[ ROMAN ] STEFF S., Encore ! Porno bienveillant

Encore !, romance pornographique de Steff S. (disponible chez Libertine Éditions).

Nous ne sommes pas forcément des connaisseurs de la littéraire érotique, ici pornographique, néanmoins, il faut bien une première fois. C’est chose faite avec Encore ! le roman de Steff S., notre auteur du mois de mai. Dans le présent cas, ce porno s’avère proche de la romance, sur laquelle plane toujours un sentiment de bienveillance. Contradictoire ? Pas si sûr de cela.

L’histoire.

Nous n’allons pas vous faire un résumé de quinze lignes ici. Comme pour les films de ce genre, le scénario tient en une ligne. Manie travaille pour le rappeur Fifty Green. Un jour, ils basculent et couchent ensemble, pour le fun. Naîtra le début d’une relation plus suivi qui les mènera à l’Orgigami, un club libertin où la luxure prend de drôle de tournure pour l’héroïne et la révèlera à elle-même, et à Fifty Green.

Finalement, le synopsis tient en plus d’une ligne, comme quoi il faut toujours se méfier des a priori. Ce côté épuré de la trame d’ Encore ! Est totalement voulu et assumé par Steff S.. Son désir, avec ce roman : émoustiller le lecteur, le pousser dans la débauche de ce couple relativement improbable mais qui s’avère, au fil des pages que nous tournons, un vrai couple d’amoureux auquel il est plus que difficile de ne pas s’attacher.

Sexe à tous les étages.

Manie est une femme moderne. Elle aime le sexe, ne s’en cache pas vraiment, ne vois pas dans l’amour et pire, dans le mariage, l’aboutissement d’une vie. Autrement dit, elle veut s’amuser, profiter des plaisirs de la vie, et cela inclut d’avoir des relations sexuelles avec un nombre important de partenaires. Aux États-Unis pour le travail, elle tombe sous le charme de son employeur, le rappeur Fifty Green dont le corps la fait littéralement mouiller.

Quand, de fil en aiguille, il lui fait des avances, elle ne résiste pas. Et sa vie prendra une tournure inédite, faite de sexe et de ce sentiment qui ne cesse de faire tourner les hommes et les femmes chèvres. Pour autant, cela ne calme pas la frénésie sexuelle de la jeune femme, notamment lorsqu’elle doit regagner la France sans son amant (pour qui elle commence à ressentir des frissons pas uniquement liés au plaisir). Avec lui, elle a découvert le club libertin pour V.I.P l’Orgigami où elle s’adonne à la soumission la plus extrême.

Des personnages attachants.

Contrairement à ce que nous pourrions penser, la psychologie des personnages n’est pas aussi plate que la poitrine de Jane Birkin. En effet, le jeu de l’écriture oblige, malgré les aspects très charnels de celle de Steff S., à entrer dans la tête des protagonistes (combien même nous entrons également dans leur corps). Manie est une femme qui voit dans le sexe un vecteur de plaisir, tandis que dans le sentiment amoureux elle imagine une sorte de piège conduisant à la routine (et pouvant la priver de cet exercice corporel qu’elle aime tant). Quand les affres de l’amour l’effleurent, elle refuse d’y succomber, mais bien malgré elle, cela la ronge. L’idée de séparation d’avec « son » rappeur la dévaste. Comme remède, cure de sexe avec des étrangers pour tenter d’oublier la fougue des ébats (et l’odeur, et le sexe) de son partenaire.

Néanmoins, rien ne la rassasie, du moins ne comble en rien ce mal-être psychologique d’être séparée de celui qu’on aime. Le manque de l’autre prend ici la tournure d’ébats sensuels très crus dans la forme, mais qui reviennent sans cesse sur les sentiments de l’héroïne. Fifty Green est lui moins détaillé, ce qui est normal, la narratrice étant Manie, néanmoins des éléments sur sa psychologie sont aussi détaillés. Bon coup, bourreau de travail (nous le devinons à travers les lignes), adepte du club libertin où il possède sa propre place de parking, il est aussi un homme moderne, qui respecte la femme, qui participe aux tâches ménagères, un artiste « accessible » qui plus est. Bref, il se rapproche de l’homme idéal, doté qui plus est d’arguments anatomiques à faire pâlir d’envie Rocco Sifredi.

La plume.

La plume de Steff S., dans Encore ! va à l’essentiel. Une rencontre, une scène de baise, une autre rencontre, une autre scène de baise etc… Le vocabulaire ne prend pas de détour, contourne le spectre du romantisme (que Manie exècre), est fait de pénétrations vaginales et anales, de fellations, de cunnilingus, d’exhibitions, de domination. Évidemment, vous vous doutez que les termes sont plus viscéraux, organiques que ceux que nous employons, le feux des ébats les dirigeants vers un langage plus familier. Rien de choquant car ils correspondent à la vie, simplement.

Si le scénario est simple, Steff S. ne sacrifie pour autant pas les enchaînements de situations en une phrase. Nous suivons une trame certes allégée, où peu de descriptions prennent place, ou le prétexte est juste de se retrouver dans une nouvelle scène sensuelle/sexuelle, néanmoins la logique de l’histoire se déroule avec fluidité et un minimum de corps. De plus, l’écriture de Steff S. se rapproche de l’embrasement (et donc de la multiplication des émotions) de l’amour et de la frénésie de l’envie de découvrir le corps de son amant. Nous retrouvons donc des émotions/sentiments qui nous rapprochent du vécu de chacun d’entre nous. Pour le reste, rien à redire sur la qualité d’écriture.

Fleur bleue sulfureuse.

Malgré toutes ses allusions aux plaisirs charnels et sulfureux, sous toutes leurs coutures, Encore ! Reste (presque) fleur bleue, auréolé d’une (presque) naïveté. Et c’est tant mieux car cela détourne l’aspect sexuel de tout vice, de toute similitude avec un état animal ou bestial. Non, il est accompagné ici de valeurs le détournant du porno (dans sa globalité). De plus, la femme y est mise en avant, comme personnage principal, ce qui est loin d’être le cas dans le porno, hormis peut-être celui dit « éthique » ou réalisé par des femmes (on pense à Ovidie). Bref, Encore ! nous donne envie d’y retourner (et donc mérite bien son nom).

Steff.S encore

Retrouver Steff S. sur sa page FB

Retrouver la présentation de Steff S. ICI

Notes bibliographiques : Voici les références de quelques ouvrages de Steff S.

Chez Libertine Editions
Encore !
Number One.

Chez Evidence Editions
– Réveillez vos sens au Montcristal
– Réveillez votre sixième sens au Montcristal
– Brûlez vos sens au Montcristal

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