FÉLOCHE Chimie vivante

Attention ! Vous débarquez dans un univers totalement foisonnant d’idées, joyeusement coloré, joliment azimuté, parfaitement poétisé, mais assez balaise à décortiquer. Bienvenue dans la Chimie Vivante de Féloche, vous n’en ressortirez pas indemnes.

Cet album est son troisième. Sa patte est très personnelle, très forte, nous rappelle, non pas dans sa musique mais dans son éthique, la folie pop/rock des Rita Mitsouko ou celle, plus aérienne, de Arthur H (dont la voix de Féloche s’approche parfois). Des univers qui n’appartiennent qu’à eux, rien qu’à eux, et qui se foutent royalement des sirènes des sonorités à la mode.

Féloche, comme les artistes cités ci-dessus, possède ses propres recettes magiques pour nous emmener dans son imaginaire, dans sa psyché (de fêlé de la caboche, mais c’est dit avec affection, d’où provient peut-être le pseudo Féloche ?). Avec un esprit un peu enfantin, emplit d’innocence, il nous prend par la main pour nous faire découvrir onze petite pépites tour à tour pop, hip-hop, tragi-comique, gorgées d’envolées lyriques et d’instrumentations féériques.

En effet, le musicien intègre parmi les classiques guitares, bases rythmiques (basse, batterie, boite à rythme) des instruments utilisés un peu plus marginalement dans ce type de musique, notamment la manjo… la mandoline qui revient régulièrement tout du long de cet opus, instrument apportant une touche originale par bien des aspects (rythmes, sonorités).

Question écriture, nous retrouvons des propos un peu naïfs parfois, forcément touchants dans le cas présent, de l’innocence en veux-tu en voilà, de légères touches d’humour comme dans le dialogue de sourds dans Manjo (feat Naif), ou des paroles plus rentre dedans, plus pessimistes, comme pour exaucer le mal (P’tite tête par exemple).

Nous aimons les contrastes qui peuplent ce Chimie vivante, qui porte véritablement bien son nom. Car vivant, ce disque l’est assurément. Nous y entendons des voix d’enfants, une cantatrice (sorte de Bianca Castafiore) moderne, une énergie brute et dansante par moments, tandis qu’elle nous berce à d’autres. L’effet est réussi et la disparité des morceaux ne se fait pas ressentir, le tout s’intégrant à merveille dans ces 35 (courtes mais parfaites) minutes.

Nous ressortons des multiples écoutes de Chimie Vivante dans un état second, étourdis par la lucidité et la folie de Féloche. La qualité est présente, sur tous les fronts, l’équilibre énergie/durée de l’album est parfaite, il n’en dit pas trop mais le dit très très bien.

De quoi nous donner envie de nous y mettre, aussi, à la chimie vivante.

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