[ROMAN] JESSIKA LOMBAR, Rose noir//Sensualité

Rose noir, premier roman de Jessika Lombar, Estelas éditions.

Nous avons déjà essayé la littérature érotique, version romance, avec Steff S.. Nous poursuivons notre exploration de ce genre si maltraité, considéré non pas comme un genre mais comme un sous genre par la plupart des gens. Avec Rose noir pourtant, JessiKa Lombar (que vous retrouverez tout au long du mois de février puisqu’elle sera notre auteure du mois) nous prouve que la littérature érotique mérite bien le terme de littérature. On vous explique pourquoi.

Rose noir, c’est l’histoire de Katia, jeune quadragénaire timide qui, sur un coup de tête, s’épile intégralement le sexe. Cet acte, peut-être banal chez beaucoup de femmes, déclenche chez elle un mécanisme qui la conduira aux portes du plaisir.

Nous en convenons, ce très très bref résumé ne laisse en rien présager du corps du livre. Pourtant, il faut bien commencer par quelque chose. Ainsi terminons-nous notre introduction au moment où les derniers poils pubiens de Katia rejoignent le sol de la salle de bain.

Histoire d’amour.

Ce roman est un roman d’amour. Celui de l’héroïne envers son compagnon, Vincent. C’est aussi un roman d’amour à la féminité. Mais également à la sensualité. Et évidemment au sexe. Ici, ces trois éléments (roman d’amour, féminité et sensualité) forment un indissociable tout, agencé d’une façon subtile et plutôt inattendue, osant les come-backs, les passages descriptifs comme d’autres plus intimes, mais pas de cette intimité sexuelle, plutôt celle du couple et des accidents qui peuvent en jalonner la vie.

Ce qui nous frappe d’emblée, c’est cette narration limpide, au langage très riche. Pour ceux qui méprisent ce genre littéraire, nous dirons ceci : Rose noir possède un vocabulaire riche, une syntaxe irréprochable, une qualité d’écriture que beaucoup de livres encensés ne possèdent pas. Oui ne vous méprenez pas, JessiKa Lombar n’est pas une midinette s’essayant à l’exercice littéraire sans avoir un bagage bien rempli. Son écriture place d’emblée Rose noir en position haute d’un panier regroupant tout type de littérature. Eh oui, si frontières, si cases existent, JessiKa Lombar dynamite avec talent celles-ci pour montrer que l’érotisme a aussi droit à des lettres de noblesse.

Et pour exploser les codes, l’auteure joue avec nos sens.

Sensualité.

Ce roman est extrêmement sensuel. Normal nous direz-vous, c’est le but d’un tel ouvrage. Certes. Mais tous les romans ne s’attardent pas à ce point à la perception physique d’une odeur, d’un toucher, d’une vue, surtout que les descriptions y ayant trait sont riches, jamais répétitives et nous placent dans un climat d’attente, presque insupportable parfois. Les odeurs y sont décrites avec précision, sont développées avec une succession d’éléments nous mettant dans la tête de l’héroïne de façon totalement pertinente.

Pour autant, les autres sens ne sont pas oubliés. Mais il sont plus communs dans ce type de littérature. Celui de l’odorat, sens développé chez l’auteure, est plus surprenant, et c’est tant mieux, cela offre un angle nouveau sur tout ce qui gravite autour de la simple baise.

Amour.

Toute l’histoire s’articule autour du couple formé par Vincent et Katia. Un couple qui se découvre une sexualité libertine presque tardivement. Complicité, confiance, leur histoire nous décrit une relation forte, respectueuse. Elle se traduit par un choix de vocabulaire lui aussi précis, puisque le sexe n’y paraît jamais sale, vulgaire, mais comme une beauté à découvrir en osmose avec son partenaire, même quand le partenaire n’est qu’un spectateur, qu’il soit au contact ou lointain.

Mais il n’y a pas que du sexe. Il y a aussi des aspects simplement « banals » de la vie de couple. Nous mettons entre guillemets ce banal car cette histoire n’est pas banale (aucune histoire ne l’est du reste). Elle flirte avec la mort, les interrogations, la peur qui naît d’un accident, peur de perdre l’autre, peur qu’il ne comprenne pas ce que nous avons ressenti. La psychologie du personnage féminin est très fouillée, très approfondie, ce qui nous permet de ressentir véritablement ses tourments, ses interrogations, ses doutes, ses envies. La narration à la première personne du singulier est en ce sens un accélérateur de sensations, mais aussi de fusion avec Katia (nous ne dirons pas avec JessiKa Lombar puisque l’auteure et sa création bla bla bla vous connaissez le couplet).

Excitant.

De nombreuses scènes mettent vos sens à rude épreuve et déclenchent des sensations dans le bas-ventre que la bienséance nous oblige à ne pas décrire trop longtemps. Très brièvement, nous dirons que Rose noir provoque de belles montées de sève (vous avez vu comme nous sommes poètes nous aussi?). Il paraît que le cerveau est le premier organe sexuel, et c’est ce qui apparaît très concrètement à la lecture de Rose noir. Mais ses nombreuses qualités littéraires l’empêchent de sombrer dans une succession de scènes de sexe sans lien et surtout sans autre but que de nous exciter.

Ici, tout un cheminement de pensée se crée, nous entraîne à réfléchir à nos propres limites, à nos propres interdits. Mais surtout, ce qui nous touche, c’est cette description d’un amour solide, indestructible (ou presque), qui donne la possibilité d’être soi, entièrement sans craindre de perdre l’être aimé. JessiKa Lombar nous séduit donc avec ce premier roman, et surtout elle confirme ce que nous avions déjà pressenti avec Steff S. : la littérature érotique n’est pas un sous-genre littéraire. Absolument pas !

jessiKa lombar rose noir

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