ERIC DOIDY Buriel alive in the blues

photo de couverture Johnny Winter
l’histoire du blues rock Américain

Le blues. Cette musique issue de la culture des opprimés, des noirs Américains, était un moyen de rendre l’invivable plus supportable. À travers le chant, la musique, le rythme, ces hommes et ces femmes victimes de la ségrégation, du racisme à l’époque banal et ordinaire, s’évadaient de leur condition.

S’il fut remis à l’ordre du jour grâce à l’aide de jeunes Britanniques (Beatles et Stones en tête), le blues, musique de parias en son propre pays, continua d’exister et d’évoluer, passant à l’électricité et devenant ainsi le blues rock. Avec Buried alive in the Blues, l’histoire du blues rock Américain(aux Éditions Le mot et le reste), Éric Doidy revient sur son histoire.

À peu de chose près, Éric Doidy emboîte le pas à Alan Lomax. Comme ce dernier, Éric Doidy est passionné, chercheur, sociologue. Il retrace l’évolution du blues rock à partir des années 60 (en gros) à nos jours. Qui dit ouvrage de passionné sous-entend parfois pénible à lire, ce qui n’est pas la cas dans ce Buried Alive in The Blues certes bourré de références et dates qui parfois en ralentissent un peu la lecture, mais qui apparaissent nécessaire notamment quand l’auteur compare des évolutions musicales en parallèle suivant les lieux géographique où elles se produisent.

Dans ce bouquin, outre les « légendes » du blues « traditionnel » (telles Muddy Waters, Robert Johnson, John Lee Hooker, Willie Dixon…), nous retrouvons toute leur descendance (de Charlie Musselwhite à Johnny Winter, en passant par Elvin Bishop, Stevie Ray Vaughan , Buddy Guy, Derek Truck…). Tous ceux-ci ont le blues dans la peau, le feu au bout des 6 cordes de leur guitares, mais surtout ont appris cette musique au contact des premiers.

Parce que la virtuosité seule ne fait pas le son « blues », comme le décrit bien Éric Doidy. Certains ont vu dans la surenchère technique le point de fuite de cette musique, mais en ont oublié l’essence. Ces grands noms cités ci-dessus, blancs de peau comme noirs, ont appris dans les bars, dans les juke-point, sur scène, avec patience, avec respect, avec résolution, auprès de magiques aînés aussi bien professeurs qu’élèves.

Buried Alive…, nous montre également que cet art a résisté à toute les vagues musicales grâce à la transmission des aînés, grâce à l’envie d’apprendre des plus jeunes, mais qu’aujourd’hui il se meurt, inexorablement, à mesure que s’éteignent avec lui ses plus prestigieux représentants. Cette mort est également le fait de l’industrie musicale qui ne voulaient voir en cette musique que des chiffres de vente, pas un bagage culturel fort devant se transmettre de façon spontanée.

Pourtant, l’esprit demeure, contre vents et marées, et de jeunes pousses s’y frottent avec application. L’essence perdure, continue à se transmettre et voit de plus en plus de femmes reprendre le flambeau. Peut-être, si nous nous référons aux mouvements Metoo et consorts, que ces dames ressentent ce que vivaient les populations maltraitées du début du vingtième siècles, leur donnant une légitimité accrue et pertinente.

Comme quoi, quand parfois les mentalités évoluent dans un sens, elles stagnent dans l’autre.

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