TH DA FREAK H-sides

H-sides (Howlin’ banana records) est le second volume d’un double album de faces B (l’ensemble se nommant TH-sides), vous suivez?

Sans doute pensez-vous que nous récupérons là des miettes indigestes d’inutiles ou d’improductives cessions de studio, que l’artiste récupère les fonds de tiroirs, mais vous serez à des années-lumière de la vérité.

Ces nouveaux titres, 10, complètent le premier volume (T-sides). Ils sont d’une cohérence folle et justifient l’idée de ce H-sides. Et TH Da Freak l’a bien compris. Le potentiel était là et méritait d’être exposé à la face du rock. Car cet artiste propose en effet un rock à la limite de l’expérimentation, basculant par moments dans une forme plus pop, sans jamais renier l’apport de guitares cinglantes noyées dans des effets psychédéliques (delay notamment, réverb’, fuzz…) et surtout sans que jamais ce ne soit au détriment de bases mélodiques immédiatement assimilables.

Il y a comme une évidence à l’écoute de ce H-sides.

Elle réside, cette évidence, dans les sonorités de l’ensemble, duquel surgissent, tels de petits diables, des ritournelles d’une redoutable efficacité. Mélodiquement, TH Da Freak possède un dont certains, celui de paraître exactement là où il désire et non là où nous l’attendons. Pourtant, cela nous semble familier, comme un lointain souvenir qui serait exhumer pour notre seul plaisir.

Souvenir collectif ? Imaginaire fantasmé d’une culture balisée ?

Rien de tout cela, serions-nous tenter de dire. Certaines bases « folk » semblent survenir d’une période où les Dylan, Neil Young, dominaient le genre. Certaines bases rock évoquent, elle, les errances d’un Kurt Cobain fantomatique. Les approches plus pop sont quant à elles issues de générations entières de musiciens s’y étant frottés. Pourtant, tout sonne juste, comme si ce maelstrom dont tous les ingrédients étaient connus se mélangeait au gré des courants actuels.

Les adjonctions d’effets électroniques, parcimonieux, ne dénaturent pas l’ensemble. Ils apportent ce petit grain qui fait la différence avec des productions datant des années quatre-vingt-dix. Nous ne pensons à personne en particulier, mais TH Da Freak nous fait quand même penser au rock indé américain de ces années-là, qui virent exploser des groupes tels les Pixies, Pavement et consorts. De beaux noms dont n’a pas à rougir TH Da Freak (Thoineau Palis de son vrai nom).

Qu’ajouter à cela ? Pas grand-chose si ce n’est que l’artiste sortira début 2019 un nouvel album, Freakenstein, et que nous nous en pourléchons déjà les babines !

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