crois que tu as plusieurs pistes en ce sens.

Céline Gueguen : Parmi tous les projets qui flottent dans ma tête, il y en a deux qui dominent clairement: adapter mon recueil de nouvelles en anglais (j’appartiens d’ailleurs à un groupe d’auteurs anglophones sur Bordeaux) et finir mon roman fantasy/fantastique. Ensuite, plein d’autres choses m’attendent: un cosy mystery, un auteur serial killer (comme quoi…).

L : Que peut-on te souhaiter de bon dans les prochains jours/semaines/mois à venir ?

Céline Gueguen : Aller jusqu’au bout de mes projets pour continuer à avancer. Le mot “fin” signifie le début d’autre chose. J’espère aussi trouver plus de lecteurs et stabiliser la communauté de lecteurs qui me soutient et m’entoure depuis le début.

liens

Chronique de La neige c’est surfait

Lire l’extrait de La neige c’est surfait, Un si bon fils.

Lire le portrait de Céline Gueguen

Retrouver Céline Gueguen sur sa page FB

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