RODOLPHE LE DORNER Virt(u)els

Nous sommes en 2076. L’humanité s’apprête à célébrer les J.O à Paris. Malgré les menaces d’attentats, une partie de la population se rend sur place pour la cérémonie d’ouverture. Les autres se connectent à un appareil de réalité virtuelle de nouvelle génération censé proposer une immersion totale et inédite, en toute sécurité. Mais alors que la cérémonie se passe sans encombre dans le monde réel, une surcharge emprisonne l’esprit des personnes reliées à l’appareil de réalité virtuelle. Ils resteront captifs et créeront un monde à eux, Édenya.

Virt(u)els de Rodolphe le Dorner (auto-édition librinova) nous plonge dans un univers dystopique ou la frontière entre la réalité à la virtualité est quasiment abolie. Ce techno-thriller, dont il s’agit du premier tome, nous maintient en haleine de bout en bout grâce à des personnages attachants, des dialogues vivant et surtout un imaginaire réjouissant.

Si nous piétinons un peu au début du récit, c’est uniquement pour les mêmes raisons que les différents protagonistes. Ce qui va se passer et inédit, des attaques menacent de surgir de n’importe où, sauf du seul endroit que tous pensent imprenable. Et pourtant, l’impensable se produit. Des millions d’esprits se retrouvent captifs, errants, jusqu’à ce que deux guides les

sortent de leur enfer, Béatrice et Elyas. L’une veut retrouver le monde réel, l’autre non. Édenya se retrouvera alors scindé en deux, l’ouest pour Béatrice, l’est pour Elyas.

À l’intérieur de ses deux blocs, ils créent un monde nouveau, à la force de leur esprit capable de modeler l’espace (sans, en principe, pouvoir amener ses habitants à ressentir ce qui les entoure de façon physique : plus de douleur, pas de toucher). Le but de tous, ou du moins leur espoir, est de ressortir un jour (pour l’ouest) ou de s’épanouir dans ce paradis virtuel.

Le rythme est tendu du début à la fin. Nous imaginons aisément que nous pourrions, dans un futur proche, alors que les installations de réalités virtuelles fleurissent un peu partout, nous retrouver dans une situation analogue. Cela nous interroge d’une part sur ce point, de savoir jusqu’où nous pouvons/devons aller avec les univers virtuels, mais également sur tout ce qui se trame en ce moment quant à l’étanchéité de nos données sur le web.

Cette science-fiction qui n’en est pas vraiment une, plutôt une projection de ce que pourrait être notre avenir si nous ne sommes pas prudents, s’avère plutôt jouissive à lire, et frustrante lorsque nous arrivons à la toute fin du tome. Nous ne révélerons pas pourquoi, mais Rodolphe Le Dorner a bien compris les leçons de toutes les histoires à suite, à savoir s’arrêter sur une péripétie haletante. Nous attendons dès lors le tome deux pour savoir comment s’en sortiront Quentin, Rachel, les jumelles Annabelle et Lisa.

Vous l’aurez compris, Virt(u)els se déguste sans modération aucune, non, il se dévore. Si nous nous demandons pourquoi les quartiers d’Édenya sont dénommés 1st avenue et non première avenue (comme tout le reste est très Français dans le texte), il n’en demeure pas moins que l’ensemble est proche de la perfection tant le ratio crédibilité/imaginaire est élevé. Un roman que nous conseillons à tous ceux qui sont anxieux par nature de ce qui pourrait survenir si les savants fous ne s’arrêtent pas de créer des machines pour nous soustraire de la réalité.

À méditer.

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