COLIN JOHNCO However far away

colin johnco – however fareway

La musique de Colin Johnco est viscérale. Elle vous prend et ne vous lâche pas. Sa musique est électronique, mais elle réveille des fantômes analogiques plantés-là, quelque part dans votre crâne. La musique de Colin Johnco ressemble à un rêve qui virerait au cauchemar, oscillant entre douceur, rêverie, noirceur, jamais très loin de surgir d’un coin lumineux.

However Far away, son album 8 titres, est un voyage stupéfiant, une spirale dont il est impossible de s’extraire véritablement. Hanté pourrait être le terme qui qualifierait le mieux l’état dans lequel nous nous trouvons après avoir ingéré cette musique organique. Hanté face à une immensité que nous ne saurions traverser, hanté d’être nous-même dans ce monde de tarés. Hanté de vouloir éveiller notre conscience endormie.

Ces pistes, étirant des boucles synthétiques à n’en plus finir, se frayent un chemin dans le dédale effrayant de notre psyché, font ressortir quelques éléments de notre vie que nous avions à tort oublié, un souvenir de douceur, de tendresse, mais fait également ressortir ceux que nous n’aurions osés réveillés ou faire remonter à la surface.

Pourtant, les titres sont beaux, lents, majestueux, contemplatifs. Ils nous regardent du dedans, nous plongent dans l’introspection, cherchent la vérité. Si d’apparence tout est bien qui commence bien, ces plages alanguies réveillent le côté négatif qui sommeille en nous. Ou l’âme pure, nous ne savons plus trop, parce que celle-ci aussi fait peur, peu habitués que nous sommes à la côtoyer.

Si nous considérons la musique de Colin Johnco comme de la dream pop synthétique avec ses plages planantes, il s’agit bien évidemment de musique électronique pure et dure. Néanmoins, il n’est pas ici question de techno mais véritablement d’une musique instrumentale propice à l’ouverture des chakras. Il s’avère néanmoins utile d’écouter ce disque consciencieusement, car chaque nappe apporte sa touche, déjoue les plans préconçus, renforce l’univers déjà présent, nous embarque vers un ailleurs que nous ne fantasmions même pas.

Si l’expérience sensorielle est totale tant nous nous immergeons dans cet univers ouaté, elle ferait presque ressortir tout l’extra-sensoriel dont nous sommes gorgées. Parfois angoissante, parfois reposante, la musique de Colin Johnco ne laisse pas indifférent et propose une gamme d’émotions assez vertigineuse.

Ou comment réveiller ce que renferme notre cœur.

Comments (3)

  • LITZIC

    […] (aka Robin Margerin). Après l’électro instrumentale de Colin Johnco (la chronique est ici), c’est au tour de ce projet inclassable de prendre place sur nos platines, toujours […]

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  • LOSANGE Quartz/Final (Quartz remix) - LITZIC

    […] Final, l’album de remix (7 des 8 titres de Quartz sont remixés, dont deux fois Atone, contre aucun pour Idoles) respecte assez fidèlement la trame dessinée par Losange. Bien évidemment, les différents « remixeurs » y apportent une part de leur originalité/personnalité mais avec un respect certain pour l’œuvre originale. Nous retrouvons aux manettes Roméo Poirier, Onelight, Breadcrumbs, Yanozoto, Formamentis, Solidstaits et Colin Johnco (dont nous avions chroniqué l’album However Far away ICI). […]

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  • NINJA CYBORG The sunny road - LITZIC commentez partagez

    […] Autre artiste électro : Colin Johnco […]

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