HUCKLEBERRY FINN JR, En route pour la gloire

huckleberry finn jr1er mini album d’Huckleberry Finn jr.

Huckelberry Finn, c’est le pote de Ton Sawyer, tous deux héros de Mark Twain. Et Huckleberry Finn Jr., c’est le descendant du premier nommé. Il nous propose de découvrir son premier EP, En route pour la gloire, sorte de poursuite des rêves de liberté de son aïeul. Et de la liberté, il y en a plein dans ce mini album qui perpétue, avec une grâce sépia, l’esprit Hobo cher à l’imaginaire américain.

Il faut dire que, si ce n’était le chant en français (nous y reviendrons), cet album sent bon les vertes pairies du midwest américain, ou les terres riches du delta du Mississipi. Toute acoustique, guitare, banjo, harmonica, guimbarde (avec un chouïa d’orgue sur Quand j’partirai), le vagabond Huckleberry Finn Jr. enregistre ses morceaux en partie sur un 8 pistes cassette. Au niveau du son, cela nous donne une véritable couleur vintage, traditionnelle, et surtout respectueuse de la musique des ainés. Folk, blues (avec la slide qui donne une identité à un titre comme La déveine), country.

Comme un C.W Stoneking à l’époque de son formidable Jungle blues, Huckleberry Finn Jr. se fout bien d’être à la mode, ou d’être rétro (ou conservateur). Sa démarche, pleine d’âme, de générosité, de sincérité transpose cette musique hors d’âge dans un espace temps bien présent. Allez savoir si la pandémie ne donne pas une couleur particulière à l’ensemble, avec le besoin de réunion (ou communion) qu’ont suscité les différents confinements ? En tout cas, la musique d’En route pour la gloire fait sens.

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En français dans le texte ?

Eh oui, tout ici est exprimé en français, hormis quelques mots sur Happy. Alors vous nous direz l’esprit hobo, l’esprit folk, blues, country doit forcément être perverti ! Eh bien pas du tout. Les lignes de chant, l’accent, tout correspond à une musique faite avec les tripes, avec respect, avec même cette forme d’innocence toute enfantine croyant en des lendemains plus rassurants, plus optimistes, plein de nouvelles rencontres et prises de conscience individuelles et collectives.

Au niveau des textes, même constat. Même si les paroles n’évoquent pas forcément l’idée de voyage, de vagabondage, c’est pourtant ce souffle de liberté qu’elles évoquent. Liberté d’agir, d’aimer, de le dire, de choisir son propre chemin de vie, de faire fi des injonctions quelle qu’elles soient, bref, d’assumer ses envies, de réaliser ses rêves, quoi qu’il advienne. Les symboles américains sont présents, comme cette référence à faire confiance à Dieu (auquel Huckleberry Finn Jr. répond « je ne crois qu’en mes pas »), mais le propos y est très humain, porteur d’une vérité universelle, celle qui réunit les Hommes au-delà des cultes religieux ou sociétaux/monétaires.

Le personnage d’Huckleberry Finn Jr. s’avère des plus sympathiques, des plus purs qui soient. Une seule envie se fait ressentir, à l’écoute de ce mini album (hélas trop court avec ses seulement 23 minutes), c’est cette envie de célébrer la vie, comme il se doit, en arrêtant de se prendre la tête pour des futilités. Et en retrouvant ceux qui nous sont chers autour d’un bon repas, avant de reprendre sa route, au soleil couchant,évidemment.

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