[ LP ] DOUBLE DATE WITH DEATH, L’au-delà (vers l’infini?)

Nouvel album des Canadiens de Double Date With Death, L’au-delà (disponible le 10 janvier chez Howlin’ Banana Records, en coproduction avec le label US Resurrection Records)

Nous ne dirons jamais assez de bien de nos cousins Canadiens . Tant que ceux-ci ne versent pas dans la chanson française mièvre et sans aspérité. Ce qui n’est nullement le cas du trio Montréalais Double Date With Death qui sort très prochainement L’au-delà, un disque pop punk jubilatoire et libérateur.

Basique.

Il y a quelque chose de basique chez Double date with death, un côté irrémédiablement adolescent, puéril, mais qui sait évoluer, muer en quelque chose de presque adulte (presque parce que être adulte, c’est tout sauf drôle, et ce qui n’est pas drôle n’est pas Double Date With Death). Côté adolescent, nous trouvons un esprit punk, des paroles que nous imaginons crétines, un rythme fou. Côté adulte, nous avons affaire à des compositions abouties, jusqu’au-boutistes, assumant tous les aspects premiers ci-dessus évoqués, et surtout des textes tout sauf crétins. Autrement dit, adulescent jusqu’au bout des riffs, L’au-delà est jouissif comme un plaisir pas du tout coupable !

Les Canadiens en effet semblent se foutre royalement des « qu’en dira-t-on ? ». Et ils ont bien raison car, en injectant une bonne dose de pop dans leur rock garage, ils nous proposent un univers riche, coloré, vibrant et inspiré. Inutile de préciser que bon nombre de groupes cherchent à obtenir de tels qualificatifs à leur musique, mais ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir la classe.

Entraînant.

Ce mélange pop punk & roll s’avère entraînant en diable. Le côté rentre dedans fait tomber nos premières barrières, et même si nous sommes peu enclin aux pogos, nous nous retrouvons vite mêlés aux autres pour jouer des coudes. Dès lors, surviennent les premières coulées pop, qui, sans atténuer l’énergie délirante du combo, y apporte une touche édulcorée qui ne sent pourtant pas la guimauve à plein nez. Non, cette touche sucrée renforce l’impact garage en y apportant, comme au travers des textes, une touche délicate et abstraite.

Les lignes de chant vont quant à elles à l’essentiel, sans passer par la case prise de tête. Efficaces, elles nous vrillent le cerveau, un peu comme ces rythmiques de grattes, rugueuses comme il faut. Les textes se font plus délicats, étrangement travaillés par rapport à ce côté instantané des mélodies et rythmiques. Attention, ne nous faites pas dire ce que nous avons mal dit. Tout ici est travaillé, mais l’aspect quasi instinctif des musiques de L’au-delà pourrait laisser à penser que tout cela est posé sur galette sans effort.

Des textes surréalistes.

Donc, les textes sont travaillés et moins instinctifs que la musique aurait pu le laisser présager. C’est-à-dire que, plutôt que de jouer une quelconque rage adolescente un peu basse du front, DDWD la joue surréaliste. Son univers est peuplé d’une sorcière rouge, d’une princesse perdue et d’une forêt sombre, tissant un canevas onirico-surréaliste, à l’image de la pochette de l’album.

Nous pénétrons alors dans un monde qui ressemble au nôtre, sans l’être tout à fait, comme une sorte de quatrième dimension bon enfant à la musique absolument en adéquation avec les thèmes qu’elle renferme, c’est-à-dire enjouée, imaginative, sucrée salée (même si le caractère parfois blasé des paroles joue le contrepoint mélancolique à ceci). De quoi nous faire quitter nos réconfortantes pénates pour gagner l’au-delà, avec ses monstres, ses sorciers, ses pièges et surtout ses charmes vénéneux.

LE titre de L’au-delà.

Le titre de l’album qui nous fait frémir est Fluorescent, le premier titre “pop” de l’album. Parce qu’il joue à merveille avec cet aspect presque enfantin des paroles, avec cette innocence adolescente presque romantique, avec ses lignes de chants naïves, sa rythmique cheveux au vent, avec cette délicatesse du verbe qui touche à l’universel, combien même le thème est surréaliste. Il est de ce genre de morceau que nous croyons avoir entendu mille fois mais qui, à la mille et unième révèle ou exhale encore des parfums inédits. Du début à la fin, de L’au-delà au voisin, Double Date With Death séduit et ravit, et c’est chouette. Tout bêtement.

double date with death l'au-delà

 

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