[[ EP ] SUN, Brutal pop, Docteur Jekyll & Mister hyde de la pop ?

L’EP Brutal Pop de Sun est disponible depuis une semaine. Le duo sera en concert vendredi 06/12, Hall 3 du parc expo des Trans Musicale.

Dire que nous avons été instantanément séduit par la musique de Sun serait comme d’avouer que nous avons une maladie mentale, probablement incurable. Et pourtant, ce duo guitare batterie nous a saisi par les parties intimes dès les premières notes de I killed my man, pour ne pas les relâcher par la suite. Brutal pop, son bien nommé EP enfonce la donne. Décryptage de cette musique du diable comme on l’aime.

Pop ? Brutal ? Ou les deux ?

Passé ce titre très Burger Quiz du toujours génial Alain Chabat, sommes-nous, avec Sun, en présence d’un groupe pop ou d’un groupe plus orienté metal ? Très dur à dire et nous dirons simplement que cet EP, le premier de Sun, est un putain de bon disque de rock du diable comme on aime. Mais sur quoi repose l’alchimie de ce duo pas tout à fait comme les autres ?

Eh bien, c’est très simple (sur le papier en tout cas, car à mettre en place, ça doit être légèrement plus coton) ; vous prenez une chanteuse avec une bonne maîtrise vocale et guitaristique, vous lui adjoignez un batteur qui aime bien jouer de la double pédale et vous obtenez Sun. C’est tout ? Non pas vraiment.

Sun à la double personnalité death pop.

Parce que nous usions d’un léger euphémisme pour qualifier le chant de Karoline Rose. En fait, elle possède une technique assez monstrueuse, capable de passer de la bluette pop toute lisse (façon de parler, rien n’est lisse sur Brutal Pop) à la plus sauvage agressivité gutturale (indomptée et indomptable). Et elle passe de l’une à l’autre, comme ça, comme si c’était facile. Et nous, piètres chanteurs du dimanche que nous sommes, nous sommes ébahis, parce que c’est bluffant de facilité de la part de la chanteuse.

Mais, pour être honnête, nous sentions la chose venir. Parce que, dès l’entame de ce 4 titres qui envoie du bois, on sent une tension, une voix très légèrement éraillée mais dont nous pressentions la puissance dévastatrice. En un sens, elle n’est pas loin de rappeler celle d’une certaine Courtney Love. Bon, cette dernière ne va pas aussi loin dans l’agressivité et pourrait passer pour une midinette cherchant à braver les interdits de papa-maman en comparaison de la gamme couverte par Karoline Rose qui nous fait presque penser à une personne souffrant d’un dédoublement de personnalité (Fast Car nous prend littéralement aux tripes en ce sens).

Mais la musique dans tout ça ?

Et ceci est d’autant plus vrai que derrière elle, la musique semble tout aussi instable, capable, toujours sur Fast Car par exemple, de nous faire danser comme sur un hit disco d’Abba avec ce groove de batterie absolument divin, tandis que la guitare, toute distorsion dehors, griffe nos tympans avec un plaisir sadique.

Les accroches pop sont imparables et scellent définitivement notre envie d’entrer dans l’univers de Sun. Mais ces incartades metalleuses (les choeurs sur I killed my man sont somptueux) nous ravissent elles aussi, parce que cette apparente agressivité en forme d’exutoire nous parle littéralement. On sent que Sun pourrait tout à la fois nous câliner et nous filer une bonne torgnole dans la tronche. Quoi qu’il en soit, le duo nous permet de comprendre que l’on peut tout dire, de quelque façon que ce soit, sans passer pour des fous furieux pour autant.

Autrement dit, l’expression de ce groupe va au fond des choses pour un rendu puissant, peut-être brutal, mais jamais gratuitement. Nous avons hâte de voir ce que cela donne sur scène ! Le spectacle pourrait bien être haut en couleur et en intensité (non il le sera nous en sommes certains), ce que nous vérifierons le 06/12, Hall 3 du parc expo des Trans Musicales (à 2h20, de quoi nous sortir de la torpeur du milieu de la nuit. À coup sûr!).

sun brutal pop

Site officiel de Sun

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