DELPHINE BILIEN, Sherlock Holmes…

delphine bilien, sherlock holmes et les mystères de l'anjou

…et les mystères de l’Anjou (disponible aux éditions La Geste)

Delphine Bilien revient avec un nouveau roman. Après Eleonore sous l’orage de la révolution (se déroulant en grande partie en terres Bretonnes sur fond de trame historique) et Meurtres en Anjou, Le parfum de l’amande ( thriller sur fond de théologie), tous deux publiés chez La Geste, l’autrice ressuscite le célèbre détective anglais, Sherlock Holmes qui, de passage en Anjou, se retrouve au cœur d’une série d’événements à résoudre.

Remettre Sherlock Holmes en scelle sur de nouvelles enquêtes semble être une discipline plutôt à la mode. Entre séries télévisions et films divers, un des détectives de fiction le plus connu au monde ne cesse de faire des émules. Et paraît ne pas avoir pris une ride (à une exception près, à savoir celle d’un Holmes vieillissant et presque « sénile » dans Mr Holmes, avec le superbe Ian McKellen). Ici, Delphine Bilien lui redonne vigueur et puissance de déduction dans un livre aux énigmes imbriquées les unes dans les autres.

Toujours habile.

Une famille de notables d’Angers se retrouve en effet harcelée par des événements qui paraissent ne pas avoir de liens entre eux. Ceux-ci se multiplient rapidement et la mort, à priori accidentelle, de la maitresse de maison laisse présager le pire. Holmes et Watson, arrivé peu de temps avant celle-ci, sont déjà sur l’affaire, laquelle place de toute évidence une jeune journaliste en coupable idéale. Seul le légendaire flair du détective parviendra à dénouer les fils de l’intrigue.

Si le verbe de Delphine Bilien n’est pas celui de Sir Arthur Conan Doyle, il n’en reste pas moins efficace et plein de malice. L’intrigue est soignée, sa narration rythmée et très agréable à lire . Bien que l’histoire se déroule au début des années 1900, elle ne s’embourbe jamais dans une écriture vieillotte. Outre des descriptions précises mais pas rébarbatives, une intrigue « familiale » et un goût du mystère bien emballé, l’autrice nous montre un homme toujours habile dans ses déductions. Ici, pas de raccourcis hâtifs et/ou tirés par les cheveux, mais une intrigue qui prend le temps de poser ses bases et de nous embarquer dans la réflexion et le jeu des énigmes.

Une vérité bien cachée.

Ainsi, il nous est plaisant de tenter de résoudre l’enquête aussi vite que Holmes. Bien évidemment, Delphine Bilien disperse ici et là les indices nécessaires pour que nous y parvenions, néanmoins ce n’est que lors du dénouement que nous nous apercevons que ceux-ci étaient à portée de main. Là réside, en grande partie, son talent de manipulatrice. En mettant en forme cette histoire de vengeance avec patience et talent, l’autrice tire joyeusement les ficelles de l’intrigue et nous montre un Holmes patient, méthodique, et surtout qui ne s’embarque jamais dans des jugements précipités.

À l’époque qui est la nôtre, où les jugements se font à l’emporte-pièce, où la vindicte populaire se passe de réflexion, il est étonnant de constater que Delphine Bilien ne succombe pas aux sirènes de la facilité (et prouve que les auteurs et autrices ne sont pas tout à fait comme tout le monde). Si son livre est relativement bref, rien n’y est facile (même si tout paraît l’être) et bâclé. C’est donc avec grand plaisir que nous redécouvrons Sherlock Holmes, son acolyte Watson et surtout le pouvoir de la déduction faite de logique et d’observations éclairées.

Nota.

Nous tenons à faire un petit clin d’oeil aux éditions La geste qui ont mis les formes sur ce livre. Couverture rigide, illustrations « à l’ancienne », rien n’est laissé au hasard et favorise une entrée en matière déjà hors du temps. L’immersion est donc totale.

D’autre part, si l’on peut craindre un univers totalement antagoniste à celui, so british, de Sherlock Holmes, sa mise en situation en Anjou s’avère payante, sans doute parce que l’autrice fait revivre Angers avec moult détails historiques, arguant de toutes ses recherches en la matière. Tout ceci, une fois encore, pour un maximum de véracité. Très bien joué.

Patrick Béguinel

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