[TEMOIGNAGES] GASPARD VERDURE, Crier la vie

gaspard verdure tu l'écris je le crie les archives dormantesGaspard Verdure, Tu l’écris, je le crie aux Éditions Les Archives Dormantes.

Si vous êtes Briochins ou Briochines, ou même Costarmoricains ou Costarmoricaines, le nom de Gaspard Verdure ne vous est sans doute pas étranger. Et pas parce que c’est un fils de (celui de Patrice Verdure, créateur de célébrissime Cri de l’Ormeau, agenda culturel incontournable du département), mais bel et bien par ses multiples facettes (dont slameur). Mais celle que nous évoquons aujourd’hui est celle de Crieur Public, rôle qu’il a tenu durant 6 ans et qui se trouve compilée dans ce petit livre hyper touchant, Tu l’écris, je le crie paru aux Éditions les Archives Dormantes.

Le principe ?

Le 10 septembre 2011, Gaspard Verdure, lors du marché du samedi à Saint-Brieuc, prend la parole. Ou plutôt il la crie, pour la première fois. Il avait disséminé, à divers endroits stratégiques de la ville (bars, commerces) des boîtes aux lettres dans lesquelles chacun pouvait glisser un mot qu’il se proposait de crier pour vous, comme ça, sur la place du marché. Son slogan ? Tu l’écris, je le crie.

Il exercera cette profession jusqu’en juin 2017, le 10 pour être précis (c’est bien d’être précis). Au cours de cette aventure peu commune, il aura lu un paquet de déclarations d’amour, de coup de gueule, de messages poétiques, de messages incongrus, toujours avec cette foi qu’il fallait les porter hauts et forts, ces messages. Ce livre s’en fait l’écho et dresse, en une sélection de messages forcément non exhaustive, un portrait de Saint-Brieuc à travers ses habitants.

Rires, larmes, aveux.

Ici, nous trouvons de tout, dans des styles variés, allant de la phrase définitive «Bite » Ah ah ah il a dit « bite » jusqu’au poème d’amour (page 52, celui que Colin écrit à son Élodie), en passant par les revendications comme, par exemple p.28 “Le livre est un bien de 1re nécessité. Pourquoi une hausse de la TVA ? Contre la hausse de la TVA en librairie” (nous étions obligés de la mentionner celle-ci), et autres messages absurdes (la recette de la vodka-thon p.101).

Dans Tu l’écris, je le crie, tout est question d’agencement. Les citations se trouvent liées dans un rythme que le crieur public insufflait de toutes ses forces lors de ses prestations. C’est drôle, émouvant, superbement humain un peu à l’image du personnage qu’est Gaspard. Ce livre lui rend donc grâce avec une simplicité sans fard, juste quelques typographies différentes pour accentuer tel ou tel propos, afin de n’en noyer aucun, justement.

Portrait d’une ville.

Ce qui nous touche particulièrement, c’est qu’il est un polaroid, en quelque sorte, de Saint-Brieuc, de ceux qui l’habitent ou la visitent et qui, au détour d’un coup bu au Fût Chantant ou d’un disque acquis chez feu Le disquaire, ont laissé un petit mot, pour le fun, pour l’amour d’un être cher, pour la postérité ou pour faire rire l’assemblée présente lors du deuxième samedi du mois sur la place du marché.

Nous voyons donc l’esprit briochin transpirer de ces quelques 158 pages, esprit à la fois punk, anar, comique, féroce, indomptable, insoumis, poétique, bordélique, amoureux, fou, bizarre (la liste pourrait continuer encore un moment)… mais tout simplement diablement humain. De quoi donner envie de l’aimer cette ville qui l’est mal… D’ailleurs, n’est-il pas un auteur (ou une autrice) qui écrivait « Saint-Brieuc, tu l’aimes ou tu l’habites ! (p.33).

Retrouvez l’univers de Tu l’écris, je le crie sur le site des Éditions Les Archives Dormantes ou sur Droledhazard.wordpress.com

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