LÉONIE PERNET Crave

Nous avons reçu son vinyle dédicacé par le biais de la box de Dr.groov (voir l’article ICI), il nous était simplement impossible de ne pas en faire la chronique.

Léonie Pernet a sorti son premier album Crave (chez Infiné), il y a quelques mois de cela. Celui-ci suit un premier Ep qui avait été remarqué, il y a de cela 4 ans. Pendant quatre longues années, Léonie Pernet, qui a fait ses armes auprès de Yuksek (dont elle était batteuse, mais elle est également pianiste, arrangeuse et chanteuse), a travaillé d’arrache-pied pour sortir ce qu’elle avait dans les tripes.

Dans Crave, cela se ressent de façon viscérale. Bien sûr, tout ne s’explique pas, mais nous ressentons à l’écoute de cet album que la balance entre l’organique et l’électronique fut délicate, problématique. Comment peut-on y mettre autant de soi sans pour autant s’y perdre, corps et âme ?

Crave brasse beaucoup d’éléments qui, à priori, n’auraient rien à faire ensemble. Il y a des passages somptueux, d’autres plus rugueux, pourtant l’unité de l’album est parfaitement maîtrisée. Nous y voyons se dérouler une partie de la psyché de son auteure, ses rêves, ses doutes, sa mélancolie, sa félicité.

Électronique, ce disque l’est, par bien des aspects. Mais il est aussi organique. Il est pop aussi, dark également, élégiaque. Nous pensons parfois à Trentemøller pour ce mélange de sang et d’électrons, de chair et d’acier. Nous pensons aussi à de l’indus, à de la poésie, à du classique.

Dans Crave, le Français se mélange à l’anglais et à l’arabe. Il ne possède pas de frontières physiques si ce n’est celles des limites de la boîte crânienne de Léonie Pernet. Dans cet intérieur foisonnant d’idées, de trouvailles, elle tricote son univers, tisse des liens entre ses influences, entre ses émotions, entre ses anges et ses démons.

L’équilibre y est précaire, basculant d’un mouvement onirique vers un moment inquiétant. Même les rêves parfois virent au cauchemar, non ? Mais toujours ce flux tendu nous ramène sur la terre ferme, celle d’une production léchée, d’arrangements subtils, d’un transfert émotionnel auquel nous ne pouvons que nous identifier.

S’il nous fallait encore attendre 4 ans pour le prochain opus de la musicienne, nous le ferions patiemment. S’il en fallait 10, nous ferions de même car elle éveille en nous cet instinct de survie qui donne du sens à la vie. Une découverte qu’il nous fallait absolument partager avec vous, comme nous le disions en préambule.

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