The dandy warhols, BT93, Franck Rabeyrolles, Kamici, Girl in red

Sélection de quelques titres pour égayer votre confinement.

Afin de repousser encore un peu plus le marasme actuel, découvrez une sélection de quelques titres, en mode vidéo. Retrouvez The Dandy Warhols, BT 93, Franck Rabeyrolles, Kamici et Girl in red dans cette sélection “pop”.

The Dandy Warhols.

Qui aurait cru que les Dandy Warhols seraient de la partie, de cette façon du moins, durant cette période de confinement ? Pas nous à vrai dire. Faut-il encore présenter le génial groupe de Portland, mené par le charismatique Courtney Taylor Taylor ? Non, nous ne pensons pas. Alors, quelle actualité le quatuor nous propose-t-il pendant cet étrange flottement ayant commencé il y a déjà un mois ? Un concert filmé chez eux ? Un clip « made in confinement » ? Rien de tout cela. Le groupe vient en effet de sortir, comme ça, un album. Qui dure 4 heures. Rien que ça.

En effet, Tafelmuzik means more when you’re alone propose 4 heures de musique instrumentale. Pas forcément ce à quoi nous a habitués le groupe jusqu’à présent, même si nous connaissons son appétence pour les morceaux étirés sur plusieurs minutes. Pour bien comprendre ce qui se joue ici, le mieux est déjà d’expliquer ce que signifie le terme « Tafelmusik ». Il s’agit d’un genre de musique légère et gaie jouée en général pendant les banquets (donc remontant relativement loin dans le temps). Courntey dit ceci : « J’écoute beaucoup de Tafelmusik du XVIIe siècle, et un peu de la fin de la Renaissance. J’organise beaucoup de dîners entre amis, je voulais donc faire la musique parfaite pour les accompagner. »

the dandy warhols tafelmuzik means more when you're alone

 

 

Site officiel The Dandy Warhols

Pied-de-nez au confinement

Comme un pied-de-nez au confinement, The Dandy Warhols sort cet album sur un coup de tête (une tournée devait commencer début avril sur la côte est des États-Unis) comme l’explique Zia Mac Cab : « J’ai vu sur notre fan page que les gens postaient des vidéos d’anciens concerts, d’interviews, des clips, et je me suis rendu compte qu’ils voulaient de la nouveauté, mais qu’on ne pourrait jamais sortir un album à temps. J’avais récemment écouté notre album de Tafelmusik, qu’on n’avait jamais sorti, et je me suis dit que ce serait parfait. Premièrement parce qu’on pouvait le sortir vite, et aussi parce que la musique elle-même pouvait jouer le rôle du palliatif idéal en ces temps troublés. Sans être, évidemment, un traitement miracle, il pourrait au moins aider à guérir de l’ennui – et sa nature légère pourrait élever les esprits au cours des sessions de rangement des placards et des tiroirs. »

Zia conclut sur ces mots : « Je pense aussi que ce sera un beau cadeau pour tous ceux qui entament ce voyage musical aujourd’hui seul et qui pourront avoir le plaisir de le réécouter enfin lors d’un véritable festin avec quelques-uns des proches qui leur auront tant manqué. »
Qu’ajouter de plus ?

BT93.

BT93Dans un style totalement différent, puisque ressurgissant des limbes du début des années 90 par la grâce de la réédition, découvrez (ou redécouvrez) la musique de BT 93 dans ce titre Références forcément plus vintage que nature. BT 93 sort, un peu par hasard, du placard en 2020 (ses titres ont été composés entre 1989 et 1994) en s’invitant sur les dancefloors des soirées branchées, sans que quiconque sache exactement d’où ça vient. On comprend cependant l’engouement que peuvent provoquer ses synthés analogiques et ses textes amers, désabusés, sur la société, qui auraient donc tendance à nous faire ranger BT93 dans la catégorie punk/post-punk.

Album disponible en juin 2020 chez Dragon Accel / LandR

Refoulé par l’industrie musicale, BT93 laisse tomber tout cela, jusqu’à ce que des petits malins viennent réveiller chez lui le fantôme des rêves passés. Bon, sa première réaction, lui qui est devenu sérieux, raisonnable et entrepreneur (comme quoi…), quand ces fans viennent le chercher est : « Pas bien caca ! » Mais… Selon la rumeur, il aurait tout plaqué, le costard, la cravate et la montre. Il reste anonyme, mais accepte la diffusion de ses chansons sur les plateformes numériques. Elles n’en ont pas fini avec lui.

