[PLAYLIST BIS] Journée des droits de la femmes (en musique)

Playlist spéciale ; les femmes à l’honneur

En cette journée du 8 mars, journée internationale des droits de la femme, nous vous proposons une playlist spéciale, consacrée à des musiciennes aux univers variés et aux talents multiples. Il y a de la gravité, de la légèreté, de la conscience, de l’insouciance. Avec toujours cette capacité à nous surprendre. Le monde de la musique est encore majoritairement masculin, mais les choses évoluent. Les femmes n’ont pas à être comparées aux hommes en la matière. Nous voyons effectivement que, techniquement comme artistiquement, la frontière n’existe pas, n’existe plus, que les femmes sont l’égal des hommes. Et c’est tant mieux ! Rappelons néanmoins que certaines maisons se sont tristement illustrées par des pratiques d’un autre âge il n’y a pas de cela très longtemps. Fort heureusement, l’indignation suscitée est d’ampleur. La musique doit être un espace d’intelligences, pas d’emprise des uns sur les autres. Des belles initiatives ont vu le jour, nous les constatons, et nous espérons qu’elles seront suivies de plusieurs, pour que cessent définitivement toutes ces formes de violence.

playlist droits de la femmesVOXAVOX

Il faut commencer cette playlist spéciale, en cette journée des droits de la femme, par un titre puissant, fort, et surtout important. Alors nous choisissons, comme une forme d’évidence celui de VoxAvox, Intrusion. Un titre qui parle de violence, faites aux femmes, il va sans dire. Musicalement, le titre repose sur une musique répétitive, grave, angoissante, posée sur deux notes, répétées à l’infini, comme issues de la partition d’un couple défaillant, comme issues de la répétition de situations incontrôlables, imprévisibles aussi. Car nous le savons, même si nous n’en avons pas été témoins, que la violence survient pour un rien, pour un oui pour un non, elle n’a pas de raisons d’être à proprement parler, car elle est elle-même générée par une maladie. Elle n’est en un sens pas gratuite (elle peut l’être), elle est juste d’une banalité terrifiante, écrasante.

Les paroles, elles, parlent d’elles-mêmes. Nous n’avons nul besoin de vous les expliquer. Chantées avec une incroyable force, de celle qui sort directement du bide, cri de révolte, cri de douleur, cri de désespoir, cri d’incompréhension, cri de détresse, cri, cri, cri. Dans ce texte, VoxAvox (Charlotte Cegarra ) parvient, par la force de ses mots, à décrire avec perfection l’état dans lequel la femme se retrouve, avec ces maux qui fusent, ceux qu’elles ressent, ceux dont on lui fait croire qu’elle est la cause. Et alors ? Qu’est-ce qui change ? Petit à petit, il apparaît que les choses bougen, un peu, lentement, comme si… Comme si quoi ? Comme si l’homme, dans sa toute puissance avait peur que la femme prenne sa place ? On ne sait pas, nous n’avons pas de réponse. C’est bien le plus déroutant c’est qu’il n’y a pas de raisons. Nous ne pouvons qu’espérer que les femmes seront un jour entendues, véritablement, sans jugement. Mais pour ça, il faut qu’il y en ait plus à toutes les strates de la société (y compris dans les commissariats qui reçoivent les plaintes). Enfin bref…. Titre coup de poing !

SLURP, Baby

Girls band, Slurp nous propose un morceau rock concis, aux accents circonflexes punk. Pas grand-chose de plus à dire, si ce n’est que l’esthétique du clip contraste avec l’esprit presque do it yourself du morceau. Et puis, elle place, cette vidéo, le groupe dans un univers à la black miror, où les outils de réalité virtuelle n’empêchent pas de… Mais on vous laisse découvrir ça avec le clip.

Ce groupe, trio de femmes dans un style bien souvent (très) masculin, celui du garage rock (ici agrémenté d’une belle dose de pop), n’a rien à envier à leurs homologues,notamment en matière d’efficacité mélodique (et d’efficacité tout court). On savoure !

GIZELLE SMITH

Reprendre Kate Bush, il y a pire idée. Il y a plus simple aussi. Mais ici, Gizelle Smith fait preuve d’une audace magnifique et nous propose une relecture funky du morceau de la Britannique, en son temps couvée par David Gilmour. La chaleur émanant de King of the mountains, son ampleur nous laisse sur pantois, notamment car portée par une voix sublime, mais également par une musicalité riche, mélange de soul, funk et éléments électroniques discrets. Ce morceau nous file une pêche d’enfer pour affronter un lundi comme tant d’autre.s On apprécie grandement !

NELL

Si VoxAvox n’y va pas avec le dos de la cuillère, Nell propose une autre vision des violences faites aux femmes, de façon plus légère (mais aussi impactante), preuve s’il en est que la journée des droits de la femme peut prendre plusieurs direction pour arriver à la même destination. S’il était besoin de le préciser (mais qui a encore l’esprit aussi étroit), une femme peut s’aventurer dans le blues rock avec réussite. Preuve avec Nell et son I forget to be pretty, mélange de blues rock, avec refrain plus pop. Le résultat est à la fois porté par un sentiment profond, porté par le blues, et un côté plus léger, par l’aspect pop. La composition permet ce grand écart avec brio, notamment par le travail sur le son qui ne varie pas d’un iota, liant les deux parties avec une réussite qui n’est pas à démontrer. Mais c’est véritablement le chant, et le texte, qui font l’homogénéité du morceau, ici mis en images de façon plutôt explicite. Impossible de passer à côté.

WOLF ALICE

Dans un style plus pop, rappelant parfois un peu l’univers d’Agnes Obel, Wolf Alice nous transporte dans une balade rêveuse. Sans gros effet, elle pose sa ligne de chant avec délicatesse, presque avec fragilité, sur le début de The last man on the earth, avant qu’elle gagne en puissance ce qu’elle semble perdre en présence. Au final, ce titre dégage un sentiment d’exaltation très fort, qui nous amène au bord des larmes.

NOVEMBER ULTRA

Poursuivons cette playlist spéciale consacrée à la journée des droits de la femme par une histoire d’amour…

Dans un genre plus « urbain » mais avec beaucoup de guillemet, November ultra nous propose Miel, un morceau doux, mélancolique. Si le clip est plutôt rigolo, il contraste avec le spleen émanant de la ligne de chant. Ce contraste met en valeur, justement, les attributs vocaux de la dame, Elle y chante la « rupture douce-amère, fruit d’une prise de conscience du poids de la société et de ses injonctions à se marier, à avoir des enfants même si l’on n’est pas prêt.e.s ou pas avec la bonne personne. “Miel” questionne de façon suave la complexité de ce contre-la-montre vers le bonheur et ouvre à la possibilité d’oser se quitter pour se permettre d’avancer. »

Le clip, réalisé par Zite & Léo, nous évoque le It’s oh so quiet, titre de Bjork mis en images par Gondry, pour ses aspects chatoyants, et une esthétique évoquant, dans les tenues, la coiffure, et la tapisserie, les années 60-70.

GIRL IN RED

On a déjà eu l’occasion de parler de cette artiste prometteuse. Sous des aspects très pop, elle ose casser le fil de sa pensée pour y apporter une touche hip-hop qui fonctionne complètement dans le cas présent. Son premier album if I could make it go quiet  paraîtra le 30 avril prochain.

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