PHILIPPE SARR Tagada

N’avez-vous jamais voulu rendre votre vie plus… tagada ? Oui, vous savez, comme les fraises rouges de la marque Haribo ! Une vie plus acidulée, plus passionnée, plus folle, plus… tagada quoi !

Cette question, Vlad, le héros du deuxième roman de Philippe Sarr, Tagada, à  La P’tite Hélène éditions, se la pose dès la fin du premier chapitre de ce livre, court mais intense.

Vlad a une maîtresse, ce genre de femme fantasme, volcanique, impulsive, belle à damner un saint.

Vlad écrit. Dans sa tête tourbillonnent les idées, les images, les métaphores sur la vie, sur l’amour, sur le sens à donner à tout ce qui nous fait et nous arrive.

Vlad  a plein d’idées, de théories, concrètes ou pas, sur la vie, les êtres, l’écriture. Son esprit est vif, mordant, azimuté à l’adrénaline des rencontres, turbulencé à l’impact de ses émotions.

Sa vie : une succession d’événements qu’il éprouve avec une sorte d’humour désabusé, avec l’impression qu’il subit l’existence qu’il a pourtant pris la décision de suivre. Les situations rocambolesques se suivent, se bousculent, s’interceptent, se pulvérisent, et nous égarent parfois dans la folie de ce personnage haut en couleur, mais étrangement passif, sans doute parce que, comme il le dit lui-même, les écrivains ne sont pas des gens marrants.

Dans Tagada, Philippe Sarr se fait plaisir, ce qui se ressent parfaitement à mesure que le nôtre se développe. Avec son écriture rock n’ rollesque dans laquelle se mêlent poésie et pensées philosophiques, il nous entraine dans cette spirale sans fin dans laquelle vit son héros.

Tout va très vite (tant la lecture du roman que les événements qui s’y déroulent), nous sommes emportés dans cet univers coloré, rythmé, insensé, emporté à notre insu, mais nous adorons ça. Nous trouvons peu de zones sur lesquelles reprendre pieds, nous avons parfois l’impression de sombrer, mais finalement nous remontons toujours à la surface. Ce qui n’est pas forcément toujours le cas du personnage de Vlad, perdu dans ces contradictions et son manque de repères.

Ce livre nous égare et nous réduit à l’état de question, nous rend à moitié chèvre, comme s’il était complètement…

Tagada.

La boucle est bouclée.

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