JULIEN CABOCEL Bazaar

Dom craque, un soir, à l’opéra. Une danseuse à la grâce époustouflante lui fait perdre ses repères et il se met à pleurer. Le lendemain, il décide de tout plaquer, de monter dans sa voiture et d’aller jusqu’à là où le réservoir d’essence le portera. Direction le sud, parce que c’est ainsi, parce que c’est logique.

Arrivé à court du carburant, il fait rapidement la connaissance d’un homme étrange, surgit de nulle part, qui repart dans un souffle, après que Dom l’ait pris en photo. Quelques heures plus tard, assoiffé, Dom arrive au Bazaar, un endroit d’apparence désert. Là, il retrouve son ex et une faune d’habitants haut en couleur.

Bazaar, de Julien Cabocel (aux Éditions L’Iconoclaste) est un roman doux amer, gonflé d’une poésie onirique, traitant du temps qui passe et des relations qui s’étiolent au fil des ans.

Ce qui nous plaît d’entrée dans ce roman, c’est son ton à la fois grave et léger. L’écriture y est très fluide, chargée de métaphores poétiques, d’une grâce peu commune. Tout n’y est que douceur, bien que tous les sentiments qui y sont décrits soient d’une précision démoniaque.

Il n’y a là aucune imperfection. L’histoire se déroule avec une quiétude parfois un peu déroutante, car l’univers de l’auteur est très fort. Nous sommes à mi-chemin entre le Petit Prince (cette histoire d’animaux tubulaires, de planeur), une romance qui s’achève (les retrouvailles avec son ex, le rendez-vous manqué entre Ilda et Rilt) et un roman de SF (le côté un peu quatrième dimension).

Les descriptions utilisées sont subtiles, raffinée, l’histoire l’est tout autant, interroge sur le deuil, la séparation, sur l’endroit où nous nous sentons réellement chez nous, où nous nous sentons réellement nous. Forcément, des éléments nous parlent, nous nous identifions à cette quête de Dom (et de l’auteur du roman) pour se connaître et assumer ses actes, connaître qui il est au fond de lui également.

Ce roman se dévore et se savoure. Il est une parenthèse enchantée tant son dépaysement, sa naïveté presque, nous émeut. Pour un premier roman, Julien Cabocel nous régale et nous espérons que la suite de sa carrière se poursuive sur la même note.

4 pensées sur “JULIEN CABOCEL Bazaar

  • 24 septembre 2018 à 11 h 32 min
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    Avis partagé.
    Bien vu pour le rapport au temps qui est ce qui m’a le plus touchée dans ce livre.

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    • 24 septembre 2018 à 13 h 07 min
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      Merci pour ce commentaire. C’est un livre qui est en ce sens, hors-temps. Sommes-nous dans un rêve, dans un délire lié à une déshydratation, est-ce juste une exploration du moi du héros. En tout cas, le rapport à la réalité est brouillé et permet d’entrer dans une bulle particulière, où le temps est entre parenthèse. Le héros peut donc revenir sur sa vie, ses choix.

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      • 24 septembre 2018 à 13 h 56 min
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        C’est plus le rapport au temps à travers les couples que j’ai aimé. Le même lien à différents moments de la vie.

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        • 24 septembre 2018 à 15 h 18 min
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          C’est effectivement le plus touchant dans ce roman 🙂

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