01-23 De Grande à Bank Myna

Première sélection musicale de 2023

On reprend les bonnes vieilles habitudes en vous proposant notre sélection hebdomadaire. 01-23, pour la première de cette année, joue la carte des émotions fortes mais pudiques, et nous entraine dans des univers forts et captivants, où l’émotion se pose en équilibre sur un fil et nous bouleverse jusqu’au fond des entrailles.

GRANDE, Sommeil.

Comment rester insensible à la poésie qui émane de cette chanson. Celle-ci découle d’un choix précis des mots, d’une faculté à les exprimer avec force et douceur, tout en évitant les clichés et la facilité. Portée par une musique viscérale, organique (merci aux violons de Chloé Boureux), tumultueuse malgré le choix d’un tempo alangui, Grande nous livre avec Sommeil une œuvre forte et bouleversante. Au chant et aux guitares, Gabriel Devbray fait ressortir une intensité dramatique affolante. L’ensemble se veut une ode queer à la douceur, un exorcisme à l’insomnie. Et Sommeil figurera dans le premier album du groupe attendu pour cette année. Le duo est déjà responsable d’un EP, paru en 2020 et nommé Chasing the giant, qui avait fait parler de lui. On le comprend aisément tant ce Sommeil magnétique nous submerge de sa beauté lunaire.

SATYRIASIS & THE NYMPHO, I Like The Way You Move When You Walk Away

Délicatesse et orfèvrerie folk avec ce I like the way you move when you walk away. Arpège sensible, voix fragile, c’est la douceur qui nous agresse les oreilles. Avec sa production de coton, Satyriaisis & the Nympho, dont l’album L’assassin aux dents blanches sortira le 17/12/2022 chez les toujours très bon Les Disques Normal, fruit de la rencontre entre RowenaM et Yokiko Kamurasa, joue la carte d’une post folk enveloppante, qui ne manque pourtant pas de piquant et remet de la poésie là où la crudité des mots et le manque de pudeur semble souvent l’annihiler. On revient très vite sur cet objet sonore particulièrement immersif.

FOLLO, Divine

Univers électro captivant avec ce titre de Follo, Divine, extrait du second opus du producteur, Ecume. Surprenant, sensible, mais aussi vaguement angoissant, le clip qui accompagne divine évoque pour nous la fuite en avant dans des univers virtuels qui peuvent, à tort ou à raison, nous faire quitter le monde réel pour un ailleurs plus attrayant. La charge émotionnelle du titre, couplé à cet aspect cinématographique renforce les narrations communes et délivre un titre à fort impact visuel et auditif. Un voyage en somme, puisque nous quittons, nous aussi, en l’espace de 5 minutes, le monde physique pour celui de l’imaginaire.


MAYBE MERLIN, Maybe Merlin

Pop, avec un soupçon soul, légèrement électronique également, Maybe Merlin, duo composé de Georgia Ives (danseuse chez Galotta) et Vincent Brulin (Macadam Crocodile, Fortune, Alain Chamfort…) nous invite à l’introspection (sur les couplets) et à la danse (sur les refrains). Composition maligne, déjouant les pièges du déjà-vu déjà entendu, le titre nous propose des contrastes intéressants, portés à la fois par une voix à l’expression parfaite et une dynamique plutôt positive, même si légèrement teintée d’une légère pointe mélancolique, ou mélancolique, joyeuse. Le premier EP du duo paraîtra à la fin du mois.

BANK MYNA, The open door (Stellar Frequencies Sessions)

Ce n’est pas la première fois que nous partageons une des sessions live de Stellar Frequencies, et nous imaginons que ce n’est pas non plus la dernière. Il faut dire que le groupe mis à l’honneur cette fois-ci, à savoir Bank Myna, nous propulse très loin dans un univers aux images envoûtantes, où chacun est libre de laisser vaquer son imaginaire. A la fois expérimental, post rock et ambient, le groupe prend le temps de poser les bases de sa musique, instaurant un climat à la fois mystérieux et légèrement oppressant, dramatique. Quand la voix apporte ses vocalises, nous imaginons un pays de dunes, balayé par des vents chauds et pourquoi pas cosmiques. Petit à petit, la trame se resserre, dégageant des sonorités sombres mais également une lumière qui nous gonfle le cœur d’optimisme et de force.

Plus qu’un simple morceau de musique, c’est un véritable voyage sensoriel auquel nous invite la formation parisienne, dont le premier album Volaverunt est paru en Février 2022.

Patrick Béguinel

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