NO MONEY KIDS Trouble

Retour, un an à peine, après le très bon, voire excellent, Hear the silence du duo électro/blues No Money Kids. Si la formule, à la base restée sensiblement la même (guitares rock/blues d’un côté, programmations et batteries électroniques de l’autre, plus chant), de menues différences apparaissent néanmoins sur Trouble.

La première différence est de l’ordre de la production. Le son est plus ample, plus chaud également. Nous ressentons que le son de No Money Kids est plus massif, moins limité qu’auparavant. Cela s’avère pertinent dans certains cas, notamment au niveau des orchestrations, dans d’autres cela plombe un peu les morceaux qui s’en tiraient largement par leur seule puissance auparavant.

La deuxième différence concerne l’adjonction de nouvelles sonorités, de nouveaux instruments, tels des claviers plus mis en avant. Les parties rythmiques sonnent un peu plus dancefloor (en fin d’album notamment) par moments, perdent ce côté basique pour hausser la vitesse, ce qui, paradoxalement tend à l’alourdir.

Enfin, c’est peut-être là le pire, enfin de façon très subjective, c’est que le duo s’éloigne sensiblement de la formule blues qui fait leur charme, s’orientant parfois vers quelque chose de plus commun, de moins personnel. Cela rend du coup le disque moins homogène, fait parfois chuter la tension pour guider le groupe vers des rivages plus pop. Cela marque également l’envie du groupe d’évoluer, ce que nous ne pouvons pas lui reprocher.

Voilà pour les côtés un peu nuancés de ce Trouble, du moins par rapport à Hear The silence (gardez bien cela à l’esprit). De celui-ci, nous retrouvons souvent ce qui fait le sel du duo : rythmiques dynamiques, percutantes, riffs insatiables, comme si les grattes bouffaient des notes aux kilomètres, très souvent de façon hyper inspirée. Nous retrouvons aussi ce petit côté groovy, un poil mécanique (due aux machines), qui confère une saveur particulière aux productions du groupe (et dont nous raffolons). La magie fonctionne alors à plein régime dans ces moments-là, ne souffre aucun temps mort, nous procure des petits frissons de plaisirs.

L’autre point que nous apprécions est cette faculté du duo à pondre des mélodies justes, simples, qui tombent délicatement dans le creux de l’oreille, sans choquer mais sans paraître mièvre non plus. Si nous exceptons une reprise (au demeurant excellente, celle du fameux Crazy de Gnarls Barkley), ainsi que la présence de Charles X sur un featuring, tout est écrit/joué par No Money Kids, ce qui montre que le duo en a sous le pied.

Si nous nous sentons un poil déçu, cela ne l’est pas forcément du fait des évolutions du groupe, mais bel et bien parce qu’il avait mis la barre très haut sur le précédent opus. Il faut donc relativiser nos mots car Trouble n’a rien de honteux dans l’absolu, et reste à conseiller à ceux qui ne connaissent pas encore le groupe (et qui pourront suivre la découverte de No Money Kids avec leurs deux albums précédents).

Ce groupe, quoi qu’il en soit, reste à part dans le paysage musical hexagonal et mérite amplement que nous lui prêtions une oreille attentive !

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