DEAF WISH Lithium zion

Faire de la musique ou faire du bruit ? Quelle est la limite séparant deux états pouvant être provoqués par les mêmes éléments ? Peu importe pour Deaf Wish qui, avec Lithium Zion nous propose un album brut, âpre, à la limite entre le rock indé et le punk no future.

Cet album ne plaira pas à tout le monde, à cause des larsens, à cause des guitares désaccordées, à cause de la rugosité dont il déverse par bennes entières le contenu dans des titres ressemblant parfois à du grand n’importe quoi. En tout cas, c’est ce qui frappe à la première écoute, qui, si vous ne vous donnez pas la peine, risque bien d’être également la dernière.

Lithium Zion est éprouvant, et c’est un doux euphémisme que de l’affirmer. Du punk, nous retrouvons le côté do it yourself, notamment dans cette énergie complètement non professionnelle quant à la façon de jouer des instruments. En gros, nous pourrions croire que les gus ne savent pas jouer correctement de leurs instruments. C’est violent, féroce, et approximatif, même si ça tient méchamment la route.

Cette affirmation nous frappe et déjà nous pensons à un groupe dont les dissonances faisaient tout le charme de leur musique. Il s’agissait des fantastiques Pavement qui, quoique dans un genre moins rentre dedans, troussaient des chansons au charme incroyable. Cela aiguise nos ouïes et nous nous disons que, peut-être, Deaf Wish est du même acabit.

Et ces distorsions, cette basse vrombissante limite cradingue, ces voix en décalage, presque anachroniques (mais superbement bien mixées), fonçant en ligne droite là où la musique part dans tous les virages possibles et imaginables, que nous évoquent-elles ? Le nom de Sonic Youth, là aussi, nous percute. Effectivement, Deaf Wish possède un peu de Thurston Moore dans ses compos. Alors quoi ? Nous serions nous plantés en n’écoutant ce disque qu’une seule fois ?

Eh bien oui ! Il est indéniable que cette âpreté n’est guère sexy à l’oreille, qu’elle agit parfois comme un répulsif mais, en même temps, certaines fulgurances mélodiques nous rattrapent au moment où nous allions baisser les bras. Ici une accalmie sur laquelle les voix se posent avec un vrai désire séducteur. Ici , au milieu du boucan, une ritournelle infinitésimale nous cueille au cœur. Bref, si tout paraît bancal, j’men foutiste, au final nous révisons notre jugement et replaçons la piste de lecture sur le premier titre pour nous prouver combien nous avions tort.

Exigeant, c’est un fait. Lithium Zion ne se laisse pas aborder facilement et en rebutera plus d’un. En revanche, pour ceux qui sont assez forts pour résister à toutes les sortes de facilités dont usent certains groupes, des mélodies cachées, ainsi qu’un véritable déferlement rock n’ roll du plus bel effet, pourraient bien vous faire chavirer.


Alors, devinez dans quelle catégorie nous nous situons ?

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