En quelques mot #11, une histoire de tsunami intérieur.

tsunami Mair-Claire Neveu quelques mots 11MARIE-CLAIRE NEVEU, Tsunami.

À l’origine, nous voulions intégrer ce morceau, relativement éloigné de notre ligne éditoriale, dans notre playlist. Et puis, devant la profondeur de ce que révèle Tsunami, on s’est dit que nous allions le mettre un peu à part. Pourquoi ? Parce que Tsunami, qui représente cette déchirure qu’un grand nombre de femmes ont vécue, n’est hélas toujours pas un combat gagné.

En effet, Tsunami parle du droit à l’IVG. Même si en France nous paraissons presque éloignés d’un retour au monde d’avant concernant cette question cruciale, voire de paraître débarrassé de pensées ultraconservatrices complétements anachroniques, il n’en est pas partout de même. Certains de nos voisins sont par exemple totalement contre l’avortement, y compris en cas de viol.

Il en est de même pour certains pays du continent américain, au sud notamment, où le poids de la religion empêche les femmes d’exercer le droit qui leur appartient, à savoir de faire ce qu’elles veulent de leur corps. Bref, vous l’aurez compris, si vous l’ignoriez encore (mais de quelle planète viendriez-vous si tel était le cas?), ce combat de femmes, bien trop souvent médiatisé dans ou par la bouche des hommes, mérite donc que nous nous y arrêtions un instant.

soutenir litzic

Au cœur de la vague.

Les paroles sont suffisamment explicites pour que nous ne vous proposions pas une étude de texte. Elles débitent quelques vérités qu’il serait bon que certains entendent. Nous n’allons pas vous cacher que Tsunami dégage une poésie violente, paradoxalement belle (parce que faire des choix et les assumer est beau). Les paroles dégagent à la perfection la violence interne qu’une telle décision implique chez les principales intéressées, sans non plus virer à la plainte geignarde ou au pathos un peu écœurant.

Il faut savoir garder l’équilibre, ne pas basculer dans le « trop », ne pas rester dans le « trop peu ». Marie-Claire Neveu réussit son dosage, avec des mots parfois crus, des idées qui le sont tout autant, mais aussi avec une finesse dans les images utilisées pour décrire les pensées qui se télescopent dans tout crâne normalement constitué.

Dans le même ordre d’idée, la vidéo parle aussi d’elle-même : dans une danse presque désarticulée, montrant la violence des émotions intimes ressenties par celle qui se découvre enceinte mais qui ne souhaite pas donner la vie. Ici, le corps se divise montrant le déchirement que provoque une telle prise de décision. Le dos à dos est particulièrement pertinent quant à ce regard que la décision impose chez la femme. Dans le cas présent, d’un côté le désir d’être mère, de l’autre savoir que le moment n’est pas le mieux choisi pour l’être, crée cette dichotomie mentale des plus perturbantes..

Dualité. Responsabilité. Décision. Sans oublier, évidemment, le regard des autres et en particulier le poids des injonctions qui, même si « on s’en fout », fait que la culpabilisation opère son petit bonhomme de chemin.

L’image, le texte, le son.

L’image, comme le texte, est forte, ne laisse pas insensible. La douleur irradie de la vidéo, mais également une force, celle d’assumer une décision qui forcément laisse une marque. Pourtant, il faut des textes comme celui-ci pour ne pas qu’un retour en arrière soit possible. Les lois sont fragiles, notamment face à la morale religieuse, ou dans le même ordre d’idée face aux conservatismes politiques qui verraient d’un bon œil ressurgir des temps obscurs où les libertés individuelles seraient de nouveau muselées.

Ce texte, cette musique et cette vidéo sont donc une nouvelle fois utile. Parce que ce « combat » du quotidien, ce tsunami, reste une épreuve pour la femme, pour le couple, une décision importante qui est toujours mesurée, pesée. Il convient d’être à l’écoute, de chercher à comprendre les raisons, et ne jamais juger cet acte qui est, quoi qu’on en dise, un acte de vie (parce qu’on peut mourir de l’intérieur si on ne suit pas la voie que l’on s’est tracée).

D’utilité publique donc.

Retrouver Litzic sur FB, instagram, twitter

Ajoutez un commentaire