SAMY THIÉBAULT Caribbean stories

Samy Thiébault possède des origines françaises de par son père et marocaines de par sa mère. Pourtant il nous conduit aux caraïbes avec son album assez logiquement appelé Caribean stories. Son LP est un voyage au pays du soleil, de la danse et de la musique.

Samy Thiébault est jazzman, saxophoniste, et il trimballe son instrument un peu partout avec lui, tant dans ses voyages que dans ses envies. Il se trouve qu’il s’est pris de passion pour les rythmes caribéens, le calypso, le merengue, d’où cette création qui en est fortement teintée. Nous y retrouvons également quelques accents de salsa, de samba. Le voyage peut commencer.

Ces musiques, le jazzman les a écoutées, les a comprises, puis les a fusionnées à travers son jazz aux ramifications tentaculaires. Il nous est bien difficile d’affirmer que Caribbean stories est simplement jazz, ou simplement merengue, non, il est quelque chose d’autre, de plus universel, de plus terrien également.

Pour nous, il s’agit d’un disque simplement fait de soleil, de générosité, de partage. Il est aussi synonyme de découverte de cultures qui nous sont parfois étrangères, parfois même rédhibitoires (bien souvent à cause de notre ignorance). C’est un peu comme si Samy Thiébault faisait preuve, avec nous, de pédagogie en vulgarisant cette musique aux antipodes de notre culture européenne.

Attention, qui dit vulgarisation ne dit pas manque de respect, détournement ou qualité au rabais !

Non, ce disque dégage un pouvoir attractif réel, saisissant, combien même nous serions allergiques à toute cette musique dite « du monde ». Nous retrouvons ici la chaleur des cuivres ou d’une guitare jazz flamboyante, quelques envolées groupées de voix évoquant le Buena Vista Social club, des percussions toute en finesse et doigté. La virtuosité est présente, elle ruisselle des 10 titres comme la sueur sur le corps des danseurs.

Et le saxo. Que dire de la pratique de cet instrument qui, finalement, et malgré le fait que le disque soit celui de Samy Thiébault, n’est en rien écrasant ou prédominant. Non, il fait partie du groupe, s’intègre à merveille dans les compositions, sait les laisser respirer, les laisser vivre sans lui. Quand il est présent, il chante, il rit, il pleure aussi, il s’exprime à travers la poésie émanant des caraïbes et de la beauté (parfois tragique) de leur histoire.

Il n’existe aucune fausse note dans ce disque profondément humain. Il signe le début de l’automne et les teintes rouges orangées qui prendront bientôt place dans nos forêts et campagnes. Il saura nous réchauffer aux premières gelées et nous proposer des paysages ensoleillés au plus profond de l’hiver, avant que ne surgissent à nouveau le printemps et l’été, et avec eux les envies de faire la fête et danser.

Beau comme un coucher de soleil, là-bas, si loin.

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