SOVIET SUPREM Marx attack

Le 30/11 aura lieu un concert de Soviet Suprem à La citrouille, MJC de Saint-brieuc (22), l’occasion pour nous de chroniquer l’album Marx Attack du duo sorti en marx, hem, en mars dernier.

Pour couper court à toute méprise, bien que ce groupe composé de John Lénine et de Sylvester Staline soit sans doute le résultat d’une bonne partie de rigolade, que la plupart des titres soient festifs, bourrés d’humour, il n’en demeure pas moins que derrière la gaudriole un véritable schéma artistique se dessine.

Commençons par les bases : Marx attack est le deuxième opus du duo Soviet Suprem et est tout autant un clin d’œil, dans son nom, au film de Burton (Mars attack) qu’au célèbre barbu connu pour être un pilier fondateur du communisme (Karl Marx). Rien à voir avec le cuisinier Thierry Marx en revanche (ou alors peut-être dans la façon du combo a mixer ses influences)… La musique du combo est, elle, un habile mélange de musique électronique, de sonorités slaves et de hip-hop. Cette formule est bien évidemment idéale pour enflammer les dancefloors, comme le suggère d’ailleurs le titre diktator de dancefloor.

De l’humour potache, il y en a partout, des titres de chansons (Tsar Wars), aux paroles en elles-même (on pense notamment au morceau t’as le look coco, reprise de Laroche Valmont remise à la sauce cocomuniste). Pourtant, il n’y a là rien de ringard, parce que les deux acolytes possèdent un don d’écriture qui évite les écueils du style.

En effet, il y a beaucoup de dérision, d’autodérision, mais le parti pris soviétique rattrape les errances qui pourraient survenir. Les champs lexicaux surviennent de l’imaginaire Russe, de l’idée que nous nous faisons de ce pays et de cette puissance militaire. Le titre Vladimir en est un parfait exemple autant qu’un clin d’œil faussement « culte de la personnalité » à l’encontre du dirigeant actuel du pays (Vladimir Poutine pour ceux qui vivraient sur Marx ou qui liraient la chronique dans 2580 ans).

Les sonorités sont de bonne facture, évoquent également, forcément, les plaines russes, que ça soit par le choix des instruments que par l’aspect « chœur de l’armée rouge » des morceaux d’ouverture et de fermeture. Question rythme, ça envoie, ça donne envie de se trémousser en ingurgitant moult hectolitres de vodka et en faisant la fête jusqu’au bout de la nuit sibérienne (même si l’abus d’alcool etc…).

Ce qui nous plaît le plus néanmoins, c’est ce sens de la formule qui fait mouche à tous les coups. Les jeux de mots sont fins, inventifs, variés et renforcent l’aspect singulier du duo. Il suffit pour s’en convaincre, de regarder un des clips du groupe pour constater qu’il va jusqu’au bout du délire, délire que nous nous empressons de suivre de bout en bout.

Autrement dit, nous passons un excellent moment à l’écoute de ce disque aussi riche qu’il est dansant. À noter qu’il n’est en rien lassant, au contraire de nombre de productions dans cet esprit léger/comique, car les paroles ne cessent de délivrer des petits secrets qui se dévoilent au fil des écoutes. Et puis, bien que la bonne humour abonde dans Marx Attack, le duo est foutrement sérieux dans la conception (production et arrangement notamment) de ses titres. Dit autrement : Soviet Suprem ne se fout pas de notre gueule et nous apprécions cette décence.

Encore un bon point pour ce groupe qui s’avère, envers et contre tous, l’un des plus attachants de cette année 2018, et qu’il convient, bien évidemment, de découvrir sur scène !

Spassive


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