DANIEL DARC/BILL PRITCHARD Parce que (réédition 30éme anniversaire)

Daniel Darc fut révélé dans les années 80 avec Chercher le garçon, de Taxi Girl (dans lequel officiait également Mirwais). À la fin du groupe, Daniel Darc sortait deux albums solo, avant de disparaître. Tel un phœnix revenu de ses cendres, il nous offrait Crève Coeur en 2004 (et quelques autres par la suite), son album de la résurrection, avant de nous quitter, pour de bon, en 2013, trop jeune.

Revenons à ses albums solo, surtout à celui sortis il y a trente ans, en 1988. Il s’agit de son deuxième, appelé Parce Que, réalisé en étroite collaboration avec le Britannique Bill Pritchard (les deux hommes s’échangeant le micro sur toute la durée du disque). La réédition, pour l’anniversaire, de ce disque forcément culte (il n’a volontairement été tiré qu’à 3000 exemplaires à l’époque), augmenté de nombreux bonus (en version double vinyle et CD digipack agrémentées de nombreuses notes de pochette et images inédites), nous rappelle au souvenir de cet être à la sensibilité exacerbée.

Malgré quelques très minimes batteries typées année 80 (avec cette résonance particulière des productions de l’époque), l’album sonne toujours actuel. Certes, il est remasterisé pour l’occasion, ce qui permet aux guitares et aux claviers d’être totalement dans l’air du temps et d’échapper au massacre.

Nous y retrouvons la plume exceptionnelle de Daniel Darc. Son écriture possède une véritable pureté, une fulgurance de vulnérabilité sincère portée par la fragilité de sa voix, touchante aux larmes. En la présence de Bill Pritchard, il trouve un écho à sa propre poésie.

Parce que en transpire, abondamment. Tout ici en est habité, tant dans la voix des deux chanteurs, faillible pour l’un, pleines de douceur pour les deux, nimbées d’un léger écho évoquant les derniers lambeaux d’un rêve s’achevant contre notre gré.

Parce que se révèle d’une tendresse et d’un raffinement rare. Il évoque la difficulté des relations humaines, les chemins qui se séparent, ses petites choses que tout le monde connaît mais oublie de nommer. Les deux musiciens, eux, en parle, simplement, et ça fait mouche.

Derrière une apparente simplicité dans les arrangements, c’est la force des mélodies qui surgit, qui frappe, qui émeut. L’équilibre est ténu, mais il existe bel et bien, porté par deux artistes au diapason de leur art et de leur alter ego.

Que dire de plus ? L’album parle de lui-même, caresse la corde sensible pour la faire vibrer en douceur, mais avec profondeur, quitte à nous blesser par tant d’à propos. Mais n’est-ce pas là le travail des artistes, de nous faire ressentir la vie un peu plus fort ? Darc et Pritchard y arrivaient à merveille, Parce que en est l’indéniable preuve.

Simplement beau(x).

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