YARD ACT, The Overload (Island records)

yard act the overloadL’évidence.

Yard act est un groupe de Leeds (tiens tiens, comme Mush, mais il fait également penser à un groupe comme BBCC) et est composé de James Smith au chant, Ryan Needham à la basse, Sam Shjipstone à la guitare et Jay Russell à la batterie. Tous les quatre ont trouvé, dans The Overload, leur premier album, un point d’équilibre entre énergie, qui paraît presque décérébrée, et joie spontanée de tenir un truc qui fonctionne. Les compositions sont toutes au cordeau, ne laissant aucune place à l’approximation tant elle repose sur peu de choses (une paire rythmique monumentale) qui, si elle venait à défaillir, ferait s’écrouler ce château de cartes à l’équilibre pourtant inné.

Une apparente folie s’empare de nous dès l’entame du disque et ne nous lâche plus du disque. Il faut dire qu’à grand renfort de groove, de trouvailles géniales, et de ce petit truc en plus que possèdent les groupes anglais, à savoir cet indéfinissable élément de coolitude flegmatique affûtée, l’album se dévore et régale grâce à des titres aux personnalités fortes.

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Les morceaux.

En effet, la base batterie basse sert de fondation à des morceaux où la voix reste l’instrument principal. La guitare, relativement discrète, n’intervient que sur des parties semblant venues de nulle part. Pourtant, elle est tout sauf anecdotique cette guitare, tout comme cette impression d’espace qui investit chaque morceau. Chaque apport mélodique, plus ou moins sophistiqué, donnant toujours l’impression de survenir de façon spontanée, est stimulé par l’envie de surprendre, d’apporter une couleur, un sens supplémentaire à une rythmique toujours impeccable.

Complété par un clavier, lui aussi plus que parcimonieux, l’ensemble peut s’avérer un peu revêche à la première écoute. C’est sans compter avec le côté jubilatoire distillé par le groupe qui s’avère des plus sympathiques. La notion de fête ne semble jamais très loin, comme cette sensation de plaisir imminent qui s’empare de nous à chaque découverte d’un nouveau morceau. En effet, comme disait Forest Gump, « la vie c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ».

Dans The Overload, c’est exactement la même chose, on ne sait jamais si le morceau sera fédérateur ou plus intimiste, s’il sera un déballage façon catalogue technique d’un état d’être. Par exemple sur Rich, James Smith explique le comment du pourquoi il est devenu riche (par accident), le tout d’un ton professoral assez jouissif. Un titre comme Pour another ressemble en revanche à une fiesta d’enfer, où le feu d’artifice musical contrebalance avec l’aridité du titre précédemment cité. Rien à voir entre les deux, pourtant ils habitent le même endroit et, contre toute attente, lui confèrent une forte cohérence.

Autre particularité.

Il existe aussi des morceaux hyper funky (The Overload qui ouvre l’album, Payday qui nous fait un peu, de loin, penser à une compo des Red Hot, toutes proportions gardées), des morceaux plus tranquilles aussi, même si la tendance est quand même aux up tempos sur l’ensemble du disque. On n’est jamais exempt d’une foulure du bassin donc, puisque le pouvoir dansant de The Overload n’est pas usurpé.

Si la présence vocale est utilisée comme le serait un instrument, James Smith joue littéralement avec, roulant les r, prenant de belles libertés dans son chant, triturant ses lignes comme d’autres maltraitent celles de leur guitare. Toujours d’une incroyable justesse, il est un des énormes points forts de Yard Act, notamment quand ses inflexions lorgnent du côté du Bowie d’Aladdin Sane. Démonstratif mais jamais grandguignolesque, il porte le groupe presque à lui seul.

Mais s’il le fait, c’est parce qu’il est plus que supporté par ses collègues qui lui apportent un tapis soyeux sur lequel il peut véritablement s’amuser en étant sûr que jamais il ne se plantera. Autrement dit, s’il porte le groupe, le groupe lui sert de fond. L’un sans l’autre, ça se casse la gueule. Nous sentons une grande cohésion de groupe, une envie de se faire plaisir et de faire plaisir, en faisant une musique ambitieuse qui, fort heureusement, s’avère parfaitement exécutée et menée à son terme.

Immanquable.

Ce groupe parvient donc à réussir un habile mélange de chant et de spoken word, d’attitude blasée et d’emphase, de musique minimaliste et de groove. Bref, il bouscule consciencieusement les codes, décale les frontières et propose avec The Overload un album incroyablement riche, surprenant, rock, art rock, qui convoque aussi un soupçon d’identité hip-hop. Le tout s’avérant toujours à mille lieues de ce que nous attendons.

Ce disque fait déjà partie des grands disques de cette année. Ah oui, nous reprécisons qu’il s’agit du premier du combo. L’avenir s’avère donc radieux pour Yard Act qui n’a pas fini de faire parler de lui.

LE titre de The Overload.

Tous les morceaux possèdent une identité forte, très personnelle. Si Rich et 100% endurance se ressemblent quelque peu (le ton professoral y étant pour quelque chose), tous possèdent des charmes différents, sans pour autant que cela ne desserve l’album (au contraire). Donc choisir un titre s’avère délicat puisque, lors d’une même écoute, nous nous disons « ah, The Overload !, ah non Dead Horse, ah non Payday etc.)

Alors nous tranchons, nous avons une tendresse, qui ne s’explique pas vraiment, pour Tall Poppies. Peut-être pour sa ligne de chant, pour son aspect presque Britpop de guitare en intro, pour son groove, sa nonchalance au chant… Qu’importe, on adore ce titre ! Dont act. Titre de l’album !

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