“An elegy for” BOBBIE signe un premier EP enthousiasmant

bobbie an elegy for chroniqueBOBBIE, premier EP 5 titres « An elegy for »

Americana.

Les premiers accords de Lifetime donnent la couleur : An elegy for de Bobbie nous fait décoller vers l’ouest américain, vers ses grandes plaines, ses ranchs. Nous avons affaire ici à une americana pure jus, à base de guitares folks, de pedal steel et de rythmes alanguis typiques de la country folk.

Ces styles, même s’ils jouissent d’une certaine popularité, notamment auprès des danseurs de country, ne sont pas forcément parmi ceux que nous écoutons le plus en France. Pourtant, avec un certain brio, Bobbie nous réconcilie avec ceux-ci avec une facilité déconcertante.

Tout commence…

Tout commence par sa voix. Elle est chaude, accueillante, chante l’amour et, surtout, toutes ses contrariétés. Si nous aimons les voix parfois bancales, blessées, ici, il n’en est rien. La voix de Bobbie est simplement la plus grande qualité de cet EP (nous exagérons, les orchestrations ne sont pas mal non plus). Si elle dégage une sensation de puissance tranquille, elle porte à bout de trémolo une émotion à fleur de peau. Sans faiblesse, elle nous attire dans son sillage sans que nous n’y opposions aucune résistance.

La jeune femme a longtemps biberonné aux musiques blues folks jazz de son père . Il ne s’agit donc pas d’une pose, mais véritablement de l’expression de sa personnalité profonde. Cela se ressent parfaitement dans la structure des morceaux et dans ses arrangements : là où certains appuient sur les effets pour montrer qu’ils se réclament du style, Bobbie, elle, joue la sobriété, la finesse.

… par de la finesse.

Les ambiances sont donc plutôt boisées, reposent sur une forme de minimalisme, d’épure. La voix est mixée juste ce qu’il faut en avant pour nous happer comme il le faut. Derrière, les arpèges et/ou accords de guitare surgissent avec douceur. La batterie est légère, pourrait presque être jouée avec des balais (c’est peut-être d’ailleurs le cas), la pedal steel est elle aussi utilisée avec juste ce qu’il faut de parcimonie pour ne pas devenir dégoulinante. Au contraire, son apport permet d’appuyer l’émotion de la chanteuse, pour un résultat simplement ébouriffant. Les autres basses et claviers sont sur le même registre de délicatesse et de retenue.

Les compositions d’An elegy for sont particulièrement soignées, de même que la production de l’ouvrage. Si les morceaux sont plutôt classiques dans la forme, leur originalité de ton tend à rendre l’ensemble riche et varié. Au terme de ces cinq titres (Lifetime, Lord, New Town, One way street, Endless night), nous ressortons avec un sentiment d’où est exempte toute forme de mélancolie. Même si Bobbie en a plein les valises (dans ses compositions), elle semble capturer la nôtre, nous rend le cœur plus léger, comme si elle était un talisman à nos idées noires.

Vous l’aurez compris, il ne faut pas grand-chose pour se sentir mieux. 5 titres, une musique bien jouée et une voix magnifique et le tour est joué. An elegy for est enthousiasmant et annonce de belles choses à venir. So wait and see…

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Comments (1)

  • THIERRY JOURDAIN Elliott Smith, can't make a sound - LITZIC

    […] Elliott Smith nous fait penser Bobbie […]

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