LOSANGE Quartz/Quartz remix

L’album commence par un titre dépouillé, Atone. Il repose sur une sonorité de clavier que n’auraient pas renié les vieilles consoles Atari et leurs célèbres jeux, tout aussi dépouillés. Il annonce la couleur de Quartz, de Losange, électro rétro (futuriste?) dégageant une forme de symétrie/géométrie structurée et fantasque.

Pourquoi revenir sur cet opus de Losange sorti il y a quelques mois déjà ? Tout simplement parce qu’il sera présent aux Transmusicales de Rennes samedi 08 décembre, Hall 9, 22 heures, et qu’un remix de l’album doit voir le voir la veille. Alors faisons d’une pierre deux coups en chroniquant l’original et sa réinterprétation.

Quartz sonne donc rétro, mais dégage une atmosphère à la fois légère, gorgée de groove et nous rappelle un peu du Air de Moon Safari (sur un titre comme Mineral par exemple), quoique Losange se contente pour sa part d’un environnement exclusivement instrumental.

À l’image des autres productions du toujours exigeant et enthousiasmant label Johnkôôl records (que nous avons grand plaisir à suivre), Quartz se caractérise par sa recherche mélodique, à la fois ample, aventureuse, épique et intime. Cette intimité, nous la ressentons au travers des thèmes explorés proposant une proximité directe avec l’emprise de l’enfance.

L’émerveillement découlant de titres comme Spleen Sidéral, par exemple, évoque, paradoxalement à son titre, les jeux insouciants de l’enfance. Pour le titre, nous pensons, peut-être à tort, que Losange porte un regard nostalgique sur ces moments révolus.

Sur Quartz, les titres se suivent et ne se ressemblent pas. Parfois, les rythmes s’envolent, aériens et rythmés, possédant néanmoins toujours une nuance mineure qui nous maintient dans un trip coloré évoquant une forme de tristesse. Pourtant, au final, l’album s’avère plutôt positif, non dénué de parfums légers qui viennent aiguiser notre imaginaire.

Quartz dégage également beaucoup de douceur, de tendresse presque, qui n’a d’autre effet que de nous rendre instantanément accroc à l’univers de Losange.

L‘album de remix (7 des 8 titres de Quartz sont remixés, dont deux fois Atone, contre aucun pour Idoles) respecte assez fidèlement la trame dessinée par Losange. Bien évidemment, les différents « remixeurs » y apportent une part de leur originalité/personnalité mais avec un respect certain pour l’œuvre originale. Nous retrouvons aux manettes Roméo Poirier, Onelight, Breadcrumbs, Yanozoto, Formamentis, Solidstait et Colin Johnco (dont nous avions chroniqué l’album However Far away ICI).

Chacun des artistes y apporte son savoir-faire, son univers propre et insuffle aux morceaux une chirurgie esthétique qui visent à les rendre encore plus séduisant (si tant est que cela soit possible). Certains produisent une rythmique rehaussée (Breadcrumbs sur Spleen Sidéral), des sonorités différentes (un peu de noirceur sur Feu Endormi par Colin Johnco), réorganisent l’ameublement sonore en le rendant parfois moins minimaliste (Atone remix 1 et 2 par Roméo Poirier).

Les ajouts ou modifications apportées renforcent la plupart du temps le ressenti que nous avions de Quartz (cette idée de nostalgie/mélancolie), parfois les dynamise, d’autres fois modifie la perception que nous avions d’eux (le remix de Shadow par Solidstait notamment). L’aspect intime que nous retrouvions sur l’original n’est pourtant pas amoindrie ou déformé par le prisme des remix qui semblent avoir totalement compris la démarche de Losange.

De la même façon, si Quartz nous procurait de belles sensations nous amenant à penser qu’il se suffisait à lui-même, le remix est loin de paraître inutile. Au contraire, les deux visions s’avèrent complémentaires, développant dans toutes les directions le champ des possibles initié par Losange, y amenant même parfois un côté organique qui paraissait absent (à la première écoute seulement), de Quartz.

Bref, si nous avons une préférence certaine pour l’œuvre originale qui s’avère foisonnante d’idée et d’une homogénéité sans failles (que l’on ne peut absolument pas trouver dans un album de remix laissé à différents artistes), son remix se montre à la hauteur de l’exercice de réinterprétation. La flamme de Quartz n’est donc pas prête de s’éteindre, flamme qui embrasera, à n’en pas douter, le Hall 9 des Trans !

Le remix d’Atone par Roméo Poirier à découvrir : https://soundcloud.com/johnkoolrecords/losange-atone-romeo-poirier-1

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