LES DISQUES CULTES DE LITZIC Radiohead OK computer

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Le meilleur album de Radiohead

L’album commence sur un riff de guitare, sombre mais puissant, sur lequel se pose bientôt une deuxième guitare, qui égraine quelques notes. Puis survient la batterie, minimale mais dont la présence apaise l’ensemble. Le début d’Airbag est un parfait préambule à ce qui va suivre. OK Computer, de Radiohead, est et restera un chef-d’oeuvre du groupe, un tournant majeur dans son histoire, et dans la nôtre.

Nous sommes en 1997. Cette époque est dans une sorte no man’s land rock depuis la fin de Nirvana, qu’aucun groupe ne semble pouvoir remplacer. Certes, il y avait bien ce groupe, Radiohead, qui avait fait parler de lui avec Creep, un cri de rage/dégout post-adolescent, et quelques autres compos bien ficelées, mais sa pop/rock ne le plaçait pas en premier ligne sur la liste des groupes qui révolutionneraient les choses.

Un changement de dimension

Et pourtant, OK Computer allait changer la donne et placer Radiohead en haut de l’affiche, le propulsant plus grand groupe du monde alors même que, quelques années plus tard, il pendrait l’industrie du disque à contre pieds (pour garder son indépendance à la fois financière et artistique). Mais il s’agit là d’une autre histoire.

Pour qui écoute OK Computer pour la première fois, l’effet de la musique du groupe d’Oxford sur notre psyché est saisissant. Certaines guitares semblent provenir de l’au-delà, ou d’un point tellement éloigné de la Terre que nous nous demandons comment ce diable de Jonny Greenwood arrive à les sortir de sa gratte. Appuyé par la basse (de Colin, son frère) minimaliste qui instaure un sentiment étrange d’urgence et une batterie (Phil Selway), elle aussi minimaliste, les guitares (de Greenwood, de Ed O’brien ) imposent le rythme, magnifient les bases rythmiques et permettent au chanteur/guitariste/pianiste Thom Yorke de laisser libre cours à ses fantaisies vocales.

Décharge émotionnelle

Habité, tel est le qualificatif parfait pour parler du chant de Yorke. Sa voix procure instantanément un frisson qu’il est très compliqué de refréner. Tout y passe, de la colère, de la mélancolie, une forme d’apaisement, en fonction des différents titres de l’album, voire cohabitant sur certains (on pense à Paranoid android). Elle apporte une dimension tragique à l’album, mais aussi un souffle épique, de celui d’un combattant revenu de tout et qui a appris à vivre avec ses démons.

Mais l’art de Radiohead ne se cantonne pas à quelques instruments bien joués et à une voix peu ordinaire. Non, là où réside son art, c’est dans la composition, dans les orchestrations et dans cette façon de créer un univers propre à chaque titre. Si Airbag ressemble à un bon titre rock avec complet et refrain, son pont casse les genres avec son approche expérimentale, que n’auraient pas reniés les Beatles à l’époque. Que dire ensuite de Paranoid Android, morceau de bravoure à l’architecture ambitieuse qui nous terrasse littéralement, nous embarque dans une direction pour ensuite nous bousculer dans son exact opposé, là où la fureur rencontre la douceur élégiaque et presque extatique d’une accalmie salvatrice.

Des titres forts, au pire juste bons

S’ensuit un magnifique Subterranean Homesick alien et ses paroles sur le sens de la vie, sur le rejet. Puis survient Exit music (for a film) temps très fort de l’album, à tirer des larmes à n’importe quel dictateur sanguinaire. Cette musique, cette voix, entre directement dans le siège moteur de nos émotions et y court-circuite toute volonté de ne rien ressentir. Le cœur se gonfle, la vue se brouille, c’est magnifique, c’est juste impossible à décrire.

Les choses s’apaisent par la suite pour regagner en intensité petit à petit, mais dans une forme de torpeur pleine d’allant, où l’épique se dispute à l’intime. Les arrangements sont superbes, la production de Nigel Godrich aux petits oignons et font de ce disque un incontournable, un monument du rock. Par la suite, Radiohead poursuivra dans une formule plus expérimentale, pas dégueulasse du tout, mais ne retrouvera jamais l’aspect viscéral de ce OK Computer somptueux.

Autre disque culte ICI

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