Ni avec nous.

Frank Rabeyrolles.

Un autre titre instrumental, comme pour faire dire aux Dandy Warhols qu’ils n’ont pas le monopole, sur ce coup-là. Last Smoke de Frank Rabeyrolles nous plonge dans les vapeurs d’une musique pop aérienne légèrement métissée d’électronique. Pour nous, elle évoque, de loin, certains morceaux des géniaux Mogwai. Pas dur de faire la comparaison, notamment parce que tous ces musiciens savent y faire avec les nappes de synthés, élégiaques, les arpèges délicats de guitares qui font rejaillir les émotions les plus enfouies, confinées, dans nos corps arrêtés.

Avec ses 2 minutes et 47 secondes, Last Smoke nous transporte dans le monde des songes, de l’introspection, nous fait quitter, l’espace d’un instant, les 4 murs derrière lesquels nous tournons, comme des âmes en peine, en rond.
Materia Prima, l’album 8 titres dans lequel figure Last Smoke, devait initialement sortir sur le label Castles in Space en Angleterre. Comme, au regard de la situation, sa sortie a été décalée en 2021, Frank Rabeyrolles le sortira sur son propre label Wool Recordings, début juillet. En attendant, découvrez le clip lo-fi de ce titre léger quoi que légèrement mélancolique.

Page Facebook Franck Rabeyrolles

Kacimi.

Pop teintée de cet accent américain évoquant la country, Kacimi nous propose Gyrophare. Alors Kacimi, c’est le leader des géniaux The Rebels of Tijuana (dont le dernier EP en date, La Dominicaine, avait été chroniqué par nos soins ICI). Ici, point de rock garage mais une pop chaleureuse, aux reflets nostalgiques, presque mélancoliques. Gyrophare parle d’amour, sur fond de pedal steel, ce qui lui donne à la fois une approche country comme nous le disions plus haut, mais également un charme rétro sixties absolument addictif.

Comme avec The rebels of Tijuana, Kacimi est ici entouré de Christian Hierro (mais avec une équipe de musiciens genevois) et a enregistré ce titre sur bande, dans les studios Back To Mono à Lyon. La vidéo quant à elle a été réalisé par Alexandre Schild.

Page facebook de Kacimi

Girl in red.

Nous vous avions déjà parlé de Girl in red il y a quelque temps (revoir le clip Chapter 2 ICI). Elle est également lauréate de la dernière édition du Mmeta. Preuve d’un certain talent (c’est un euphémisme). Elle nous revient avec un nouveau titre, pop, Midnight love, nous évoquant un peu le travail d’Holly Miranda, notamment par cette atmosphère particulière émanant de l’évanescence de sa musique. Celle-ci se disperse, comme un pissenlit sur lequel nous soufflerions, dans une production cotonneuse, chaleureuse, dispensant au fil de son souffle un espoir délicat, une force combative, même si une certaine mélancolie ne semble jamais très loin.

En effet, cette mélancolie, cette amertume, quoique légère, est expliquée ainsi par la musicienne : ”Midnight Love me semble être ma meilleure réalisation. C’est ma première chanson avec un piano mais l’approche de l’écriture était aussi un peu différente de d’habitude. Même si je la chante de mon point de vue, en tant que « victime », dans la vraie vie c’est moi qui étais « la méchante ».

Une amie proche a été traité de la même manière que j’avais traité quelqu’un d’autre. Comme cette personne lui envoyait des textos la nuit pour lui demander s’ils pouvaient se retrouver, ça lui donnait en quelque sorte le faux espoir que leur relation était particulière, alors elle disait toujours oui. Voir cela de si près m’a donné une certaine perspective et j’ai réalisé que ma situation était très similaire. Cette chanson est donc à peu près moi qui réfléchit à quel point j’ai fait du mal à quelqu’un d’autre. Même si je n’ai jamais voulu être une mauvaise personne, je l’étais. Nous nous sommes revus récemment après qu’elle ait écouté la chanson et je me suis excusé. je pense qu’elle m’a pardonné.”

 

Girl in red

credit DR

 

 

 

Site officiel Girl in red

 

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