34émes VICTOIRES DE LA MUSIQUE Victoires ? Vraiment ?

Notre dossier de janvier sera dédié aux victoires de la musique. Comme bonne résolution lors du passage à la nouvelle année, nous avions promis de ne pas la regarder, histoire de ménager notre pauvre petit cœur face au manque de goût du jury qui confond vente de disques et talent. Néanmoins, ça n’empêche pas d’en parler, quitte à être de (très très mauvaise foi). Le dossier se clôturera avec le debrief de cette soirée qui, parions-le, nous décevra foncièrement.

Les victoires de la musique, comme les autres cérémonies musicales, ou non, ne permettent jamais de se rendre compte avec précision du potentiel du pays qui les programme. Elles ne sont pas non plus un véritable synonyme de la vitalité créatrice de celui-ci. Dans le cas qui nous intéresse, sont-elles le reflet des ventes ou bien d’une écoute superficielle des artistes nominés ?

Vaste question. Aujourd’hui, pour se rendre compte de la notoriété réel d’un artiste, aucun professionnel ne peut se baser sur les chiffres de vente d’albums ou de singles (hormis pour quelques extraterrestres qui vendent encore comme des porcs), ni sur les vues d’un clip sur youtube, ni même sur les chiffres de téléchargement. Si les chutes de ventes sont vertigineuses depuis plus d’une dizaine d’années (faute aux téléchargements ? Mon cul ! Si les maisons de disque ne s’en étaient pas mis plein les fouilles avec des prix exubérants, et surtout injustifiés, au détriment de la rémunération de leurs artistes nous n’en serions peut-être pas là) et ne permettent plus de juger de la notoriété de quiconque, les chiffres de vues sur youtube ou de téléchargement/streaming ne sont pas non plus significatives.

Il ne faut pas être tombé de la dernière pluie pour se rendre compte que ces derniers cités sont sujets au zapping compulsif. Ils comptent tous pour une vue ou un stream que l’auditeur y passe 2 secondes ou les quelque 3-4 minutes moyennes d’un titre. Ainsi, un artiste peut très bien se vanter de chiffres exceptionnels alors que l’auditeur n’y a passé qu’une seconde ou à peine plus. Pathétique.

Peut-être que les chiffres de vente d’albums physiques sont plus significatifs finalement, car acheter un disque, c’est se donner le mal de l’écouter, ne serait-ce que parce qu’on l’a payé relativement cher (surtout s’il s’agit d’un vinyle). Mais noyé dans la masse, cela ne ressort pas véritablement.

Alors comment se rendre compte de la popularité d’un artiste ou de la vitalité de la scène musicale ? Mis à part certains les extraterrestres qui vendent encore comme des porcs, le live est le véritable révélateur de comment vis la musique sur un territoire. Et encore, il n’est pas rare que les festivals affichent, à deux trois noms prêts, la même programmation, combien même ils se réclameraient de telle ou telle connivence artistique (parce qu’il faut bien faire du fric, hein, quand même) ce qui vise à réduire la visibilité d’artistes émergents fichtrement doués qui n’auront peut-être jamais la chance de grandir faute à cette invisibilité aux yeux des programmateurs (cela ne concerne pas les MJC qui osent encore la diversité !).

En tout cas, quoi qu’il en soit, ne vous laissez pas berner par les artistes ayant obtenu une récompense. Sur la vingtaine remise, seuls 3 ou 4 sont véritablement méritées pour le talent de l’artiste ou son originalité créative. Le reste n’est que poudre de perlimpinpin…

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