ANNE PACEO Bright shadows

anne paceo bright shadows chronique

Nouvel album d’Anne Pacéo, Bright Shadows

L’album Bright Shadows (Laborie jazz) d’ Anne Paceo est un véritable pot-pourri d’influences liées entre elle par une production à la chaleur rassurante et une inventivité sans cesse renouvelée. Ici, tout se bouscule et se télescope sans heurts, avec une grâce et une légèreté peu commune.

Pot-pourri

Il est ici question de pop, de folk, d’influences africaines, de jazz. Tout se recoupe, toujours avec une technique irréprochable dans la maîtrise instrumentale. Qu’il s’agisse de percussions (Anne Paceo est batteuse), de guitares, d’instruments plus traditionnels, de cuivres (nous en oublions), aucune faute de goût. Nous adorons les sonorités de clavier, la basse (sensiblement dans les mêmes tonalités tout au long de l’album), les quelques effets électroniques, discrets, qui finissent de moderniser l’album.

Parfois, les motifs musicaux sont répétitifs, agrémentés de touches délicates qui donnent une couleur folle aux compositions. Très vite, nous lâchons prise avec notre présent pour nous évader dans ses sonorités et ses rythmiques tour à tour dansantes ou propices à une forme de transe cérémonielle.

D’autres fois, Anne Paceo laisse son esprit vagabonder, produisant des lignes mélodiques propices au rêve. Nous arpentons alors un sentier inédit aux couleurs flamboyantes, en totale sécurité, sans pour autant sombrer dans des effets soporifiques et sans saveur. Non, notre esprit reste éveillé en permanence car aucune facilité n’immerge de l’ensemble.

Musique et voix

Pour donner le change à cette musicalité qui emprunte malgré tout énormément au jazz avec ses plans caractéristiques, il y a les voix, elles aussi parfaites. Elles sont trois, celle d’Anne Paceo forcément, mais également celle de Florent Matéo et Ann Shirley. Elles se disputent dans un combat pacifique, s’entremêlent, se complètent, se détachent, forment une nappe de polyphonie à l’équilibre parfait quand elles se retrouvent sur certains morceaux. Sur les autres, elles s’expriment avec pudeur et splendeur, portant une émotion palpable et fragile.

Une nouvelle fois, l’effet obtenu est celui d’une douceur onirique et nous amène à larguer les amarres vers un ailleurs coloré, doux, comme une île luxuriante au milieu d’un désert. Célestes, les voix appuient la musique, s’en servent pour rebondir, pour accentuer des effets d’une rare finesse, leur insuffle une grandeur d’âme qui ne demandait qu’à jaillir de quelques accords bien sentis.

Intime et universel

Dans Bright Shadows, il est tout autant question d’intime que d’universel. L’album traite du temps qui passe, de questionnement de la mémoire, d’héroïsme également. Anne Paceo n’est pas déconnectée du présent, elle s’en inspire pour en restituer une essence à travers sa sensibilité, toujours dans cet écrin enveloppant. C’est d’ailleurs cet écrin qui lie l’album, à travers les voix avant tout car les morceaux sont très variés, ce qui peut paraître déroutant à la première écoute.

Pourtant, la cohésion règne ici, celle d’un cerveau ayant décidé d’exprimer tout ce qui lui passait par la tête, par les tripes, sans s’encombrer de cases à remplir, de formatage. La liberté habite Bright Shadows, de bout en bout, véritable bouffé d’oxygène d’imagination et de virtuosité pour un album de très grande classe.

Site official Anne Pacéo ICI 

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