[LABEL] BLACK LILITH RECORDS, Féministe et queer.

Nous nous sommes entretenus avec Orane Guéneau, créatrice du label rennais Black Lilith Records.

C’est un nouveau label qui a vu le jour à Rennes. Il résulte de plusieurs constats et d’une colère non-feinte. Orane Guéneau, créatrice de Black Lilith records, a pris un peu de son temps pour répondre à nos questions et nous expliquer un peu la spécificité de ce label haut en couleur.

Queer et féministe.

Tout d’abord, il convient de (re)préciser ce qui signifie le terme queer. Plutôt que de mal le dire, on s’en remet à cet article du site Les Panthères Roses qui dit ceci : Le terme américain “queer” signifie étrange, louche, de travers. Insulte du vocabulaire populaire équivalent au français “pédé”, avec la connotation de “tordue”, queer s’oppose à “straight” (droit) qui désigne les hétérosexuels. Ce courant de pensée militant (Queer Theory) né dans les années 1990 remet en cause les catégories d’identité sexuelle : identités de genre (homme et femme) et d’orientation sexuelle (hétérosexuelLE et homosexuelLE). Le queer ne se limite pas à combattre les inégalités ou les dominations entre ces catégories – l’homophobie ou le patriarcat – mais remet en cause l’existence même de ces catégories. (suite de l’article)

dans le cas de Black lilith records, le terme queer est mis en avant, mais pas les termes LGBT qui sont réducteurs et visent, justement, à remettre des individus dans des cases quant à leur sexualité. Autrement dit, le label est ouvert à tous. Enfin, si le talent est au rendez-vous (et les exigences sont bien présentes).

Comment est né le label ?

Black lilith records est né du constat, malheureusement encore d’actualité, que, lorsque vous êtes une femme, c’est bien plus compliqué d’être signé sur un label, surtout si vous n’avez pas la tronche pour, si vous êtes « trop vieille » ou pas assez. Ne parlons même pas du cas où vous êtes trans. Bref, derrière le comptoir de son bar La part des anges à Rennes, Orane Guéneau voyait débouler des clientes/amies dépitées de ne pas parvenir à se faire signer.

Elle cherche auprès de Beast records (les gens bien côtoient des gens bien) un appui, où que ce label signe certaines de ces artistes, mais la ligne artistique de Beast diverge ostensiblement de celle de Black Lilith records. Alors, grâce à ce label, qui la pousse un peu (tout en l’aiguillant sur la façon de faire), Orane décide de créer Black lilith records, un nouveau label qui renferme déjà des pépites.

Sa spécificité ?

Outre le fait d’être queer et féministe, Black lilith records milite pour le made in breizh. Ainsi, tous les artistes signés sont pour l’heure bretons (sauf une artiste normande), tout est fait en Bretagne (hormis le cartonnage des vinyles, parce que ça ne se fait plus dans la région, ni en france puisqu’il provient d’Allemagne). Pour le reste, tout est fait de manière « locale », jusqu’aux goodies et visuels réalisés par l’Atelier Bonjoure. Évidemment, cela a un petit coût supplémentaire, mais l’éthique n’a pas de prix.

L’autre spécificité, un peu plus dans la logique d’un label, c’est de proposer un véritable travail d’accompagnement, de défendre ses artistes, de proposer aussi un véritable espace de paroles (souvent, les femmes qui arrivent là en ont gros sur la patate de ne pas se voir défendu par aucun label). Parce que toutes sont passées par le chemin de croix d’un univers souvent très masculin, avec tout ce que cela peut comporter de violences (dans le pire des cas, mais même une drague éhontée est une violence). Autrement dit, Black lilith records propose une véritable écoute, sait aiguiller les artistes et pointer les manques artistiques à revoir. Tous les labels ne le font pas, c’est la raison pour laquelle nous le précisons.

À venir ?

Le label, qui regroupe déjà 18 artistes (toutes étapes artistiques comprises) s’apprête à sortir un album compile, justement nommé Black Lilith, de 10 titres le 18 décembre (sur vinyle, contre 12 sur la version numérique). Parmi les artistes : LuXure, Ava & Primates, NobräKlub & Nemour, NobräKlub & Arthur d’Haeyer, Roxane, Léa & Sonikem, Querelle, Mamel, Barbara Rivage, Hélène Bertrand & The bridge.

Le style ? Un mélange de musique à la fois pop, hip-hop, trap, électro, avec toujours un énorme travail sur les paroles. Mais on vous en reparle sans trop tarder. Ce que nous pouvons déjà vous dire c’est que cette brochette d’artistes, pas forcément musiciennes à la base, propose des univers riches, forts (mais on vous en reparle dans pas longtemps). Enfin, Orane Guéneau nous a d’ores et déjà annoncé que le label travaille sur 5 LP qui devraient voir le jour « rapidement » et que 10 projets sont en étude.

De quoi laisser espérer de belles choses dans les mois à venir.

black lilith

relire un entretien avec un patron de maison d’édition (David Laurençon)

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