Rats on Rafts, Excerpts From Chapter 3: The Mind Runs A Net Of …

Plus Fort Par l’Effort (Sterker Door Strijd) (*)

Roffa, Manhattan on the Meuse, Rotown… Bref, ils viennent de Rotterdam! Nous vous les avions présentés en début d’année sur Litzic, ils se nomment Rats on Rafts et leur troisième fournée au titre labyrinthique, Excerpts From Chapter 3: The Mind Runs A Net Of Rabbit Paths, vient de sortir. Le quartet néerlandais composé de David Fagan au chant, Arnoud Verheul à la guitare, de Natasha van Waardenburg à la quatre cordes et de Mathjis Burgler derrière les fûts, nous embaume d’un son post punk et psychédélique à faire pâlir les morts.

Futuriste et avant-gardiste

Avec déjà deux albums à leur actif, The Moon is Big (2011), puis l’excellent The Tape Hiss (2015) et enfin un album collaboratif avec De Kift, vétérans de la scène punk néerlandaise, Rats on Rafts a su se faire remarquer du grand public et de ses pairs tels que Will Sergeant, membre fondateur des Echo and the Bunnymen ou encore Alex Kapranos des Écossais de Franz Ferdinand. Ces derniers n’ont pas hésité à les embarquer avec eux lors de leur tournée japonaise en 2019. Les Rats on Rafts rappelant à Paul Thompson, le batteur de Franz Ferdinand, l’un de ses groupes favoris, les Japonais de Les Rallizes Dénudués.

La musique des Rats on Rafts est à l’image de leur ville, Rotterdam, dont ils sont fiers et extrêmement attachés. Multiculturelle, ouvrière et poétique, Roffa est également un trait d’union entre le passé et le présent, avec un aspect futuriste et avant-gardiste. Les Rats on Rafts jouent avec cette ambivalence temporelle, notamment en posant a question comment faire de la musique en 2021 avec des références musicales très eighties tels que The Fall, The Jesus and Mary Chain ou encore avec le groupe New Wave, bien de chez eux, les dénommés Kiem, dont nos rongeurs ont par le passé, repris l’un de leur tube, The Moneyman.

Comme un mantra

Ce troisième album des Néerlandais met en exergue l’influence qu’a eu leur tournée au pays du Soleil-Levant. Dès le début de l’album nous sommes mis dans cette ambiance nippone avec Prologue Rain nous rappelant la douce musique traditionnelle du pays, ainsi que la saison des pluies, pour voir ensuite le morceau A Trail Of Wind And Fire prendre de la vitesse, tel un train traversant la plaine d’Osaka, pourchassé par les pluies torrentielles et les vents violents d’un typhon. Le titre Tokyo Music Experience, où ces trois mots résonnent comme un mantra, comme une devise avant de laisser place à un cri bestial braillé par David et Natasha. Avec Where Is My Dream? morceau à mi-chemin entre le rêve, avec un son japonisant, et le cauchemar, avec des hurlements à nous faire dresser la toison.

L’album marque également un léger virage dans la musique des Bataves avec des morceaux beaucoup plus expérimentaux, psychédéliques comme par exemple avec Pt. One: The Long Drought(“la longue sécheresse”), morceau à peine chanté, et and Pt. Two: Crossing The Desert (“traversée du désert”), morceau sinueux dans lequel la guitare bruitiste et tourmentée, nous rappelant My Bloody Valentine,  se mêle au chant lointain des sirènes. Ces deux morceaux pourraient, d’une certaine manière,  résumer la difficulté du groupe à accoucher de ce nouvel album, qui aura mis près de cinq ans à sortir depuis leur précédent opus. Fagments, morceau brisé, cassé, nouveau voyage psyché, voit une fois de plus les chœurs fraterniser avec la voix de David Fagan.

Une célébration occulte

Mon Amour, mon Choeur, toujours, avec The Rise And The Fall Of The Plague où souffle un air de The Cure. L’expéditif The Disappearance Of Dr. Dupplicate est un magnifique bordel avec un enchevêtrement de voix et une guitare discordante. Le titre Second Born Child, tonne comme une célébration occulte, une messe noire, inquiétante qu’en aucun cas nous n’aimerions vivre. Les Rats on Rafts nous livrent un album de treize titres qui s’écoute comme si il n’y en avait qu’un seul, sans temps mort. Et ce qui pourrait ressembler à un possible répit, c’est une voix angoissante qui nous l’offre tels que Another Year ou encore Excerpt Taken From Chapter 3. Arrive enfin l’Epilogue: Big Poisonous Shadows qui se termine comme l’album a commencé. La boucle est bouclée.

Nous sommes rassurés de constater que les Rats n’ont pas quitté le navire et que le joueur de flûte de Hamelin (les frères Grimm) ne les a pas conduits au fond de la rivière. Ils sont bien là et ils nous le prouvent avec cet excellentissime album. Puis devons-nous rappeler qu’au Japon, le rat symbolise la chance? Tout cela semble de bon augure.

LGH

(*) Devise de la ville de Rotterdam

rats on rafts Excerpts From Chapter 3

Réécouter A trail of wind and fire

 

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LGHLGH
(Le Gosse hélicoptère) j’adore découvrir de nouveaux artistes encore inconnus du grand public
et chercher ceux qui dans le passé ont fait ce qu’est la musique aujourd’hui.
La musique m’accompagne en permanence et tient une place primordiale dans ma vie.
Mon maître-mot est l’éclectisme même si mon cœur balance pour le rock sous toutes
ces formes. J’affectionne également la littérature et plus particulièrement la littérature
anglo-américaine (Bret Easton Ellis, Don Delillo, Jonathan Franzen,…).

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