NILÜFER YANYA Debut album Miss universe

nilufer-yanya-debut-album-miss-universe-chroniquePremier album Miss Universe sortie le 22 mars 2019 (PIAS)

Un nom à retenir ?

Niüfer Yanya n’a pas forcément un nom facile à retenir, pourtant, avec ce « debut album », Miss Universe, vous n’êtes pas prêts de l’oublier.

Nous prévenons déjà les midinettes et midinets qui s’attendraient à découvrir un album sucré qu’ils se fourrent le doigt dans l’oeil. En effet, Nilüfer Yanya s’exprime avant tout, sur une bonne partie de l’album, avec une bonne vieille guitare électrique aux cordes rouillées (à moins qu’un putain de bel effet de distorsion rende son son abrasif, ce vers quoi notre esprit analytique penche dangereusement). Sur l’autre partie, elle démontre un penchant pour une pop dansante biberonnée aux tessitures électros rétro-futuristes.

Donc, cette jeune personne nous propose un titre en trompe l’œil pour nous faire l’offrande de 17 titres fleurant bon un esprit indé qui n’est pas sans rappeler The Breeders, par exemple, sur certains titres électriques. Sur les morceaux où les claviers ont la priorité, nous sommes plus dans un style Sade, sans pour autant tomber dans la guimauve.

Des compositions osées

En choisissant des structures bancales, alambiquées, la chanteuse nous maintient en éveil. Les morceaux tout plats, sans relief, très peu pour elle. Rien à voir avec une miss, univers ou locale. Non, il faut du chahut, il faut déjouer les pièges où se perdent souvent les oreilles vagabondes, ses fameuses oreilles feignantes qui ne rêvent que de mélodies toutes cuites et sans aspérité.

Ici, il y a tout ce qu’il faut pour éviter de sombrer dans une mièvrerie à base de « je souhaite avant toute chose la paix dans le monde et surtout que nous laissions vivre les bébés pandas tranquillement ». Non, ici, les choix artistiques sont osés, assumés, maîtrisés.

Par exemple, le traitement de la guitare sur Experience n’est pas sans rappeler ceux de Brian May (Queen) réputé pour ses réglages hypers pointus. Le morceau d’après, Paradise, lui, nous surprend par une approche plus clinquante, avec une sonorité de saxo évoquant un club jazz romantique. Pourtant, les guitares ne sont jamais loin, et les lignes de chant (et la voix presque androgyne de Nilüfer Yanya) ne cessent de nous surprendre.

Une voix, c’est tout ?

Car, derrière ces mélodies vocales, la chanteuse compositrice démontre l’étendue de son talent. Femme forte, femme fragile, femme séductrice ou combattante, tout y passe. De la même façon, les ambiances se suivent et ne se ressemblent pas. Rock, pop (légèrement teinté d’un peu de l’esprit année 80 dans la brillance de la production), d’inspiration presque disco par moments, légèrement teinté d’électro soft, tout est fait pour nous éviter un effet ronronnant, quitte à rendre l’ensemble un peu disparate.

Seule la voix maintient la cohérence du disque. Bien sûr, la qualité des compositions y aide énormément également. Si la dispersion guette, Nilüfer Yanya garde le cap est nous fait découvrir un univers extrêmement riche, varié. Il ne lui reste plus, pour les albums à venir, qu’à creuser son sillon.

Inutile de préciser qu’avec ce disque, Nilüfer Yanya remporte haut la main du Miss Universe du premier album réussi avec brio. Espérons qu’elle remette vite sa couronne en jeu, pour le même verdict pour son deuxième opus.

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