SOAP&SKIN From gas to solid

Le silence, parfois, a du bon. Il permet de se recentrer sur soi-même, de ressentir à nouveau de la quiétude pour s’élancer sur le chemin parfois hasardeux de la création musicale. Après une trêve ayant duré 6 ans, Soap&skin (alias Anna Plaschg) revient nous séduire avec un émouvant From gas to solid (Play it again sam/[PIAS]).

Ce disque nous bouleverse à chaque écoute. Il dégage une aura particulière, pleine de notes qui prennent le temps de parcourir les silences dont chaque titre est fait. From gas to solid prend le temps, pour bien faire les choses, pour laisser la voix nous saisir au creux de l’émotion, pour laisser un violon caresser nos pensées.

Nous pourrions associer Soap&skin (qui est Autrichienne),au groupe Sigur Ros (qui lui est Islandais). Avec Lui, Soap&skin possède l’art de la lenteur, du minimalisme, celui qui laisse s’instaurer la magie. Le but n’est pas de remplir le vide (même s’il est un des thèmes du disque), mais bel et bien de lui donner matière à s’exprimer.

Les notes de piano se suivent de loin, celles des cordes/cuivres également. Elles sont reliées entre elle par la voix d’Anja, parfois pieuse, parfois païenne. Elle se développe, s’évanouit tranquillement, grave dans nos oreilles des sillons de douceur, des délices aux saveurs variées, oscillant entre mélancolie, joie, espoir, tristesse, bref un éventail complet de sentiments et émotions humaines.

Cette voix et ces mélodies limpides nous ramènent sans cesse à nos propres histoires. Nos y revivons nos chagrins, les pertes d’être cher, le manque et le vide de celui que nous aimons, l’espoir que tout s’arrange, la joie d’un lever de soleil aux couleurs flamboyantes, la certitude que tout ira mieux bientôt.

Fron gas to solid nous transporte dans notre imaginaire, sur des terres solitaires, où nous serions libres d’être nous-même, d’être entouré de qui bon nous semble. Il nous ramène à l’état premier de toute chose, un réceptacle de sensations, d’impressions. Il nous rappelle qui nous sommes au fond de nous.

Cet album s’avère d’une pureté incroyable, de laquelle tout superflu semble banni. Il nous touche au cœur, viscéralement, car toute envie d’analyse disparaît. Nous nous laissons guider par Soap&skin vers cet ailleurs merveilleux (mais aussi parfois un peu angoissant sur Falling) qui nous est conté dans les 12 titres de From gas to solid (y compris une très personnelle reprise de Louis Armstrong What a wonderful world).

Un seul mot nous vient à l’esprit pour décrire le disque : magnifique.

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