DREAM PARADE, Sisyphus + [EXCLU VIDEO] Give me something to do

Sisyphus, album de Dream Parade, disponible chez Le pop club records.

Le hasard fait mal les choses. En effet, les groupes, comme Dream Parade, ayant sorti un album en début d’année 2020 (ici le très bon Sisyphus) se retrouvent dans l’incapacité d’en faire une promotion correcte. Et c’est un drame ! Surtout quand le disque est très bon et qu’il se retrouve oublié de tous (ou presque). Nous vous proposons donc une session de rattrapage en vous parlant de Sisyphus, sortie fin janvier, et en vous publiant, dans la foulée, leur toute nouvelle vidéo sur le titre Give me something to do.

Trois fois pop.

Sisyphus, c’est l’album pop par excellence. Parce qu’il s’acoquine avec le rock, avec le blues, avec un esprit psychédélique, rétro, parfaitement maîtrisé. Si le son de Sisyphus nous met des papillons dans le ventre, les compositions n’en sont pas en reste. On va développer tout cela un peu plus loin, mais sachez déjà qu’aucune lassitude ne survient tout au long des 10 titres que nous propose Dream Parade.

Comment voulez-vous vous endormir sur une telle mine de pépites, dont l’énergie se propage immédiatement dans votre squelette ? Impossible. C’est ici l’une des clés de la réussite de Sisyphus. Elle s’explique, d’une part, par l’espèce de bonne humeur qui irradie du début à la fin de l’album, mais également par un choix de production qui fait des étincelles. Pour tout dire, nous avons parfois l’impression d’écouter le groupe en live.

 

Une forte personnalité.

Dream parade possède une personnalité, forte, qui ose le mélange des genres. Nous avons des accroches très pop. Elles reposent sur des lignes de chant démentielles, portées par la voix de Madeleine Sandri. Cette voix est évocatrice à la fois de légendes rock (on pense à Grace Slick même si on ne sait pas trop pourquoi, sans doute par la présence qu’elle dégage, ou à Nico), de certaines chanteuse soul (notamment sur l’excellent titre Buried skies), et à d’autres peut-être plus proches de nous et plus pop (son timbre nous fait parfois penser à celui de Catherine Ringer, ce qui n’est pas si mal).

La voix de Madeleine Sandri est donc charismatique, possède une vraie présence, une aura démoniaquement addictive, parfaitement imparfaite. Ouais, on adore ça, ce côté pas parfait parce qu’il montre que la technique, c’est une chose, mais vivre viscéralement sa musique en est une autre, et que c’est la deuxième des deux options qui nous fait vibrer et nous procure un indicible plaisir. Et puis, ces « imperfections » ressortent sur certains titres où nous percevons une espèce de spontanéité joviale, un moment ou une voix posée correctement (nous en disons pas qu’elle est mal posée cette voix, cela est peut-être, ou certainement,  simplement très bien bossé) n’aurait pas donné ce grain de sel absolument jouissif. Et donc parfait.

Une musique sensuelle.

Alors nous ne l’avons pas dit, mais Dream Parade est une sorte de continuité du groupe Venus in fyre dont proviennent les membres du groupe. Ce qui explique cette maturité. Mais une maturité à la cool, une maturité qui ne masque pas une insouciance parfois juvénile. Mais techniquement, nous sentons un sacré bagage technique lié à une expérience du terrain. C’est d’ailleurs pour cela que ce disque sonne si spontané, si dynamique, si libre, si… live !

Certains éléments de production contribuent à rendre ce son proche du live. Légèrement froide, elle met avant tout l’accent sur l’énergie. Attention : nous disons relativement froide, mais cela ne concerne que la prod, les instruments eux, sont incandescents. Ils réveillent quelques fantômes blues lointain, quelques relents disco (ou du moins datés 70’s) relativement lointain eux aussi. Le tout produisant une pop hyper stylisée, mais qui évite de se prendre trop au sérieux. Ce qui rend Dream Parade fortement sympathique.

Trois fois pop (bis).

Bon et puis il y a tout ce truc pop, qui emprunte parfois au psychédélisme. Un morceau l’illustre parfaitement : Golden Mind. Ce morceau n’aurait pas dépareillé d’un album de Tame Impala, avec ce mélange de décontraction vintage et de groove sourd. D’autres titres nous font aussi un effet terrible, ressuscitant par exemple la fin des sixties dans des propositions pourtant modernes, dans lesquelles flottent parfois un esprit punk, do it yourself, qui casse le côté sucré de la pop pour lui apporter un peu de mordant.

Mais toujours à la cool, toujours avec ce sentiment que le groupe s’est fait véritablement plaisir. Pour décupler le nôtre. Nous sentons une sincérité évidente irradier de Sisyphus, un côté « pas calculé ». Il est enrichi par le fait que le groupe ne surfe pas véritablement sur la vague revival de ces derniers mois. Sans doute par ce côté un peu rugueux de la production (ou plus exactement “espacé”, du fait que certains instruments nous paraissent enregistrés… de loin). Sans doute par ce groove implacable ( la ligne de basse sur Icarus nous donne un incroyable frisson de plaisir). Sans doute par ses slows langoureux qui évoquent instantanément des roulages de pelle interminables (Odyssey), sans doute parce que c’est un album où tout coule de source. Où rien n’est surjoué. Bref, un gros gros coup de cœur !

LA vidéo nouvelle de Sisyphus.

Nous avons eu un gros coup de cœur pour cette vidéo, tournée pendant le confinement. Saleté de machin ce confinement. Il aurait pu nous faire passer à côté de Dream Parade et de Give me something to do. Et c’eût été terrible de passer à côté de Dream Parade, croyez-nous sur parole. Mais revenons-y. Pourquoi ce titre nous parle-t-il tant ? Qu’est-ce qui le différencie de la masse des titres actuels ? Bon déjà, il dégage une énergie incroyable, presque punk. Pourtant ça reste de la pop. La voix de Madeleine y est absolument géniale avec ses dérapages dont nous parlions plus haut. Il y a là une interprétation engagée, volontaire, qui déboule sans crier gare, au croisement d’une Nena (99luftballons) et d’une Nico. Rock et pop donc.

Le titre commence également sur une basse trépidante, très punk datant des 80’s. Des guitares se déposent dessus, très pop. Et c’est parti pour un morceau qui alterne ces deux facettes, sur fond de vidéo faite à la maison, dégageant une certaines joie de vivre, un certain partage aussi. Et puis il y a ce mélange d’acoustique et d’électrique aussi, plutôt bien inspiré. Et puis des arrangements légers, des petits effets qui apportent un côté artisanal au groupe. Dans le bon sens du terme car ici, nous sentons un groupe qui maîtrise son sujet sur le bout des doigts, et qui nous transmet plein de bonnes choses, et qu’en ce moment, ça nous aide à aller bien.

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