[BIO] JEANNE-MARTINE VACHER // Jimi Hendrix Variations

Une biographie originale sur Hendrix.

Ah ! Jimi Hendrix ! Que dire sur lui qui n’a jamais été dit ? L’homme ayant sorti de son vivant 4 disques, soit dix fois moins (c’est un euphémisme) que depuis qu’il est passé de l’autre côté. Le personnage intrigue, l’homme tout autant. Dans Jimi Hendrix Varitations (Le mot et le reste), Jeanne-Martine vacher nous propose une bio maline comme tout, originale, et surtout passionnée, revenant sur la vie de l’homme et du musicien avec une émotion toute particulière.

Car pour revenir sur la vie du héraut du rock moderne, l’autrice a opté pour une démarche particulière. En effet, elle prend pour point de départ non pas des disques, non pas d’autres ouvrages littéraires, mais des photos de celui-ci, mais également des paroles des chansons qu’elle replace dans une chronologie qui n’en est finalement pas une.

Immortalisé.

La photo, c’est cet instrument qui permet de rendre quelqu’un vivant à l’infini, bien qu’elle soit la capture d’un moment déjà passé, donc objectivement mort. Noir et blanc, couleur, peu importe, la photo fige la vie sur pellicule (à l’époque) tout en étant immortelle. Un paradoxe en soi, un peu comme la carrière d’Hendrix, étoile filante du monde du rock, membre permanent du club des 9*3 aux côtés de Morrison, Johnson, Jones, Cobain, Joplin, Winehouse…

L’existence du guitar hero, Dieu de la six corde, simple être humain, gaucher faut-il le préciser, issu des entrailles de la terre pour devenir une étoile brillant de mille feux tout là-haut, passionne. Il faut dire qu’il y a de quoi, il a, comme les Beatles, tout révolutionné, à sa manière. Mais comme tous les êtres humains généreux, il n’aura su se protéger des rapaces qui voyaient, à juste raison, en lui une formidable poule aux œufs d’or. Epuisé, à bout de vie, il s’essouffle définitivement à 27 ans. Mais tout le monde connait l’histoire, elle s’est trop répétée depuis dans l’univers du rock.

Tout part d’une photo.

Dans cette biographie tour à tour objective et subjective, Jeanne-Martine Vacher part d’une photo, d’une affiche, qu’elle décortique pour nous. Mais cette décortiquation n’est pas celle d’une professionnelle de la photo (même si le travail d’observation est superbement retransmis) qui analyserait le spectre chromatique, la vitesse d’obturation, mais bel et bien de l’aura qu’elle dégage. Cette base subjective, mettant en avant les ressentis de l’autrice, sa sensibilité également, nous plonge au plus près d’elle et surtout de Jimi Hendrix. L’un comme l’autre semblent fusionner en une seule et même personne, plus vivante que jamais.

Il y est question de lumière, non pas de,celle émanant de la photographie en elle-même, mais de celle qui irradie du musicien. Avec passion, J-M Vacher décrit le moment où cette photo a été prise, quel était la vie du guitariste à l’époque dite, en y intégrant des éléments biographiques plus traditionnels, souvent agrémentés de commentaires plus personnels, d’elle-même ou de ses acolytes. Ceux-ci, des mémoires d’Hendrix elles-aussi, totalement passionnantes, parce que passionnées, parce que portant à Hendrix un culte pas du tout morbide, mais une admiration sans failles qui permet de le faire vivre comme s’il était encore parmi nous.

Sensibilité.

Ainsi, l’autrice nous propose une plongée dans la vie du jeune garçon qui ne mangeait pas vraiment à sa faim, qui s’habillait comme il pouvait, ayant subi des traumatismes qu’il n’aurait jamais dû, croyant au feu sacré de la musique (et peut-être même de l’art en général). Cet enfant qui s’offre comme il peut sa première guitare après avoir joué du balai, qui dort avec elle, y compris pendant son service militaire, cet homme qui sort des sonorités incroyables de son instrument comme si tous deux ne formaient qu’une seule et même entité, une seule et même matière. Cet homme qui, manquant de confiance en lui, sort des chefs d’oeuvres instantanés à la stupéfaction de tous. Cet homme qui fut bouffé par un cancer, celui des avides qui le faisait tourner jusqu’à l’épuisement.

Cet ouvrage a du cœur. Un putain de cœur gros comme ça ! Non seulement il est superbement écrit, nous avons quasiment l’impression qu’il s’agit d’un roman, mais en plus il s’éloigne des standards du genre pour nous proposer une véritable introspection externe de celui dont il parle. Jeanne-Martine Vacher est une amoureuse d’hendrix, une gardienne aussi de ce que l’être humain derrière le guitariste renfermait. Elle n’est jamais subjective sur les faits d’arme du héros, elle ne l’est pas du tout d’ailleurs, puisqu’elle est objective sur ses ressentis. Cette vérité, cette sincérité nous place, nous, lecteurs, dans un drôle d’état, entre incrédulité de constater, après lecture, que Jimi Hendrix est bel et bien mort depuis 5 décennies tant il rayonne de ce livre, et redécouverte du personnage alimentée par des éléments nouveaux, plus intimes que jamais.

L’amour.

Il y a de l’amour dans ces Variations. Beaucoup. Enormément. Et inconditionnel. Et c’est beau, c’est un hommage vibrant, c’est une mise en musique des couleurs, des poses, d’une silhouette. C’est une mise en images d’une vie, de chansons, c’est aussi une résurrection de tous les jours, celle de souvenirs qui font désormais partie de nous même si nous n’étions pas encore nés quand Hendrix s’éteignait.

Avec Jimi Hendrix Variations, Jeanne-Martien Vacher nous offre une compréhension supplémentaire du mythe. Elle nous fabrique de nouveaux souvenirs. Nul besoin d’avoir vu ces photographies pour les avoir devant les yeux, notre imaginaire permet cette magie, mais l’écriture de l’autrice est pour beaucoup. Ce livre, respectueux, vibrant d’ondes positives pour celui qui n’en aura pas forcément reçu suffisamment corrige un peu le tir de cette vie qu’on lui a enlevé (peut-être dès sa naissance). Le destin est chose à laquelle nous croyons ou pas, toujours est-il que si Jimi Hendrix lit, quelque part là-haut, il doit apprécier ce livre à sa juste valeur, celle d’une déclaration d’amour sans concessions.

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