BERTRAND BELIN Persona

bertrand belin persona chronique

Nouvel album de Bertrand Belin, Persona

Une révélation personelle

Parler de nos expériences personnelles, de nos vécus, permet d’approcher une certaine forme de vérité. La nôtre était celle-ci : nous avions entendu parler de Bertrand Belin, évidemment, mais nous n’avions aucune envie de nous frotter à l’univers de ce chanteur. Faute à la dénomination commune de chanson française, il ne nous en fallait pas plus pour nous en écarter, pour le fuir comme la peste.

Et puis, au détour d’un communiqué de presse, annonçant la sortie de son album Persona (cinq7, wagram ) pour le 25 janvier, nous avons pris notre courage à deux mains pour visionner les vidéos annonçant la sortie dudit album, sans rien en attendre, enfin surtout pour nous conforter dans cette idée que Bertrand Belin n’en valait pas la peine. Et là…

L’évidence dans toute sa splendeur

Et là, comme une forme d’évidence, pour ne pas parler de coup de foudre. Pourquoi ? Comment ? L’une des vidéos s’appelle Choses nouvelles et son approche visuelle, dans un premier temps nous a surpris, titillé l’œil. Après l’œil, c’est l’oreille qui s’est trouvée titillée. Les sonorités de clavier, ce rythme indolent, le tout étant presque tribal, répétitif sans être lassant, s’accompagnait d’une voix à la diction très personnelle. Notre intérêt s’en trouvait décuplé, renforcé par la seconde vidéo annonçant la sortie du LP, Glissé Redressé.

Alors, à l’écoute de Persona, quelques-unes de nos barricades s’étaient déjà effondrées. Peut-être bien que par un trou de sourit Bertrand Belin s’était infiltré dans notre cortex cérébral et déjà distillait son venimeux poison, comme une drogue addictive à ce chant sensuel, suave, à ses rythmes instantanément mémorisables produisant au final une pop plutôt que de la chanson à proprement parlé.

Simplicité poétique

Ici, nous avons affaire à la simplicité. Simplicité dans les motifs musicaux, dans ces accords de guitares espacés, dans ces notes de piano en apesanteur, dans ce peu de paroles qui en dit tant. En effet, Bertrand Belin est un chanteur précieux qui en dit autant en hors-cadre qu’en pleine lumière. Ses textes reflètent une poésie du quotidien, du banal, de ce que l’œil de l’artiste continue à voir tandis que les aveugles, inconscients de l’être, passent à côté. Il dépeint des scènes quotidiennes en y instaurant un souffle épique, touchant, majestueux. La poésie dans toute sa splendeur, celle de tous petits riens magiques.

Cette simplicité s’impose à travers des systèmes répétitifs, récurrents, d’où s’échappe la complexité des arrangements. Bien qu’étant judicieusement choisis, utilisés avec parcimonie, ils élèvent les morceaux vers une sorte de beauté lunaire, pourtant loin d’être crépusculaire. Ils apportent le sel, tandis que les lignes de chant, les mélodies incomparables de Bertrand Belin en sont le sucre.

Dans deux jours, Persona sortira. Nous n’allons pas vous obliger à l’acheter, non, mais juste à découvrir ses vidéos (ICI par exemple). Dès lors, l’évidence sautera à vos yeux comme elle a sauté aux nôtres : il faudrait être fou pour passer à côté de ce chanteur à part dans le paysage musical français.

PS : on nous dit dans l’oreillette qu’en plus de chanter (Persona est son sixième album), Bertrand Belin est aussi écrivain (et aussi un peu acteur/danseur à ses heures perdues, enfin façon de parler). Toujours est-il qu’il sort, le même jour, son troisième roman, Grands Carnivores, chez P.O.L. Nous n’avons pas réussi à nous le procurer en avant-première, mais soyez sûr que nous vous en parlerons très prochainement.

Bertrand Belin site officiel

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